Traitement : un rôle dans la prévention

Le traitement antirétroviral peut empêcher :

  • la transmission du VIH par les personnes séropositives,
  • l’acquisition du VIH par les personnes séronégatives.

Le rôle du traitement antirétroviral (ARV) dans la prévention de la transmission du VIH est double.

  • La mise sous traitement antirétroviral efficace des personnes vivant avec le VIH
    > réduit le risque de transmission sexuelle du VIH (TasP),
    > réduit le risque de transmission de la mère à l’enfant (PTME).
  • La prise d’antirétroviraux par les personnes séronégatives selon des schémas codifiés
    > réduit le risque d’acquisition du VIH après une exposition accidentelle (TPE),
    > réduit le risque d’acquisition du VIH lors d’expositions régulières (PrEP).

TasP, Treatment as prevention (Traitement comme prévention)

© Pistes, 2005

En 2008, le Pr Bernard Hirschel et ses collègues de la Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida faisaient sensation en écrivant dans un avis que "Les personnes séropositive ne souffrant d’aucune MST (Maladie sexuellement transmissible) et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle."
C’était la première fois qu’était affirmée officiellement une réalité que les praticiens avaient constatée sur le terrain.

Plusieurs études sont venu confirmer par la suite cette assertion.
En 2011, les premiers résultats de l'essai HPTN 052 prouvent que dans des couples hétérosexuels sérodifférents (dont l’un des partenaires est séronégatif pour le VIH et l’autre séropositif), si la personne séropositive est sous traitement antirétroviral bien conduit avec une charge virale indétectable, le taux de transmission du VIH à l'intérieur du couple est réduit de 96 %.

L'Etude Partner concerne plus de 1 100 couples sérodifférents dont près de 35 % de couples homosexuels. Ses résultats à deux ans ont été rendus publics en mars 2014. Ils ne montrent aucune transmission du VIH au sein de ces couples, confirmant l'efficacité du TasP.

En juillet 2015, après un suivi de quatre ans, les résultats définitifs de l’étude HPTN 052 montrent au final que le traitement antirétroviral réduit de 93 % les risques de transmission du VIH dans un couple hétérosexuel sérodifférent dont l’un des partenaires est séronégatif pour le VIH et l’autre séropositif.

Les infections qui ont eu lieu pendant la période de suivi :

  • Etaient dues à des relations non protégées avec un-e partenaire extérieur-e au couple ;
  • Ou, si elles étaient liées au/à la partenaire régulier-ère, elles ont eu lieu
    > avant la mise sous traitement antirétroviral
    > ou avant que la charge virale ne devienne indétectable,
    > ou en cas d’échec du traitement.

Une personne séropositive sous traitement antirétroviral efficace et bien suivi, avec une charge virale indétectable, ne transmet pas le VIH.

On appelle charge virale, le nombre de particules virales contenues dans le sang ou dans un liquide contaminant, comme le sperme ou le lait maternel.
Plus la charge virale est élevée, plus le nombre de virus est grand, plus le risque de transmission du VIH est important. Il a été montré que chaque fois que la charge virale est multipliée par dix, le risque de transmission du VIH est multiplié par deux ou trois (M. S. Cohen, 2011).

PTME, Prévention de la transmission mère-enfant

Une femme vivant avec le VIH peut transmettre le virus à son enfant :

  • pendant la grossesse,
  • au cours de l’accouchement,
  • lors de l’allaitement.

Sans traitement le taux de transmission de la mère à l’enfant est de 20 à 25 %.
Depuis 1994 les antirétroviraux sont employés avec succès pour diminuer ce risque.

L’utilisation d’une association d’antirétroviraux chez la mère et l’administration au nouveau-né d’un antirétroviral pendant 4 semaines réduit le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant à 1 % dans les pays industrialisés.

L’allaitement maternel est parfois incontournable dans les pays à ressources limitées. La poursuite du traitement antirétroviral chez l’enfant pendant toute la durée de l’allaitement permet alors de réduire le risque de transmission postnatale du VIH.

TPE, Traitement post-exposition

© Pistes, 2009

Le traitement post-exposition au VIH est un traitement qui, pris dans les heures qui suivent une prise de risque, réduit de façon importante le risque de contamination par le virus.

Il s’adresse aux personnes qui viennent de prendre un risque de contamination par le VIH :

  • rupture ou oubli du préservatif avec un(e) partenaire dont on ne connaît pas le statut sérologique,
  • partage de seringue lors d’une consommation de drogue,
  • exposition au sang ou à un liquide biologique, le plus souvent dans un cadre professionnel.

"Le TPE doit être débuté le plus rapidement possible, au mieux dans les 4 heures qui suivent l’exposition, au plus tard dans les 48 heures."

Le TPE associe trois antirétroviraux et dure un mois.

Pour plus de détails, lire sur notre site :

PrEP, Prophylaxie pré-exposition

La PrEP repose sur l’utilisation d’un traitement antirétroviral (Emtricitabine, Truvada®) chez des personnes séronégatives exposées à un risque VIH, afin de bloquer la transmission du virus.

Elle s’adresse à des personnes de plus de 18 ans à haut risque d’acquisition du VIH, principalement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transgenres.

La PrEP est prescrite par un médecin spécialiste du VIH avec deux schémas possibles :

  • PrEP en continu : un comprimé de Truvada® par jour,
  • PrEP "à la demande" : la prise de Truvada® encadre l’exposition au risque.

La PrEP demande un suivi médical régulier et son efficacité est étroitement liée à l’observance.

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