Informer les jeunes de votre territoire

Le nombre de contaminations au VIH est en hausse de 24% chez les jeunes de 15 à 24 ans depuis 2007. Les fausses croyances sont à un niveau très élevé, ceci entraînant une utilisation insuffisante des moyens de prévention.

Ce constat factuel doit interroger sur les ressources et les dispositifs qui sont mis en place pour que les jeunes puissent avoir un accès effectif à l’information et appréhender au mieux les messages de prévention. Nul doute que le relais local peut être essentiel pour renforcer, efficacement, l’information en direction des jeunes.

Un niveau préoccupant de connaissances

L’enquête menée par Sidaction en 2018 met en exergue l’augmentation des fausses croyances chez les 15-24 ans.

21% pensent que le virus peut se transmettre en embrassant une personne séropositive (augmentation de 6 points depuis 2015) et 18% en entrant au contact avec la transpiration (augmentation de 8 points depuis 2015). 19% pensent que la pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission du virus (augmentation de 9 points par rapport à 2015).

Une trop faible utilisation des moyens de prévention

Ce manque d’information est à mettre en parallèle - et peut expliquer - une trop faible utilisation des moyens de prévention.

Selon l’étude menée par Opinion Way pour la SMEREP en 2017, près de 20% des lycéens français et 48% des étudiants n’utilisent pas systématiquement de pré­servatif. 71% des étudiants et 80% des lycéens ne se font pas systématiquement dépister lors d’un changement de parte­naire, dont respectivement 41% et 62% ne se sont jamais fait dépister.

Un besoin d'information exprimé par les jeunes

Face à ce constat qui pourrait laisser imagi­ner une attitude passive des jeunes, en fait la réalité est toute autre : dans le sondage de Sidaction, près de sept jeunes interrogés sur dix estiment que les élus locaux (75%), le pouvoir public (72%) ou le ministère de l’Éducation nationale (67%) n’en font pas suffisamment en matière d’information sur le VIH/sida. La demande des jeunes est bien présente.

Un besoin d'investissement plus important de l'éducation nationale

Au point de vue légal, l’éducation à la sexualité est une obligation prévue dans la loi depuis 2001. Elle se décline par l’obliga­tion d’organisation d’au moins trois séances annuelles d’information et d’éducation à la sexualité, à chaque niveau d’enseignement dans le premier et le second degré. Au sein de ces séances sont évoqués l’estime de soi, le respect de l’autre, l’acceptation des différences, la compréhension et le respect de la loi, la responsabilité individuelle et collective, etc.

Si ces séances sont considérées comme obligatoires, la réalité est loin de l’objec­tif initial. Jacques Toubon, le Défenseur des droits, le résume ainsi : « La mise en place de cette formation, obligatoire depuis quinze ans, est très lacunaire. Ainsi, un quart des établissements avouent ne pas proposer du tout d’éducation sexuelle. »

Faire passer le message

La priorité est de toucher, via des moyens et messages d’information et de prévention adaptés, l’ensemble des jeunes, quel que soit leur milieu social, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Proposition d'action : Faire pour et par les jeunes

Les études le démontrent unanimement : l’approche pair à pair fonctionne et donne des résultats très concrets. Pourquoi ne pas la mettre en place sur cette thématique du VIH/sida, et plus largement sur celle de la santé sexuelle ? Les collectivités disposent d’ores et déjà, pour la plupart, d’instances adéquates où se réunissent les jeunes, hors monde scolaire, comme par exemple les missions locales, les maisons des adolescents ou autre. Elles disposent parfois d’ins­tances consultatives comme les conseils municipaux des jeunes.

Bien évidemment, il est également possible d’associer les parents à cette dy­namique et cette volonté de donner plus d’informations et d’échanger sur la sexualité, au sens large, en allant jusqu’aux compétences psychosociales.

Aussi bien sur cette dynamique pair à pair que sur une dynamique d’associer les parents, le Crips Île-de-France peut vous accompagner.