Principaux dispositifs

Le dispositif de réduction des risques s'est construit au fil des ans grâce aux associations, aux travailleurs médicaux et sociaux.

De l'accès aux seringues stériles aux programmes d'échange de seringues

La prohibition des seringues (vente sur ordonnance, et non anonyme), pousse les usagers à se les échanger. Le 1er cas de sida chez un toxicomane est observé en 1984, ce qui alarme les médecins du champ du VIH et des addictions. Il faut attendre 1987, pour que la Ministre de la santé, Michèle Barzach, annonce la levée du décret sur la restriction de vente des seringues pour un an. La mesure est renouvelée puis rendue définitive en 89. Au début des années 90, les seringues sont aussi disponibles dans des espaces d'accueil ou boutiques, mais aussi distribuées par des associations comme Médecins du monde qui se déplace en bus pour aller au contact des usagers ou encore dans des distribox (automates d'échange de seringues). Enfin, les PES, programmes d'échange de seringues, se développent pour couvrir au mieux le territoire dans le cadre de la politique locale de prévention.

Les traitements de substitution (TSO)

L'utilisation de médicaments opiacés pour traiter la dépendance bouleverse le modèle de soin existant. Mais la méthadone provoque de nombreux débats au sein des intervenants et médecins et peu de place sont ouvertes pour accueillir les demandes de prise en charge dans les établissements proposant des "programmes méthadone". Face au manque de solution, les usagers se rabattent sur des médicaments codéinés (disponibles sans ordonnance) en autosubstitution. En parallèle, quelques médecins généralistes prescrivent des opiacés comme la morphine et le laudanum. Apparait ensuite, en 96, la buprénorphine, qui avec la méthadone sont aujourd'hui les principaux médicaments distribués en substitution.

Les TSO jouent un rôle important dans la rdr car ils permettent de diminuer les risques tout en répondant aux besoins de l'usager. Les objectifs du traitement peuvent être la baisse de l'usage par injection, la diminution ou même l'arrêt complet de la consommation.

Les centres d'accueil

La réduction des risques s'inscrit aussi dans un réseau de structures d'accueil et de prise en charge des usagers de drogues.

Les dispositifs se sont multipliés de façon indépendante pendant plusieurs années, jusqu'en 2003 ou un état des lieux, réalisé par Safe et l'AFR , a révélé les incohérences et lacunes que cela provoquait.

En 2005, un décret approuve le référentiel des actions de réduction des risques et les CAARUD et CSAPA sont clairement définis avec chacun leur rôle et offre de services.

Les CAARUD, centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues ont pour mission :

  • l'accueil, l'information et le conseil personnalisé aux usagers
  • l'aide à l'accès au soins de première nécessité
  • l'aide à l'accès aux droits, au logement et à l'insertion professionnelle
  • la mise à disposition de matériel d'injection
  • l'intervention de proximité
  • le développement d'actions de médiation sociale

Les CSAPA, centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie, issus de la réunion des CSST (centre de soins spécialisés aux toxicomanes) et des CCAA (centre de cure ambulatoire en alcoologie) ont pour mission :

  • L'accueil, l'information, l'évaluation médicale, psychologique et sociale et l'orientation de la personne concernée ou de son entourage.
  • La prise en charge médicale (bilan de santé, sevrage) et psychologique (soutien, psychothérapie individuelle ou familiale, groupes de parole)
  • La prescription et le suivi de traitements médicamenteux, dont les traitements de substitution aux opiacés
  • La prise en charge sociale et éducative, qui comprend l'accès aux droits sociaux et l'aide à l'insertion ou à la réinsertion.
  • L'accueil des jeunes et de leur entourage dans le cadre de Consultations Jeunes Consommateurs pour certain CSAPA.

Source : site Drogues info service