Le traitement de l'hépatite chronique C

L’apparition des antiviraux à action directe (AAD) a révolutionné le traitement de l’hépatite virale chronique C. Ils aboutissent à la guérison neuf fois sur dix. Malheureusement, le coût très élevé de ces médicaments en restreint l’accès aux personnes souffrant d’une fibrose à un stade avancé.

L’objectif du traitement contre l’hépatite C est la guérison.

Les antiviraux à action directe ou AAD

Jusqu’à récemment, le traitement standard de l’hépatite C chronique reposait sur la ribavirirne sous forme de comprimés ou de gélules associée à l’interféron pégylé sous forme d’injections sous-cutanées hebdomadaires. Ce traitement durait de 24 à 48 semaines, guérissait environ la moitié des patients et provoquait des réactions indésirables fréquentes et parfois sévères. Il existait cependant des moyens d’atténuer la majorité de ces effets secondaires afin de pouvoir suivre le traitement jusqu’au bout.

Depuis deux ans les avancées thérapeutiques ont été considérables avec la deuxième génération d'antiviraux à action directe ou AAD, plus efficaces, plus sûrs et mieux tolérés.
Sept AAD sont déjà disponibles en France et il devrait être une dizaine en 2016. Ils peuvent être prescrits seuls, associés entre eux, avec ou sans ribavirine.
Pour les personnes en situation d’urgence thérapeutique, certaines de ces molécules sont accessibles en autorisation temporaire d’utilisation (ATU).

© Actions Traitements, avril 2015

Les traitements par AAD

  • durent moins longtemps, 12 semaines en moyenne,
  • provoquent beaucoup moins d’effets indésirables,
  • sont d’une remarquable efficacité avec un taux de guérison atteignant 90% et plus selon la variété du virus.

Ce taux de guérison dépend de plusieurs facteurs :

  • le génotype du VHC en cause : les génotypes 2, 3, 5 et 6 sont de meilleur pronostic que les 1 et 4,
  • la sévérité de l’atteinte hépatique et en premier lieu le degré de fibrose,
  • le fait d’avoir ou non déjà été traité pour l’hépatite C,
  • la présence d’autres problèmes de santé, comme une co-infection par le VIH ou le VHB.

On évalue l'efficacité du traitement antiviral avec la réponse virologique soutenue (RVS) qui correspond au maintien d’un taux sanguin d’ARN VHC indétectable.
> Une RVS 12 semaines après l’arrêt du traitement (RVS12) signifie 99 % de chance de guérison.
> Une RVS 24 semaines après l’arrêt du traitement (RVS24) signe la guérison.

Des médicaments très chers

"Bien que le coût de production de ces agents antiviraux soit faible" (OMS, juillet 2015), les prix fixés par les fabricants sont très élevés. A titre d’exemple, le sofosbuvir (Sovaldi®) coûte 13 667 euros hors taxe la boîte de 28 comprimés, soit 41 000 euros pour trois mois de traitement.
Ce coût en limite l’accès. Ces traitements sont réservés en priorité aux personnes avec un stade de fibrose avancé.
Leur prescription est subordonnée à l’avis d’une Réunion de concertation disciplinaire (RCP) qui décide si le patient est éligible ou non au traitement, le principal critère retenu étant le stade de la fibrose.
Seules les pharmacies hospitalières délivrent ces médicaments.

Les traitements de substitution par la méthadone ou la buprénorphine ne sont pas contre-indiqués avec la prise d’un traitement anti-VHC.

La recherche thérapeutique se poursuit et les options de traitement continueront d’évoluer dans les prochaines années.
L’objectif est de trouver un traitement par voie orale, bien toléré, ne durant que quelques semaines et efficace quelle que soit la souche virale en cause.