Le dépistage du VHC et ses enjeux

Un peu plus du tiers des personnes atteintes d’hépatite virale C en France, soit environ 100 000 personnes, ignorent leur séropositivité VHC. La moitié des personnes infectées découvrent leur séropositivité de façon fortuite (don de sang, bilan de santé) et plus de 10 % la découvrent à un stade avancé de la maladie (cirrhose, cancer du foie).

Stratégie de dépistage de l'hépatite C

La stratégie de dépistage de l'hépatite C est centrée sur les personnes exposées au risque. Elle permet une prise des charges des personnes infectées.

Les personnes considérées comme exposées au risque de contact avec le VHC en France sont les suivantes :

  • Personnes ayant utilisé au moins une fois dans leur vie des drogues par voie intraveineuse ou nasale,
  • Personnes ayant reçu une transfusion ou une greffe de tissu, de cellules ou d’organe avant 1992,
  • Personnes ayant subi des actes médicaux invasifs (endoscopie…) avant 1997,
  • Personnes hémodialysées,
  • Enfants nés de mères séropositives pour le VHC,
  • Personnes découvrant leur séropositivité VIH,
  • Partenaires sexuels et membres de l’entourage familial de personnes atteintes d’hépatite C,
  • Personnes séjournant ou ayant séjourné en milieu carcéral,
  • Personnes originaires de ou ayant reçu des soins dans des pays de forte prévalence VHC (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud),
  • Personnes ayant eu des tatouages, piercings, mésothérapie ou acupuncture sans utilisation de matériel unique ou personnel.

Les recommandations 2014 élargissent la proposition systématique d’un dépistage du VHC :

  • A tous les hommes âgés de 18 à 60 ans,
  • Aux femmes enceintes dès le début de la grossesse.

En France, le dépistage de l’hépatite C est obligatoire pour les donneurs de sang et d’organes.

Les enjeux du dépistage

Les enjeux du dépistage sont à la fois individuels et collectifs.
Le dépistage des personnes atteintes d’hépatite chronique C leur permet d’accéder à un traitement antiviral à un stade plus précoce, avec un bénéfice individuel de réduction des complications et de la mortalité. Plus le traitement est administré tôt, plus son efficacité est grande et moins des lésions hépatiques sévères et parfois irréversibles ont le temps de s’installer.
Les nouveaux antiviraux à action directe (AAD) aboutissent à la guérison plus de neuf fois sur dix.

D’autre part, le dépistage apporte un bénéfice collectif de réduction du risque de transmission de l’hépatite C.

Une importante activité de dépistage du VHC en Ile-de-France

LaboHep 2013, © InVS, juillet 2015

L’enquête LaboHep 2013 montre que, au cours de l’année, 77 tests de dépistage de l’hépatite C pour 1 000 habitants ont été réalisés en Ile-de-France contre une moyenne nationale de 55 pour 1 000.

Le tiers des tests VHC effectués dans les CDAG (Consultation de dépistage anonyme et gratuit) de France métropolitaine entre 2010 et 2012 l’ont été en Ile-de-France.

Où faire un test en Ile-de-France ?

Un dépistage de l'hépatite C peut être réalisé dans les laboratoires d'analyse sur ordonnance. L'examen est remboursé à 100 % par l'Assurance maladie et la consultation médicale à 65 %.

Il peut être effectué gratuitement dans les CeGIDD (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic).