Novembre 2007
67ème RENCONTRE DU CRIPS
ILE-DE-FRANCE
PERSONNES TRANS QUELS ENJEUX DE SANTE ?
TRANS' : au Portugal, en Belgique et en France
JO BERNARDO
MEMBRE, INTERNATIONAL COMITTEE ON THE RIGHTS OF SEX WORKERS IN EUROPE (ICRSE)
"La communauté transgenre portugaise : une réalité voilée"
Lidentité trans est une réalité largement connue au Portugal. Cest une population stigmatisée par les institutions gouvernementales et victime des fausses croyances. Une étude de 1998 réalisée sur cinquante individus trans a conclu aux résultats suivants : 45% viennent du monde rural ; 28% ont déménagé de leur lieu de naissance en raison de leur identité de genre ; 16% sont des étrangers ; lâge moyen de leur premier rapport sexuel est de 11 ans. Ces résultats mettent en lumière des informations importantes concernant les problèmes dadaptation sociale. La plupart nont pas recours aux soins par manque de sécurité sociale. 70% de cet échantillon ne savaient pas que laccès à la santé était gratuit au Portugal.
Dans ce groupe, 92,9% sont des travailleur-euses du sexe ; 50% ont été infectés par plusieurs IST ; 72% ont fait un test de dépistage du VIH. Parmi les travailleur-euses du sexe, 46,4% sont séropositifs ; 17,9% nont pas pu ou voulu se prononcer. Parmi le groupe qui exerce une autre activité que la prostitution, 45% ont répondu être séronégatifs, 54.5% nont pas pu ou voulu se prononcer. Dans ce dernier groupe, personne na déclaré sa séropositivité.
Il est intéressant de comparer ces réponses et den déduire que les personnes les plus intégrées socialement par leur travail subissent une pression plus importante face à la contamination par le VIH que les travailleur-euses du sexe. 70% des personnes interrogées avaient déjà consommé de lalcool, des substances chimiques, de la cocaïne et autres produits psychoactifs. Il sera difficile pour les pays de lUnion européenne de mener à nouveau ce type détude sur les travailleur-euses du sexe dans la population trans à cause des mesures répressives portées à leur encontre.
Les réactions institutionnelles à propos de laffaire Gisberta illustrent les résultats de cette politique. Gisberta, immigrée brésilienne trans, sans foyer, séropositive, toxico-dépendante et travailleuse du sexe, a été sauvagement assassinée par des adolescents, internes dans un foyer de protection de lenfance appartenant à lEglise catholique et financé par lEtat. La médiatisation de ce meurtre ainsi que la réaction des pouvoirs publics ont mis en lumière labsence de préoccupation et de considération à légard des trans. Les médias ont parlé delle en faisant abstraction de son genre, sans diffuser de photo. LEglise a invoqué des circonstances atténuantes pour ces jeunes, expliquant quils avaient récemment été harcelés par un pédophile. Voici un exemple des amalgames qui ont cours à lencontre de la population trans.
Par la suite, et grâce à lassociation LGBT Panteras Rosas et à lEuropean Transgender Network, un système informatif en plusieurs langues a été mis en place pour diffuser linformation sur laffaire Gisberta et réclamer une réforme du système de protection des mineurs, et une réforme de laide pour les groupes marginalisés (SDF, usagers de drogue, travailleur-euses du sexe, personnes séropositives, personnes immigrées...). Autre réclamation : inclure lidentité de genre dans la législation, semblable à lacte britannique didentification du genre de 2004, ou à la loi espagnole du 15 mars 2007 qui rectifie la mention du sexe pour les personnes transgenre. Cette dernière stipule aussi la protection contre les crimes de haine motivés par la transphobie dans le cadre de la législation pénale. Par ailleurs, une demande a été adressée au gouvernement afin de mettre en place des programmes de formation à lécole, sur les lieux de travail et dans les forces de police, sur la question des personnes transgenres, sur la transphobie et lhomophobie. La dépsychiatrisation des trans est aussi une de nos revendications, tout comme le libre accès aux traitements médicaux assorti dune aide financière pour la chirurgie et les traitements, et enfin le libre choix des médecins praticiens.
Un an et demi après, le constat est le suivant : aucune réponse du gouvernement ne nous a été adressée.
Dans le cas spécifique des trans prostitué-e-s, la conférence européenne sur le travail du sexe, des droits de lhomme et de la migration de 2005 à Bruxelles, a permis didentifier une série de droits. La déclaration des droits des travailleur-euses du sexe en Europe na pas de valeur juridique mais elle permet dassurer la protection des droits humains de cette population dans le cadre du travail, de la migration et du droit international. En énonçant ainsi les droits existants, cette déclaration servira doutil de comparaison pour lévolution des droits des travailleur-euses du sexe. Concrètement, les préconisations pour optimiser la protection et la prévention des personnes trans prostitué-e-s au Portugal sont les suivantes : mise en place dunités de rue, création de centres daccueil pour favoriser les liens entre les personnes et les services institutionnels, création de microstructures résidentielles pour stimuler lautonomie, lorientation, la formation, linsertion socioprofessionnelle, favoriser la gestion de réseaux avec plusieurs organismes des différents contextes locaux.
