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Mai 2007

66ème RENCONTRE DU CRIPS ILE-DE-FRANCE

DEPISTAGE DU VIH : NOUVEAUX ENJEUX, NOUVELLES PRATIQUES ?

ANTONIO UGIDOS
DIRECTEUR DU CRIPS-CIRDD ILE-DE-FRANCE
Vingt ans après l’apparition du sida, dix ans après l’arrivée des trithérapies, la question du dépistage reste d’une actualité pressante.

Les principales recommandations sur le dépistage remontent à 1988, avec la mise en place des centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Le dépistage relève alors d’une démarche individuelle. A cette époque, il n’existe pas de traitement efficace, il n’y a donc pas de bénéfice personnel immédiat à connaître son statut sérologique. Au risque de se retrouver confronté à une infection à pronostic mortel, s’ajoute la crainte de stigmatisation et de rejet social. Les politiques de santé publique concentrent leur message sur la prévention lors des rapports sexuels et à l’égard des usagers de drogue (UD).

L’arrivée des multithérapies, en 1996, n’a pas fondamentalement changé les pratiques.
Et ce, malgré les études montrant le pronostic défavorable d’un retard de prise en charge, en terme de qualité de vie, de mortalité et de morbidité. Des publications qui montrent que la connaissance de sa séropositivité réduit les pratiques à risque et engendre très majoritairement des comportements de prévention.

Les recommandations du CDC américain (Centre for Diseases control) de septembre 2006, celles du CNS (Conseil national du sida) de décembre 2006, enfin le projet de recommandations de l’OMS attendu en 2007, s’accordent à dire que le modèle de dépistage mis en place au début de l’épidémie ne correspond plus aux besoins, ni aux techniques nouvelles.

Le test doit-il être systématiquement proposé aux personnes issues de populations à haute prévalence ? Doit-il être proposé au plus grand nombre dans une optique de rattrapage des personnes séropositives ignorantes de leur état ? Faut-il passer à une offre systématique de dépistage lors de tout contact avec le système de soin ? Faut-il alors le proposer au patient ("opt in") ou l’effectuer automatiquement, sauf son refus explicite ("opt out") ? Faut-il, comme le suggère le CNS, recourir au dépistage en routine pour contrer toute stigmatisation ? Autant de questionnements qui sont à l’origine de cette journée.

 


* Rencontre du 15 février 2007.
Les rencontres du Crips sont organisées avec le soutien de la Direction régionale des Affaires sanitaires et sociales d’Ile-de-France.