Epidémiologie du phénomène

Les données issues de diverses enquêtes permettent de comprendre les comportements : le passage de l'expérimentation à l'usage régulier ou excessif pour certains, les contextes qui favorisent la consommation, les différences en fonction du genre...

Ce que les enquêtes révèlent sur les comportements

HBSC 2014 (Health Behaviour in School Aged children) : enquête réalisée auprès de jeunes de 11 à 15 ans.

Les résultats de l'enquête HBSC font apparaître la précocité et la prédominance de l'alcool dans les usages des plus jeunes. Une analyse non plus par âge mais par classe (de la 6ème à la 3ème) montre combien la diffusion des produits se développe pendant les « années collège ». L'expérimentation d'alcool est relativement élevée dès la classe de 6e puisqu'elle concerne 49,4 % des élèves. Cet usage progresse tout au long des années collège pour toucher plus de 80 % des collégiens de 3e. Les ivresses croissent fortement pendant cette même période : environ un collégien sur six dit avoir déjà connu une ivresse alcoolique avec des niveaux multipliés par cinq entre la 6e et la 3e (passant de 5 % à 28 %). L'usage récent d'alcool concerne essentiellement les classes de 3ème avec 37 % des élèves déclarent au moins une consommation au cours du mois.
OFDT, Tendances n°106, décembre 2015.

49,4 % des élèves de 6e ont déjà bu au moins une fois de l'alcool

ESPAD 2015 (European School Survey project on Alcohol and other drugs) : enquête réalisé auprès des adolescents de 15-16 ans.

L'usage régulier d'alcool concerne 1 lycéen sur 5. Il est plus masculin que féminin : 20% des lycéens déclarent un usage régulier contre 9,7% des lycéennes. Il ne s'agit plus d'expérimentation mais d'ancrage et les alcoolisations excessives se multiplient. 
OFDT, Tendances n°112, septembre 2016

ESCAPAD 2014 : enquête réalisée auprès des jeunes de 17 ans lors de la journée défense et citoyenneté (anciennement JAPD)

Les expérimentations d'alcool continuent leur diminution amorcée depuis 2008 passant de 92,3% à 89,3%. Parallèlement l'usage régulier d'alcool a progressé en passant de 8,9% à 12,3% entre 2008 et 2014. La particularité de cette enquête est qu'une question sur la consommation excessive a été intégrée au questionnaire depuis 2005. L'alcoolisation ponctuelle importante concerne plus de la moitié des jeunes. En 2014, 48,8% des interrogés déclarent avoir bu plus de 5 verres à une même occasion au cours du mois écoulé. Cette consommation est nettement plus masculine que féminine (54,6% contre 42,9%).
OFDT, Tendances n°100, mai 2015.

Les informations en fonction des régions de France : OFDT, Tendances n°102, juillet 2015

Le baromètre Santé 2014 met en exergue une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes (API) parmi les 15-75 ans passant de 36 % en 2010 à 38 % en 2014. Les ivresses répétées et régulières (3 fois et plus ou 10 fois et plus) sont aussi en hausse, particulièrement chez les femmes.

Baromètre santé 2014

Parmi les 18-25 ans, entre 2005 et 2014, la proportion de personnes ayant connu une ivresse dans l'année est passée de 33 % à 46 %, l'augmentation est aussi valable pour les ivresses répétées passant de 15 % à 29%. Les hausses observées entre 2010 et 2014 sont plus significatives parmi les jeunes femmes, en particulier les étudiantes : 28 % d'entre elles ont connu une API tous les mois (19 % en 2010 ; 8 % en 2005).
Entre 2010 et 2014, la proportion des jeunes de 18-25 ans déclarant consommer de l'alcool toutes les semaines est passée de 36 % à 40 %.
Inpes, Evolutions n°32, avril 2015