La nécessité impose de fédérer les forces existantes pour permettre de lutter contre les discriminations et réduire les cas de transmission du VIH. Dans le cas où les droits humains ne peuvent servir dargument pour la défense de cette population, nous devons utiliser les arguments économiques : le coût pour le traitement annuel dune personne infectée par le VIH/sida est substantiellement supérieur au coût de financement de projets de prévention.
ROSINE HORINCQ
PSYCHOLOGUE ET FORMATRICE, MAGENTA
Evolution de la situation des personnes trans au niveau légal, psychomédical et associatif en communauté française de Belgique"
En 1989, le Parlement européen reconnaît le droit au changement de sexe. En 1996, la Cour de justice de la Communauté européenne interprète les discriminations fondées sur le changement de sexe comme des discriminations sur le sexe. En 2002, la Cour européenne des droits de lhomme admet que la non-reconnaissance au niveau juridique du changement de sexe est une atteinte à la vie privée. Pour saccorder avec les nouvelles dispositions, une proposition de loi est faite en Belgique en 2004, qui a pour but de déjudiciariser le changement de prénom et de sexe. Cela signifie que ce ne sera plus au juge de procéder au changement de nom mais quil sagira désormais dune procédure administrative plus rapide. Dans cette proposition il y a une série de conditions strictes pour être considéré comme transsexuel-le : être suivi-e par une équipe pluridisciplinaire sur les questions de genre (sachant quil ny en a quune seule sur le territoire), et être majeur-e. Le collectif Trans-action sest alors créé en réaction à cette définition restrictive. De cette proposition de loi, les articles 2 à 6 concernant les conditions médicales ont été amendés grâce au lobbying et aux relations publiques de ces associations. Le libre choix du médecin est désormais acquis. Quant à la restriction qui touche les mineurs en demande de changement de sexe, ils devraient pouvoir effectuer une déclaration préalable de changement détat civil sils sont accompagnés de leurs parents. Adopté en 2006 par les deux Chambres, cet amendement est actuellement soumis à la sanction royale. Au niveau du changement de prénom, il est nécessaire de fournir une attestation médicale attestant dune conviction consciente et irréversible dappartenir à lautre sexe, davoir entamé un traitement hormonal de substitution et de prouver que le changement de prénom est essentiel au processus de changement de genre. Sur la carte identité, la mention sur létat civil reste inchangée jusquà la modification de lacte de naissance. Le changement détat civil est lié à la réassignation sexuelle et se fait chez lofficier de létat civil (équivalent de la mairie en France). Il faut pour cela remplir les conditions suivantes : avoir une attestation médicale, le physique de la personne doit être adapté au sexe désiré, ne plus pouvoir procréer conformément à son sexe initial. Ce dernier point soulève dailleurs des questions dordre égalitaire.
Au niveau de la lutte contre les discriminations, sur les conditions ou non de parentalité, la Belgique a adopté une loi en 1976, sur légalité des sexes. Deux organisations soccupent de la défense des personnes subissant des discriminations. Il sagit de lInstitut pour légalité des femmes et des hommes et le Centre pour légalité des chances et de lutte contre le racisme, qui sorientera par la suite vers dautres motifs de discriminations. Ces organismes sappuient sur la loi anti-discrimination promulguée en 2003 et aident les personnes trans à reconquérir leur identité et à intégrer leur égalité. Ils disposent pour cela dun référent nommé sur cette question.
En Belgique, la réassignation chirurgicale est remboursée par la sécurité sociale mais pas la chirurgie esthétique. Cela vaut uniquement pour les trans belges et non pour les étrangers. Magenta apporte une aide aux personnes trans pendant les différentes phases du processus de transition mais nexerce aucun contrôle. Magenta est une association francophone qui a son équivalent en Flandre, la Genderstichting. Celle-ci est reconnue par lEtat, et a élaboré un passeport sur lequel apparaissent deux photos, avant et après la transition. Ce document, sans valeur juridique, peut être signé par un psychologue et sert à justifier lécart entre la photo et létat civil.
Pour conclure, la Belgique est un pays où les trans peuvent se faire opérer, où des avancées légales sont amorcées, bien que les modalités dapplication ne soient pas encore prévues. Le réseau des services de soins spécifiques devrait être plus fourni en Belgique francophone, comme il lest en Flandre et surtout plus soutenu au niveau financier.
