Socialisation, stéréotypes et inégalités liés au genre

Dès le plus jeune âge, les enfants sont conditionnés, dans leurs différents environnements, par l'assignation à des rôles sociaux spécifiques liés au fait d'être fille ou garçon, homme ou femme. Certaines de ces normes, qui font partie de la socialisation, sont transmises et intégrées de façon inconsciente comme étant naturelles, mais peuvent être source de discrimination et d'inégalité entre les sexes.

La socialisation de genre dans la famille

Des rôles sexuels attribués dès l'enfance par la famille

  • les parents incarnent chacun un rôle différent : le rôle du père et de la mère est très différencié. La mère est plus en charge des tâches domestiques, de soin, d'activités et d'échanges verbaux, du soutien scolaire. Le père est plus investi dans les jeux physiques, activités ludiques ponctuelles, et une ouverture vers le monde extérieur.
  • les parents perçoivent leurs enfants différemment et adoptent des attitudes différentes en fonction de leur sexe : ils qualifient les filles de "mignonnes" et les garçons de "solides". Ils valorisent certains comportements chez les filles (docilité, aptitudes relationnelles) et d'autres chez les garçons (combativité, compétitivité).
  • il proposent  à leurs enfants des environnements différenciés selon qu'il sont fille ou garçon : vêtements et jouets sexués ; jeux favorisant la réflexion ou l'identification à des héros actifs chez les garçons (legos, Superman..) ; jeux d'imitation et de conformité à des rôles sociaux chez la fille ou identification à des héros passifs (jouer à la poupée, à la marchande, à la dinette, princesses).

La socialisation de genre à l'école

Dans le milieu scolaire, les filles et les garçons, bien qu'à réussite égale, sont traités différemment

  • par leur cursus et orientation scolaire : à capacité et réussite égale, les filles sont plus orientées vers des filières sociales ou littéraires, les garçons vers des filières scientifiques ou plus prestigieuses.
  • par le comportement des enseignants : inconsciemment, les enseigants ont des attitudes qui renforcent les inégalités de genre. D'après des études, les enseignants récompensent les performances des garçons, tandis qu'ils valorisent la conformité des filles. Ils attribuent la réussite des filles à leurs efforts et celle des garçons à leur talent. De même, ils ont des attentes stéréotypées en fonction des sexes : les filles sont considérées comme dociles, les garçons turbulents.
  • par la représentation des hommes et des femmes dans les manuels scolaires : des études ont constaté une sous représentation numérique des femmes et de leur rôle, souvent présenté comme subalterne par rapport aux hommes

La socialisation de genre à travers les pratiques culturelles, les médias et le sport

D'autres milieux socialisants et éducatifs véhiculant des stéréotypes de genre

  • la littérature jeunesse : différentes études montrent que les personnages masculins sont surreprésentés et les héros principalement masculins. Les garçons sont présentés à l'extérieur, les filles à l'intérieur. Les personnages féminins sont confinés au rôle maternel où à des tâches domestiques, les hommes présentés faisant du sport ou dans leur milieu professionnel.
  • la publicité et les médias : apportent des représentations stéréotypées des femmes et des hommes.
    Pour en savoir plus, lire l'article l'Influence des médias sur les stéréotypes de genre
  • les pratiques sportives : certains sports continuent d'être considérés comme masculins (le football, le rugby, les sports de combat...), d'autres féminins (la gymnastique, la danse).

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Dossier complémentaire

Vie affective et sexuelle

L'égalité et le respect dans les relations filles-garçons

Un dossier proposant des informations et des ressources pour les professionnels désirant mener des actions auprès des jeunes.