Le dépistage du VIH : clé de voûte de la lutte contre le VIH/sida

Sur les 5 millions de sérologies VIH réalisées en France, plus d’un quart ont été effectuées en Île-de-France.

Pour autant, un effort important reste à faire, principalement en direction des personnes les plus exposées au VIH (notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne) afin d’augmenter la régularité et fréquence de l’utilisation du dépistage.

Des outils de dépistage nombreux et variés

Aujourd’hui, l’accessibilité au test de dépistage du VIH est réelle au regard du nombre de dispositifs existants. Concrètement, plusieurs solutions existent pour faire un test de dépistage du VIH : en laboratoire d’analyse (avec ou sans prescription médicale), en Cegidd pour réaliser un test gratuit, via un autotest, ou via un test rapide (TROD) dans le cadre d’actions associatives de dépistage.

Les objectifs du « 3 x 95 »

La politique de dépistage, pour atteindre une efficacité optimale - et donc le 1er des « 3x95 », se heurte à deux écueils majeurs :

Retard au dépistage dû aux occasions manquées
Lorsqu’un test de dépistage du VIH n’est pas proposé à un patient en contact avec une structure de soins, en présence ou non d’un facteur de risque ou d’un signe évocateur
d’une infection possible, on parle d’« occasion manquée ». Les délais entre infection et dépistage restent trop longs : deux ans chez les HSH, trois ans chez les femmes et quatre chez les hommes hétérosexuels. Le résultat : un quart des contaminations sont découvertes à un stade tardif.

Maintien d'une épidémie non diagnostiquée
Plus de 25 000 personnes ne connaissent pas leur séropositivité en France, dont 10 000 vivent en Île-de-France. Les personnes non diagnostiquées sont
aujourd’hui à l’origine de la majorité des contaminations en France.

Un renforcement du dépistage réclamé par la haute autorité de santé

Dans un rapport publié en mars 2017 intitulé « Réévaluation de la stratégie de dépistage de l’infection à VIH en France », la Haute Autorité de Santé (HAS) indiquait que « la priorité doit être accordée au dépistage de l’infection à VIH au sein des populations clés ».

Concrètement, la HAS recommande un « renforcement de la fréquence du dépis­tage dans ces populations :

> tous les 3 mois chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ;
> tous les ans chez les usagers de dro­gues injectables ;
> tous les ans chez les personnes origi­naires de zones de forte prévalence de l’infection à VIH, notamment d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes. »

La HAS maintient également sa recom­mandation d’un dépistage au cours de la vie pour la population générale : « afin de permettre le diagnostic des personnes qui ignorent leur séropositivité et de réduire l’épidémie cachée, la proposition d’un test de dépistage de l’infection à VIH au moins une fois au cours de la vie entre 15 et 70 ans doit être maintenue et représente une approche complémentaire au dépistage au sein des populations clés. »

Ce faisant, afin de réduire le nombre de per­sonnes non diagnostiquées et de réduire le délai entre infection et découverte de séro­positivité :
> Le dépistage doit aller chercher les per­sonnes qui ne se sont jamais fait dépister (quelle que soit la raison de cette absence de dépistage : sous-estimation de leur exposition, accessibilité des structures de dépistage, peur, etc.)
> Le dépistage doit être utilisé de façon plus régulière par les populations clés sur la base des recommandations de la Haute Autorité de Santé.

Proposition d'action : Organiser une semaine spéciale « dépistage »

Fédérer les acteurs de santé de votre territoire autour de cet objectif du 1er des « 3x95 » peut se faire via l’organisation d’un évènement mobilisateur : en l’occurrence une semaines spéciale « dépistage ». Cette semaine pourra avoir plusieurs objectifs : expliquer au plus grand nombre l’intérêt tant individuel que collectif du dépistage, faire connaître les dispositifs existants, aller au devant des populations exposées au VIH.

Le Crips Île-de-France sera à vos côtés pour vous aider au montage de ces semaines du dépistage, tant en termes de formation et de sensibilisation que d’animation sur site. Vous pourrez également bénéficier de l’investissement fort de la Région Île-de-France qui, dans le cadre du plan « Pour une Île-de- France sans sida », s’est engagée à fournir gracieusement 10 000 autotests du VIH.