KAYIGAN DALMEIDA
INTERNE EN SANTÉ PUBLIQUE, CRIPS-CIRDD ILE-DE-FRANCE
"Personnes trans et modes de vie en France"
Lobjectif de cette étude, la première menée en France sur les personnes trans, est de dégager le profil socio-démographique, les conditions de santé et la sexualité de la population trans afin de proposer des services adaptés à cette communauté. Ce questionnaire, rédigé par le Crips-Cirdd Ile-de-France et la commission trans dAct up, est composé de deux parties : une première partie liée au mode de vie et à la sexualité et une partie facultative sur les comportements addictifs. Il a été diffusé sur internet sur les sites trans de mai à juin 2007. Sur un échantillon de 179 personnes, la moyenne dâge est de 39,6 ans. A la première question sur lidentification des personnes trans, aucun terme ne remporte une franche adhésion. Lorsque nous nous intéressons à lidentité sexuelle, les personnes sondées se définissent principalement comme homme ou comme femme avec une proportion non négligeable dindividus se définissant comme nétant ni homme, ni femme. Par ailleurs, pour les personnes sidentifiant comme transgenre seulement, on voit que 13% dentre elles se définissent à la fois comme homme et femme. De la même manière, les personnes trans déclarent des orientations sexuelles diverses : 42% se définissent comme hétérosexuels, 21.8% comme homosexuels, 33.5% se disent ni hétérosexuels ni homosexuels, 2.7% à la fois homosexuels et hétérosexuels. En ce qui concerne le fait de subir une opération, un tiers des répondants sont opérés. La majorité des répondants nest pas opérée et désire lêtre. Un quart des répondants nest pas opéré et ne veut pas lêtre.
Pour la situation sociale et le mode de vie des personnes enquêtées, certains résultats sont comparés avec ceux obtenus dans la même classe dâge en population générale par lenquête décennale Santé 2005. Les répondants sont français pour 94% dentre eux. Parmi ceux-ci, 92% sont français de naissance et 2% français par naturalisation. Ces résultats correspondent à ce qui est observé en population générale. Les personnes enquêtées ont un niveau détudes plus élevé que ce qui est observé chez les individus de la même classe dâge en population générale. En effet, près de 55% des participants ont un niveau diplôme universitaire ou équivalent contre 24% en population générale. En ce qui concerne le logement, une grande majorité des participants est propriétaire ou locataire de son lieu de résidence (83%). Cependant, 10% vivent avec leurs parents, ce qui est un peu plus élevé quen population générale. La moitié des participants vit seule et 36% vivent en couple. La majorité na pas denfants. Lorsquon se penche sur le statut matrimonial légal, on constate quen accord avec ce qui est énoncé plus haut, 65% des répondants sont célibataires. Il y a deux fois plus de personnes mariées en population générale que dans la population trans enquêtée. Pour lactivité professionnelle, 70% des personnes enquêtées ont une activité professionnelle. Celle-ci est variée, allant des domaines de linformatique à ceux de lart en passant par la fonction publique. On note cependant un taux de chômage de 16,2% et 13,4% des participants touchent le RMI, soit un taux de précarité plus élevé que ce que lon observe en population générale.
Dans la première partie du questionnaire, certaines questions concernaient létat de santé et le recours aux soins des personnes. Les résultats sont similaires à ceux obtenus en population générale. Ainsi les personnes enquêtées bénéficient dune bonne couverture sociale puisque 95% bénéficient de la sécurité sociale. 86% des répondants ont un médecin traitant et 84% lont vu au cours des douze derniers mois. 40% des personnes enquêtées ont un problème de santé pour lequel elles sont suivies régulièrement. 70% des personnes enquêtées suivent un traitement hormonal. Pour létat de santé perçu, 85% des personnes enquêtées jugent leur état de santé bon, ce qui est un peu plus élevé que ce que lon observe en population générale. Finalement, 28% des participants déclarent avoir renoncé à des soins parce quils étaient trop chers. La première partie du questionnaire trans sachève par des questions sur la sexualité des personnes. 61% des participants déclarent avoir eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois, des chiffres nettement inférieurs à ceux retrouvés en population générale. La moitié des participants déclare avoir un partenaire principal. 18% des participants déclarent avoir eu des rapports sexuels en payant ou en étant payés. En ce qui concerne lusage des préservatifs, on constate quils ne sont pratiquement jamais utilisés lors des rapports bucco-génitaux et 50% des participants ne lutilisent jamais pour les rapports avec pénétration. Cependant 40% des personnes enquêtées utilisent toujours ou presque toujours le préservatif lors des rapports avec pénétration. La moitié des personnes enquêtées a fait un test de dépistage du VIH dans les deux dernières années. Le taux de séropositivité parmi les répondants est de 4,5% (plus important quen population générale) et la quasi-totalité des personnes séropositives est suivie dans un service spécialisé. De nombreuses questions portaient sur les discriminations subies. Ainsi, 21% des participants déclarent que leur trans-identité leur a fait arrêter leur scolarité, 18% disent ne pas pouvoir exercer leur profession parce quils sont trans, 29% estiment avoir subi une discrimination au travail parce quils sont trans, 20% des participants déclarent avoir renoncé à des soins par crainte dêtre discriminés du fait de leur trans-identité. Au total, 49% des participants ont subi - ou ont renoncé à un droit de peur de subir - une discrimination à cause de leur trans-identité.
