Un diagnostic dans mon établissement

Pour me permettre d’identifier les besoins de mon établissement et donc de définir des priorités et objectifs à mon projet, je réalise un diagnostic.

Un diagnostic ne se fait jamais seul. En établissement scolaire, le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) est un outil particulièrement précieux pour la phase de diagnostic. Tous les acteurs du CESC dont élèves et familles participent à ce diagnostic. Il permet de croiser les regards, se répartir les tâches et définir un calendrier.

Un diagnostic, ça sert à quoi ?

C’est un état des lieux qui constitue une photographie de ce qui se passe dans votre établissement et son territoire à un instant T.

Il permet de :

  • Identifier les besoins des jeunes de votre établissement

    Réaliser un diagnostic auprès des jeunes de votre établissement contribue à prendre du recul sur l’image que vous en avez au quotidien, à une mise à distance de ses représentations. Il permet également de croiser les regards avec les constats et observations faits par le reste de l’équipe éducative.

    Par exemple, je peux avoir l’impression que les jeunes de mon lycée boivent tous de l’alcool alors que seule une infime partie est concernée.
    Ou encore : Les professeurs principaux peuvent m’alerter sur des somnolences fréquentes des jeunes après la pause déjeuner.
  • Apprécier le climat scolaire : prendre en compte le sentiment de sécurité, d’appartenance de l’ensemble des membres de la communauté éducative, le vivre-ensemble

    Par exemple, les élèves ont une heure pour manger et le temps d’attente à la demi-pension est trop long ou encore, les filles disent avoir peur d’aller dans certains endroits de la cour monopolisés par les garçons.
  • Connaître le territoire : identifier les spécificités et les lieux et personnes ressources

    Cette étape vous permettra de repérer les structures qui dispensent des services sur votre territoire et avec lesquelles vous pouvez développer des partenariats.

    Par exemple, s’il existe un Point Information Jeunesse (PIJ), une mission locale, ou un centre de planification et d’éducation familiale (CPEF), un Point écoute jeune (PEJ), une consultation jeune consommateur (CJC), je pourrai travailler de concert avec ces structures dans le cadre du décrochage scolaire, de sensibilisation ou encore de visites de lieux ressources.
  • Identifier les problèmes : identifier les demandes, besoins, manques…

    Pour qu’un projet fonctionne, il doit être adapté aux réalités de terrain.

    Par exemple, si je lance un projet sur le cannabis alors qu’il s’agit d’une consommation marginale contrairement au tabac et à l’alcool, je risque de générer des résistances chez les jeunes.
    Si je souhaite travailler sur les grossesses non-prévues alors que les jeunes de mon établissement sont autonomes pour gérer cette situation, j’orienterai le projet vers une autre thématique.
  • Définir les priorités

    Le diagnostic peut mettre à jour des problèmes qui sont moins prioritaires que d’autres.

    Par exemple, si j’avais initialement l’intention de mettre en place un projet sur la contraception et que mon diagnostic montre que ce qui préoccupe le plus les jeunes, c’est les relations filles-garçons, l’objectif du projet sera adapté.
  • Définir le public cible

    Dans un établissement, le public d’un projet peut être constitué : de jeunes (l’ensemble des jeunes, un niveau de classe, une filière, une classe, etc.), de l’équipe éducative (l’ensemble de l’équipe éducative, les professeurs, la direction, etc.), de parents, de structures relai, etc.

    Par exemple, si je veux travailler sur le bien-être et que je fais le constat que dans mon établissement, il n’y a même pas de savon dans les toilettes, je pourrais travailler en amont avec la direction pour définir les aménagements nécessaires.

En bref, un diagnostic permet d’orienter un projet, de l’argumenter et de savoir où l’on veut aller.

Quels éléments composent un diagnostic dans un lycée ou un CFA ?

Les grandes enquêtes menées régulièrement en France permettent d’avoir des éléments de diagnostic : sur les consommations de drogues, et la sexualité chez les jeunes.

Pour avoir des éléments de diagnostic locaux, on peut utiliser plusieurs données facilement accessibles :

  • Des indicateurs propres à la vie et au climat scolaire.

    Par exemple : nombre et pourcentage de jeunes ayant des absences, nombre de jeunes décrocheurs, nombre d'agressions, nombre d'incivilités, nombre d'absences de professeurs-formateur.rices, etc.
  • Des indicateurs propres au suivi social.

    Par exemple : nombre de jeunes signalés à l’assistant·e social·e et nombre de rendez-vous, nombre de contacts avec les services de justice, police, etc.
  • Des indicateurs propres au suivi de santé.

    Par exemple : nombre de passages à l’infirmerie avec analyse de ces passages, nombre de grossesses, nombre de contraception d’urgence délivrées, existence et utilisation d’un distributeur de préservatifs.

Ce diagnostic peut être complété par :

  • Des recherches documentaires, des lectures

    Des revues et organismes spécialisés proposent régulièrement des articles et enquêtes consacrées aux jeunes et à l’éducation pour la santé.

    Par exemple, l’Inpes avec la Santé en action.
  • Le recensement des actions existantes au sein et autour de mon établissement

    Il peut s’agir de projets portés en interne, d’actions d’organismes extérieurs dans votre établissement ou encore d’interventions mises en place dans votre municipalité ou région.

    Par exemple, vous pourrez lister les initiatives mises en place par les professeurs sur le bien-être, les actions thématiques des différentes associations comme le Crips, les actions de dépistage du VIH organisées tous les ans par la mairie à l’occasion du 1er décembre, etc.
  • La rencontre des professionnel·le·s de terrain

    Discuter avec des personnes expertes sur certaines thématiques permet d’avoir des éléments utiles au diagnostic.

    Par exemple, si j’interroge la Maison des Ados du coin sur la fréquentation de la structure par les jeunes, je pourrai avoir des éléments sur les sujets qui peuvent les intéresser et le type d’ateliers qui pourraient être mis en place (atelier photo, mur d’expression, atelier d’écriture, etc.)
  • un sondage auprès des jeunes et/ou de l’équipe éducative.

    Une enquête auprès des jeunes, des adultes de l’établissement ou des parents apporte des données utiles.

    Ces résultats pourront être restitués aux jeunes et à l’équipe éducative lors de réunions d’information ou sous forme d’affiche en respectant l’anonymat.

Par exemple à Paris, il existe l’enquête du « Dispositif Informationnel sur les Environnements de Santé des Élèves (DIESE) »
« Depuis 2003, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et l’académie de Paris propose aux collèges parisiens un questionnaire sur Internet qui leur permet de réaliser un diagnostic de santé. Celui-ci les aide à répondre aux besoins spécifiques de chaque établissement et à mettre en œuvre des projets d'éducation à la santé. »
Renseignez-vous auprès de votre académie

Un exemple de diagnostic en établissement scolaire ou CFA

Je travaille auprès de jeunes, et aimerais organiser un forum « santé ». Je vais donc recenser les structures d’accueil jeunesse et les structures santé qui existent aux abords de ma commune, rencontrer les professionnel·le·s qui y travaillent et les jeunes de mon établissement pour comprendre quels seraient leurs besoins et leurs attentes... Je cherche des exemples d’expériences de forum « santé » pour les jeunes en France, des modalités alternatives au stand …