Genre et santé sexuelle

Le genre a également un impact sur la santé.
Ainsi, on constate que ce sont majoritairement les femmes qui prennent en charge la santé sexuelle dans un couple ou une relation. De plus, elles peuvent avoir du mal à négocier l'usage du préservatif avec un homme. Enfin, des facteurs biologiques, économiques et sociaux rendent parfois les femmes plus vulnérables face à l'infection du VIH et des IST.

Les femmes plus responsables que les hommes de leur santé sexuelle

La prévention des grossesses non planifiées reste majoritairement une question gérée par les femmes.

"La socialisation différenciée selon le sexe contribue également à la plus grande sensibilité des femmes à leur santé et aux messages de prévention.... ...De façon générale, se conformer à l'idéal masculin de virilité suppose, pour les hommes, de rejeter les signes de faiblesse, dont la maladie fait partie. Au contraire, le rôle de la femme en tant que gestionnaire de la santé du groupe familial peut contribuer à sa proximité avec le système de santé, de même que le suivi gynécologique. Ainsi, tout au long de leur vie, les femmes sont plus nombreuses à déclarer consulter des médecins généralistes (pour partie en raison des suivis médicaux liés à la contraception, la grossesse et la ménopause) et à recourir à la prévention."

Par contre la prévention des IST nécessite le recours à des méthodes préventives (préservatif masculin) à négocier avec les hommes, ce qui peut parfois poser des difficultés, notamment dans le cadre de rapports hors d'une relation de couple stable :

 "Les rapports de pouvoir au sein de la relation construisent ....un rapport spécifique au risque et placent les femmes en situation de plus grande vulnérabilité préventive surtout lorsqu'elles s'écartent d'une sexualité monogame"

extrait de "De la contraception à la prévention : les enjeux de la négociation aux différentes étapes des trajectoires affectives et sexuelles " / in Enquête sur la sexualité en France : pratiques, genre et santé , Paris : La découverte, 2008

L'utilisation du préservatif reste difficile à négocier dans une relation sexuelle, alors qu'elle représente un enjeu de prévention majeur.

Une plus grande vulnérabilité des femmes face aux risques

Des vulnérabilités spécifiques face au VIH / sida et aux IST :

"Les femmes présentent des risques accrus d'infection par le VIH au cours d'un rapport sexuel en raison de facteurs biologiques et de leur vulnérabilité socio-économique entraînant des difficultés tant dans l'accès à l'information et à la prévention, que dans la négociation de la prévention avec leurs partenaires."

"Les femmes sont également plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir contracté une infection sexuellement transmissible (IST). L'augmentation des IST témoigne d'un relâchement des comportements sexuels de prévention pour les femmes comme pour les hommes. Les cas de nouveaux diagnostics concernent principalement les femmes âgées de 25 à 29 ans. À tous les âges, les femmes sont plus touchées par l'incidence cumulée des IST . Les femmes qui ont contracté une IST ne ressentent pas forcément de symptômes, ce qui augmente le risque de transmission, notamment du VIH."

extrait de Santé des femmes in Chiffres clés édition 2014 : vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes

Les jeunes filles plus exposées que les garçons

extrait de Santé sexuelle des jeunes et e-prévention : des risques de transmission du VIH/IST aux risques de grossesse, pour une approche préventive globale / SIS Association, 2014

Selon une enquête menée en 2013 par Sida Info service auprès de 9000 appelants de 15 à 19 ans sur la ligne d'écoute, on constate :

"Chez les jeunes, huit relations sur dix ont lieu avec un-e partenaire occasionnel-le (80,1 %). À l'inverse des garçons, les filles déclarent deux fois plus souvent des prises de risques dans le cadre d'une relation stable ou dans laquelle elles envisagent de s'engager (22,7 % contre 10,9 % des garçons de moins de 20 ans. "

"Par ailleurs, les filles apparaissent plus souvent exposées aux risques de transmission par pénétration mal ou non protégée (63,4 % des prises de risques sexuels décrites contre 47,5 % chez les garçons). Dans ce sens, elles sont aussi beaucoup plus nombreuses à rapporter des rapports sans préservatif (83 % contre 58,1 % des garçons, parmi les jeunes décrivant des relations hétérosexuelles à risque sexuel). "

Documents de référence :

Santé sexuelle des femmes :

Dossier complémentaire

Vie affective et sexuelle

L'égalité et le respect dans les relations filles-garçons

Un dossier proposant des informations et des ressources pour les professionnels désirant mener des actions auprès des jeunes.