POLITIQUE RÉGIONALE DE PRÉVENTION GLOBALE CENTRÉE SUR LA SANTÉ DES ADOLESCENTS

La Région souhaite faire de la prévention et de l’éducation à la santé des jeunes sa priorité et se doter d’un cadre global et opérationnel pour réduire de manière effective les comportements à risques qui affectent la santé des adolescents.

Inégalités territoriales de santé : un nombre trop élevé de jeunes franciliens en situation de mal-être

Une large partie de ces jeunes étudie en effet dans les lycées et les centres de formation pour apprentis. Les risques de santé ont des conséquences qui vont au-delà de la santé, et peuvent alimenter des comportements violents, nourrir l’échec scolaire ou encore favoriser le décrochage.

Le plan régional en santé des jeunes devra définir précisément les thèmes prioritaires de prévention, les modalités d'intervention de la Région et les objectifs à atteindre. Il donnera lieu à un bilan annuel.

Il s’agit de mettre en œuvre l’intervention régionale en matière de prévention dans un cadre transversal impliquant les divers domaines d’intervention (lycées, formation, santé, jeunesse et sport...).

Nouveaux public
  • Au regard des enjeux sanitaires, précédemment évoqués, et de ses compétences, la Région souhaite déployer prioritairement son intervention en direction des jeunes franciliens. Son action pourra s’étendre aux pré-adolescents dans le cadre d’un partenariat avec les départements, car les conduites à risques se mettent en place dès le collège. Elle pourra aussi concerner des publics avec des vulnérabilités spécifiques (jeunes vivant en situation de handicap, jeunes en insertion, jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse, jeunes migrants, etc).
  • La deuxième cible de l’intervention régionale devra être leurs parents. Ces derniers sont en effet les premiers agents de prévention et il est indispensable de les associer.
  • Du côté de la formation, l’objectif sera la montée en compétences des professionnels en matière de prévention et promotion de la santé (enseignants, professionnels de santé, associatifs, agents de territoires, formations initiales au sein des IFSI, IRTS, universités, etc.
  • Finalement, le développement de la culture de prévention passe également par l’accompagnement des collectivités locales, en matière d’aide documentaire, ingénierie de projet, conseil, etc.
Une approche transversale et décloisonnée

Une action efficace en termes de prévention doit prendre en compte l’ensemble de ces problématiques, souvent intriquées. Il est ainsi établi que certains comportements (tabagisme précoce, absentéisme scolaire) peuvent constituer des marqueurs prédictifs de comportement à risque, concomitant ou à venir. Le plus petit commun dénominateur de ces facteurs de vulnérabilité est l’existence d’un mal-être qui caractérise très souvent la période adolescente et qui favorise les prises de risques.

Ces problématiques qui atteignent à une vision globale de la santé nécessitent d’une coordination régionale, qui permettent à la fois un suivi local (au moins par département), et l’élaboration d’un état des lieux des territoires en matière de prévention.

Un meilleur maillage du territoire (dynamique partenariale)

La Région mettra en place un comité d’orientation de la politique régionale en matière de prévention santé chez les jeunes. Cette instance lui permettra d’associer l’ensemble des parties prenantes institutionnelles et opérationnelles afin de mieux cerner les problématiques de santé chez les jeunes et définir les modalités opérationnelles de prévention à l’échelle régionale. Ce comité sera composé de représentants institutionnels (ARS, DRJSCS, rectorat, collectivités locales), de professionnels de terrain (médecins, infirmier(e)s, psychologues, associations spécialisées dans le domaine de la prévention et de la lutte contre les exclusions, associations de parents...) ainsi que de l’ORS et du CRIPS.

La commission Santé du conseil régional sera étroitement associée ainsi que, notamment, la commission de la famille, de l’action sociale et du handicap, la commission de l’éducation et la commission du sport, de la jeunesse et de la vie associative. Le conseil régional des jeunes sera également pleinement associé à l’élaboration du plan régional.

Quatre objectifs seront recherchés par ce comité

  • dresser un inventaire de l’existant en mettant en exergue les disparités territoriales et 
sociales ;
  • définir des leviers d’action innovants mobilisables (actions entre pairs, soutien à la 
parentalité, médiation sociale...) ;

  • prioriser les champs d’intervention de la politique régionale ;
  • proposer une nouvelle forme de gouvernance pragmatique et opérationnelle. 
Le comité d’orientation sera articulé avec les dispositifs régionaux existants et la commission de coordination des politiques publiques en prévention sous l’égide de l’ARS. La communauté scolaire sera également associée à l’élaboration du plan régional à travers les diagnostics qui seront réalisés par les lycées en application de la délibération CR 89-19.