Pour la deuxième partie du questionnaire, les résultats sont les suivants : un tiers des participants fume, ce qui correspond à ce qui est observé dans la population générale du même âge. La majorité des participants consomme de lalcool moins de 4 fois par semaine et le nombre moyen de verres bus par occasion est de 1,5 verre. Dans la population générale, la fréquence de consommation dalcool est similaire mais la quantité bue est plus importante avec 2,5 verres en moyenne par occasion. 16,5% des participants ont déjà expérimenté une drogue autre que le tabac, lalcool ou le cannabis au cours de leur vie. 28,5% déclarent avoir fumé du cannabis au cours des douze derniers mois. Et 40% des participants déclarent avoir consommé un médicament pour dormir ou se calmer au cours des douze derniers mois.
Cette enquête met en évidence une population trans dont les caractéristiques sont loin des stéréotypes habituels. Il sagit dune population socialement intégrée avec un niveau déducation et un taux dactivité professionnelle élevés. Cette population a un bon niveau de recours aux soins, similaire à celui de la population générale de la même classe dâge. Cependant, on constate que cest une population victime de discriminations, avec une vie sociale réduite comme en témoignent le faible niveau dactivité sexuelle et la faible proportion de personnes vivant en couple. Finalement, il ne semble pas exister didentité clairement définie à laquelle les membres de cette communauté pourraient sidentifier. Les questions soulevées pour cette communauté sont celles de la rupture de lisolement et de la réduction des discriminations dont elle est victime. Cette étude apporte quelques pistes sur la situation sociale, les difficultés et les besoins de cette communauté en France même si une catégorie plus précarisée de la population trans nest pas représentée.
QUESTIONS DE LA SALLE
ERIC FASSIN - Pour revenir à la question de la reproduction qua abordé Rosine Horincq : en matière de transparentalité, être stérile est une chose, conserver ses ovocytes en est une autre.
ROSINE HORINCQ - Les personnes trans ne peuvent en aucun cas avoir recours à la PMA. Cest dailleurs la prochaine bataille du collectif Trans-action qui conteste cet accès inégal à la parentalité.
EMMANUEL CHATEAU - LInstitut de Veille Sanitaire ne considère pas ces études épidémiologiques ou sociales comme étant prioritaires. Ce qui revient à dire quune minorité nest pas prioritaire dans un schéma de santé publique. Il faut que les associations communautaires soient soutenues pour pouvoir offrir des réponses aux personnes trans. Il est impératif de faire émerger de véritables projets, puis de mettre en uvre un dispositif politique pour obtenir des financements.
DANIELLE MESSAGER - La minorité trans nest donc pas prioritaire, comme ce fut le cas pour les associations gays ou de migrants, cest bien ça lhistoire de lépidémie de sida. Lintérêt de cette rencontre est de faire le lien.
TOM REUCHER - Pour améliorer ce questionnaire, il faudrait prendre en compte la spécificité trans. Car pour ces personnes, il y a avant, pendant, et après, autant détapes qui sinscrivent dans une période donnée avec les spécificités du moment. Il savère donc difficile de comparer un parcours de trans à un autre. Il conviendrait aussi de sintéresser à lorgane sexuel des trans, qui nest pas comme tout le monde. Les spécificités dentretien, des préservatifs à la taille des pénis fabriqués, des opérations de métaoidioplastie ou de phalloplastie, autant de sujets qui devraient être abordés.
HELENE HAZERA, ACT UP-PARIS - Les professionnels de la santé laissent de côté une composante importante de lépidémie de sida : sur les lieux de prostitution, nombreux sont les hommes mariés qui vont voir les femmes trans et qui sont donc susceptibles de contracter le virus et le transmettre à leur épouse. Les communautés trans et hétéro ne sont donc pas à dissocier totalement. Mais il ne sagit pas uniquement de la responsabilité du gouvernement. Il y a aussi des problèmes de communication dans la communauté trans. Nous sommes incapables de faire front commun.
JO BERNARDO - Il faut apprendre à travailler avec les autres. Les réseaux existent mais il faut apprendre à les informer, les activer, les former. La Commission européenne finance des projets sur lesquels elle neffectue aucun contrôle. Cest du gaspillage. Il faut connaître les méthodes pour avoir accès à ce genre de financement, nous avons besoin de laide de spécialistes.