La politique française de dépistage

La politique française actuelle de dépistage du VIH a été précisée dans le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 qui se fonde sur plusieurs rapports d’instances spécialisées et sur l’avis d’experts et d’associations.
A ce dispositif, s’est ajoutée en septembre 2015 la mise en vente libre des autotests dans les pharmacies.

Une démarche volontaire

En France, le dépistage du VIH est une démarche volontaire à laquelle la personne doit consentir.

Le test n’est obligatoire que dans quelques cas bien précis :
> dons de sang,
> dons d’organes,
> dons de sperme, d’ovocytes et de lait.
Le dépistage est alors réalisé dans l’objectif de protéger le receveur d’une possible transmission.

Le dépistage est aussi systématiquement proposé, mais non imposé, aux femmes enceintes dans le cadre de la prévention de la transmission mère-enfant.

Une démarche fondamentale

Le dépistage de l’infection à VIH a deux objectifs principaux.

Au niveau individuel, se faire dépister permet :
> Dans tous les cas, de bénéficier d’un conseil de prévention personnalisé ;
> En cas de découverte d’une séropositivité, d’accéder à la prise en charge et au traitement antirétroviral (ARV). Des études ont démontré qu’un accès précoce aux soins et aux ARV, d’une part, diminue les conséquences sur la santé de l’infection à VIH et le nombre des hospitalisations, d’autre part, augmente l’espérance de vie.

Au niveau collectif, le dépistage limite la propagation de l’épidémie par l’action des ARV sur la transmission du VIH. Le taux de transmission du VIH est en effet corrélé à la charge virale VIH, c’est-à-dire au nombre de virus circulant. Plus la charge virale est basse, plus le taux de transmission diminue. Or un traitement antirétroviral efficace rend la charge virale indétectable aux examens les plus sensibles ; il abaisse de ce fait le risque de transmission du VIH de façon drastique.

Un axe du Plan national

Le Plan national de lutte contre le VIH/sida comprend cinq axes stratégiques. L’un d’entre eux est consacré au dépistage car celui-ci est "au cœur du dispositif de la prise en charge et de la prévention du VIH".

Contexte

L’activité de dépistage du VIH est élevée en France avec près de 5 millions de tests réalisés par an, soit environ 80 pour 1000 habitants. Pourtant, un quart des personnes découvrant leur séropositivité le font à un stade de déficit immunitaire avancé (InVS, novembre 2014).
On estime à environ 20 000 le nombre des personnes ignorant leur séropositivité VIH.

Le retard au diagnostic concerne :
> Des personnes appartenant à un groupe à risque identifié qui n’ont pas fait une démarche volontaire de dépistage, n’ont pas été en contact avec le système de soins ou n’ont pas été dépistées lors de ce contact ;
> Des personnes à faible risque "apparent".

Une nouvelle stratégie

Face au double constat d’un recours trop souvent tardif au dépistage et d’un bénéfice, tant individuel que collectif, d’un diagnostic précoce, le CNS en 2006 et la HAS en 2009 ont émis des recommandations sur la stratégie de dépistage modifiant l’approche élaborée en 1985, dans un contexte très différent.

Une double approche
> Une proposition large du dépistage du VIH en population générale
> Un dépistage ciblé et régulier pour certaines populations

La stratégie française actuelle de dépistage du VIH se fonde :

  • sur une proposition large du dépistage du VIH en population générale, indépendamment de la notion de prise de risque,
  • sur un dépistage ciblé et régulier pour certaines populations, comme les partenaires de PvVIH ou les HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) ou dans certaines circonstances, diagnostic de tuberculose ou projet de grossesse par exemple.

L’utilisation des tests rapides et une offre de proximité sont aussi préconisées. Cette proposition s’accompagne d’une étude de l’InVS montrant que cette généralisation de l’offre de dépistage est coût-efficace.

Objectifs, mesures et actions

Le Plan national a pour objectif d’améliorer le dépistage précoce du VIH et des IST et de réduire ainsi le retard à la prise en charge. Il s’appuie sur trois offres de dépistage complémentaires, déclinées en six mesures.
> Le dépistage dans le système de soins, par les professionnels de santé des premiers secours : s’adressant à l’ensemble de la population, ce dépistage est proposé par le médecin à l’occasion d’un recours aux soins.
> Le dépistage par les pairs pour les populations à forte incidence : cette modalité de dépistage, de type communautaire, vise à répondre aux besoins des populations qui ne veulent ou ne peuvent pas utiliser le dispositif "classique". Elle s’adresse en premier lieu aux HSH.
> Le dépistage anonyme et gratuit dans les CeGIDD (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic).

Cette stratégie se traduit de façon concrète en fiches actions qui, soit relèvent directement de l’axe dépistage du Plan national, soit sont intégrées aux programmes populationnels qui s’adressent à des groupes spécifiques.