Décryptage
Vacciner les adolescents contre l'hépatite B

L'hépatite B est une infection virale due au VHB. En France, on estime le nombre de nouvelles contaminations à environ 2 500 par an.
Découvert en 1981, le vaccin contre l'hépatite B a été inscrit au calendrier vaccinal français en 1994. A partir de 1997, il s'est trouvé au centre d'une polémique très médiatisée qui a engendré des incertitudes parmi les professionnels et des peurs chez de nombreux parents.

Etat des connaissances : mars 2016

La vaccination est le principal moyen de prévention contre le VHB. C'est pourquoi, en avril 2013, les recommandations vaccinales du HCSP réaffirment clairement la place et l'importance de la vaccination contre l'hépatite B.

Quels enjeux pour la vaccination contre le VHB ?

Cette vaccination s'inscrit dans le cadre d'une politique mondiale de lutte contre un virus dont l'homme est le seul réservoir. Elle vise à réduire le nombre des nouvelles contaminations et à éviter la survenue des complications liées à la maladie, en particulier le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire ou CHC). Il s'agit du premier vaccin prévenant un cancer.

En 1992, l'OMS recommande la vaccination universelle contre l'hépatite B. De larges programmes de vaccination des nouveau-nés et des enfants se mettent en place. La France l'inscrit au calendrier vaccinal en 1994.
Le calendrier 2016 recommande la vaccination des nourrissons avec trois injections à 2, 4 et 11 mois. Le vaccin combiné utilisé protège contre six maladies dont l'hépatite B ; il est dit hexavalent.

Quelle couverture vaccinale des jeunes Français ?

Une enquête nationale réalisée dans les classes de 3e en 2004 a montré que seuls 42,4 % des adolescents de 15 ans avaient reçu une vaccination complète (trois doses). Ce chiffre révélait une baisse de 30 % depuis l'arrêt des campagnes de vaccination en 1998 suite à la survenue de sclérose en plaques (SEP) chez de jeunes adultes récemment vaccinés. Ces cas de SEP ont fait peser une suspicion sur la sécurité du vaccin. Les études menées par la suite n'ont pourtant pas confirmé le lien entre la SEP et la vaccination.

En Ile-de-France, l'analyse régionale du Baromètre santé 2010 de l'Inpes indique que :

  • chez les 15-34 ans, seuls 60 % des hommes et 75 % des femmes sont vaccinés contre l'hépatite B, des chiffres comparables à ceux des autres régions de France ;
  • Parmi les parents ayant des enfants de moins de 16 ans à charge, 39,4 % seulement les ont tous fait vacciner contre l'hépatite B.

Les générations nées entre 1985 et 2010 sont donc mal vaccinées et pourraient bénéficier de cette protection grâce à un rattrapage de la vaccination contre l'hépatite B, en particulier avant ou au moment de l'entrée dans la sexualité.

Les recommandations vaccinales françaises

Entre 11 et 15 ans révolus

Les adolescents qui n'ont pas été vaccinés dans la petite enfance en raison des craintes d'effets secondaires, "devraient se voir proposer systématiquement la vaccination contre l'hépatite B lors d'une consultation médicale ou de prévention".

La vaccination est réalisée en suivant

  • soit le schéma classique à trois injections, les deux premières à un ou deux mois d'intervalle, la troisième cinq à douze mois plus tard,
  • soit un schéma simplifié à deux injections à six mois d'intervalle.

Aucun rappel n'est nécessaire.

A partir de 16 ans

La vaccination est recommandée pour les personnes exposées à un risque d'infection par le VHB, c'est-à-dire
les personnes

  • originaires de pays où la maladie est fréquente (Asie, Afrique notamment),
  • amenées à voyager ou à séjourner dans ces mêmes pays,
  • vivant dans l'entourage proche d'une personne ayant une hépatite B,
  • ayant des rapports sexuels non protégés,
  • utilisant des drogues injectables,
  • devant subir des transfusions répétées ou une greffe d'organe.

Pour les professionnels
à risque

La vaccination contre l'hépatite B est obligatoire pour certains professionnels à risque, principalement pour les professionnels de santé en raison de l'exposition au sang durant le travail (article L.3111-4 du Code de la santé publique).
Par voie de conséquence, elle l'est pour les élèves et étudiants des filières paramédicales et médicales.

Coût et effets secondaires du vaccin

Un bilan pré-vaccinal (titrage des anticorps) n'est pas réalisé a priori chez l'adolescent et le jeune adulte.

Le coût du vaccin

  • Dans les centres de vaccination et dans les CeGIDD : la vaccination est gratuite.
  • Chez un médecin, sur ordonnance : les vaccins le plus souvent utilisés chez les plus de six ans (Engerix B® 20µg et Genhevac B Pasteur® 20 µg) coûtent 18,56 € (prix indicatif) et sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie.

Après une vaccination, peuvent se manifester

  • Une douleur, une rougeur, un gonflement au point d'injection,
  • Parfois de la fatigue, des maux de tête ou des douleurs dans les articulations, disparaissant rapidement.
Historique de la polémique autour de la vaccination contre le VHB

"La polémique [autour du vaccin contre le VHB] a été et reste aujourd'hui une singularité française."
(N. Vignier, décembre 2009)

"Suite à de nombreuses études, aucun lien n'a été montré entre la vaccination contre le virus de l'hépatite B et l'apparition d'une sclérose en plaques." (Inpes, avril 2013)

> L'hépatite B est une infection que, pour l'instant, on ne guérit pas et qui peut donner lieu à des complications graves.
> La prévalence de l'hépatite B est en hausse chez les moins de 35 ans en France.
> Parmi les jeunes Français de 18-30 ans, 25 % ignorent que l'hépatite B peut se transmettre lors de rapports sexuels non protégés.

Autant de raisons pour promouvoir la vaccination contre le VHB chez les pré-adolescents et les adolescents.

Documents de référence