Décryptage
La contraception d'urgence chez l'adolescente

En France, depuis avril 2015, les différentes pilules de contraceptions d’urgence sont disponibles en pharmacie sans ordonnance et délivrées gratuitement aux mineures.
Même si le taux de recours à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) est en légère baisse chez les 15-17 ans, il reste élevé en Ile-de-France (1,1 %). Sensibiliser les adolescentes, tant aux délais d’utilisation de la contraception d’urgence qu’à leurs droits à l’obtenir gratuitement est donc l’un des enjeux de l’éducation à la sexualité.

Etat des connaissances : mai 2015

La contraception d'urgence permet d'éviter la survenue d'une grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé (absence de contraception, oubli de pilule, glissement ou rupture du préservatif, décollement du patch) à n'importe quel moment du cycle.

Il s'agit d'une contraception occasionnelle, "de rattrapage". Son objectif n'est pas d'être employée de façon régulière. Le risque de grossesse est plus élevé qu'avec une méthode de contraception usuelle.

Recours à la contraception d'urgence chez les jeunes

Le recours à la contraception d'urgence est fréquent chez les adolescentes et les jeunes femmes françaises (Baromètre santé 2010).

  • Chez les 15-19 ans, 20,5 % l'ont utilisée au moins une fois dans les 12 mois précédant l'enquête (14,6 % une fois et 5,9 % plusieurs)
  • Chez les 20-24 ans, 11,1 % l'ont utilisée au moins une fois dans les 12 mois précédant l'enquête (7,8 % une fois et 3,3 % plusieurs)

Les Franciliennes utilisent davantage la contraception d'urgence (analyse régionale du Baromètre santé 2010).
Parmi les 15-29 ans :

  • 50,9 % y ont eu recours au moins une fois au cours de la vie versus 36,9 % hors Ile-de-France
  • 13,3 % y ont eu recours au moins une fois dans les 12 mois précédant l'enquête versus 9,7 % hors Ile-de-France

La vente des contraceptifs d'urgence a augmenté de 5,6 % entre janvier 2013 et avril 2014, c'est-à-dire depuis les nouvelles directives sur les COC de 3ème et 4ème générations (ANSM, juin 2014).

Les différentes méthodes de contraception d'urgence

Il existe deux moyens de contraception d'urgence hormonale sous forme de comprimé.

  • A base de lévonorgestrel, LNG : Norlévo®, Lévonorgestrel Biogaran®, Lévonorgestrel Mylan®
  • A base d'acétate d'ulipristal, UPA : EllaOne®

Quel que soit le médicament, la contraception d'urgence est d'autant plus efficace qu'elle est utilisée précocement après le rapport sexuel non ou mal protégé.

Par ailleurs, il existe aussi une contraception d'urgence mécanique, un stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre. Cette méthode, même si elle n'est pas contre-indiquée chez les femmes n'ayant pas encore eu d'enfant, n'est pas recommandée chez l'adolescente. Il s'agit en effet d'un geste médical qui peut impressionner chez une jeune fille qui n'a peut-être pas encore eu d'examen gynécologique et qui se trouve en situation de stress. De plus, la pose d'un DIU après une ovulation est souvent douloureuse. Le DIU est, de fait, très rarement proposé.

Le RU 486 (mifépristone, Mifégyne®), un stéroïde de synthèse, possède une action antiprogestative. En France, son utilisation est réservée à l'interruption de grossesse, volontaire ou thérapeutique.

Vrai ou faux ? La contraception d'urgence...

Correspond à la dose d'hormone dispensée dans une plaquette entière de pilules

Une pilule de 2ème génération bi ou triphasique contient de 0,05 à 0,20 mg de lévonorgestrel, donc, pour une plaquette de 21 pilules, de 1,05 à 4,2 mg de progestatif contre 1,50 mg pour un comprimé de Norlevo®.

Est nocive si elle est prise plusieurs fois dans l'année

Aucune étude ne l'a montré.
Par contre, ce fait souligne la difficulté de l'adolescente à gérer sa contraception et son besoin de conseils pour en trouver une adaptée.

Est moins efficace selon le poids

Elle pourrait être moins efficace en cas de surpoids (IMC > 25) ou d'obésité (IMC > 30).
EllaOne® est recommandée au-dessus de 80 Kg.

La contraception d'urgence en pratique

Se procurer la contraception d'urgence

Le Norlevo® et ses génériques ainsi qu'EllaOne® sont délivrés de façon anonyme et gratuite pour les mineures en situation d'urgence.

Quelques informations et conseils

> En cas de vomissements dans les 3 heures après la prise du comprimé, ou en cas de diarrhées, il faut reprendre immédiatement un autre comprimé.

> L'utilisation simultanée du Norlévo® et d'EllaOne® n'est pas recommandée car elle peut réduire l'efficacité de la contraception d'urgence.

> Jusqu'aux règles suivantes, il est important d'utiliser un préservatif car la contraception d'urgence ne protège pas du risque de grossesse jusqu'à la fin du cycle. Si la prise d'une contraception d'urgence fait suite à un oubli de pilule, la contraception régulière doit être continuée mais peut avoir une efficacité réduite.

> La contraception d'urgence ne permet pas toujours d'éviter une grossesse.
Il faut réaliser un test de grossesse en cas de :

  • Absence de règles dans les 5 à 7 jours suivant la date prévue des règles,
  • Saignements anormaux à la date prévue (moins abondants, de durée prolongée...), accompagnés ou non de douleurs inhabituelles,
  • Signes évocateurs de grossesse.

> La contraception d'urgence ne protège pas des IST et du VIH.

Quels messages pour l'adolescente ?
  • Plus la contraception d’urgence est prise tôt, plus elle est efficace. Le Norlévo® et ses génériques peuvent être pris jusqu’à 3 jours après le rapport sexuel et EllaOne® jusqu’à 5 jours après.
  • Elle est délivrée gratuitement aux mineures en situation d’urgence dans les pharmacies, les CPEF, les infirmeries scolaires et les SIUMPPS.
  • Elle peut être utilisée autant de fois que nécessaire pour éviter une grossesse non désirée.
  • Le recours à la contraception d’urgence offre l’occasion de réfléchir à une contraception adaptée à son mode de vie et à sa sexualité.

Documents de référence