Prévention diversifiée et objectifs « 3 x 95 »

Le « 3 x 95 » est un objectif repris, notamment, par la stratégie nationale de santé sexuelle mise en place par le ministère de la Santé et par le plan « Pour une région Île-de-France sans sida ».

Il constitue un objectif de santé publique ambitieux, mais atteignable, si les moyens sont à la hauteur, notamment dans la promotion de la prévention diversifiée et si les populations clés bénéficient d’un focus particulier. Si c’est le cas, nous pourrons passer de la fin du sida (avec un point d’interrogation) à la fin du sida (avec un point d’exclamation).

Les outils de la prévention diversifiée

Aujourd’hui, la prévention est dite diversifiée car elle permet à chacune et chacun d’adap­ter sa prévention à sa vie, ses possibilités, ses envies, favorisant ainsi une appropriation de la prévention en général. Aujourd’hui, la prévention, c’est un ensemble d’outils :

Les préservatifs
Le préservatif interne (dit féminin) et le préservatif externe (dit masculin) restent toujours le moyen le plus facile d’accès pour se protéger du VIH et des autres IST.

Le traitement comme prévention (TasP)
Le traitement antirétroviral, pris régulière­ment par les personnes vivant avec le VIH, fait disparaître le virus de leur sang jusqu’à l’obtention d’une charge virale indétectable. À partir de là, et avec ce critère de charge virale indétectable, une personne séroposi­tive ne peut pas transmettre le VIH.

La prophylaxie pré-exposition (PrEP)
La PrEP consiste à prendre un traitement antirétroviral pour une personne séronéga­tive avant l’exposition au VIH. Ce dispositif de prévention est proposé aux personnes fortement exposées au VIH. Remboursée à 100%, elle est prescrite par un médecin spé­cialisé et dans les centres gratuits d’informa­tion, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites virales et des IST (Cegidd).

Le traitement post-exposition (TPE)
Ce dispositif, trop peu connu, permet à une personne séronégative ayant été exposée au VIH de prendre un traitement antirétro­viral pendant un mois et ainsi empêcher une contamination au VIH. Le traitement, disponible gratuitement dans tous les ser­vices d’urgences des hôpitaux, doit être pris dans les heures qui suivent la prise de risque, au maximum 48 heures après.

Les objectifs du « 3 x 95 »

Le « 3x95 » est un objectif de santé publique qui imprègne les politiques pu­bliques de lutte contre le VIH/sida.

Cela signifie qu’en 2020 :
> 95% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique.
> 95% des personnes séropositives et dé­pistées reçoivent un traitement antirétro­viral.
> 95% des personnes recevant un traite­ment antirétroviral ont une charge virale durablement indétectable.

Si ces objectifs intermédiaires sont at­teints, les modélisations montrent qu’en 2030, nous pourrions atteindre le « Zéro contamination ».

Vers la fin du sida ?

L’Île-de-France est la région la plus touchée par l’épidémie.

42% des nouveaux cas de séropositivité sont découverts en Île-de-France, pour seulement 18% de la population vivant en France. Environ 2 500 personnes sont diagnostiquées chaque année et près de 50 000 personnes sont suivies pour une infection par le VIH dans les hôpitaux fran­ciliens.

L’épidémie est concentrée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et chez les personnes hétéro­sexuelles - femmes et hommes - nées en Afrique subsaharienne.

Proposition d'action : Favoriser l'engagement des professionnels de votre collectivité et la transversalité des actions

Pour arriver à un contrôle de l’épidémie, l’ensemble des acteurs du territoire doit être mobilisé : associations ; institutions ; élus ; structures municipales ; professionnels des secteurs sanitaire, social et de la jeunesse. La mise en réseau de ces acteurs est nécessaire, mais elle peut être complexe - au départ en tout cas - à mettre en oeuvre.

C’est pour cela qu’en 2019, dans le cadre du plan « Pour une Île-de-France sans sida », le Crips Île-de-France organisera des réunions locales de mobilisation, permettant à tous les acteurs (quels qu’ils soient) d’échanger, de créer un discours commun et de se coordonner autour de ces objectifs d’appropriation de la prévention diversifiée et d’atteinte les objectifs du « 3x95 ».