Quelle efficacité pour la réduction des risques

Si les acquis de la réduction des risques sont indéniables, il reste des points à améliorer pour que le succès de ces politiques soit complet.

Les bénéfices de la réduction des risques

Les différents dispositifs de réduction des risques ont permis:

  • Une meilleure prise en charge et un meilleur suivi des usagers ce qui conduit à une amélioration de leur état de santé global, ils ont plus confiance dans les professionnels de santé, vont plus facilement vers le soin.
  • Une baisse des contaminations au VIH: les données épidémiologiques montrent le succès de la réduction des risques et la capacité des usagers de drogues à se protéger du VIH : en France en 1997, les nouvelles contaminations au VIH par voie intraveineuse étaient de 26%, en 2012, elles étaient de 1%.
  • Une diminution des décès par surdose passant de 451 en 1994 à 184 en 1998 (en France) en lien avec la diffusion plus large des traitements de substitution aux opiacés (TSO).

La réduction des risques a permis aux usagers de montrer qu'ils avaient la capacité de protéger leur santé et de modifier leurs comportements lorsqu'on leur en donne les moyens.

Les limites et axes à améliorer

  • Persistance de l'hépatite C : Selon l'étude ANRS Coquelicot 2011, entre 40 et 60 % des usagers de drogues qui fréquentent les dispositifs de RdR sont infectés par le VHC. Le virus est plus résistant et son pouvoir infectant est plus fort que le VIH, il peut être transmis avec le petit matériel de consommation (pour le sniff par exemple).
  • Mésusage des traitements de substitution : Les TSO permettent, entre autres, d'espacer les injections pour diminuer les risques de transmission mais certains usagers l'injecte (il existe ce qu'on appelle l'addiction à l'injection). De manière générale, les traitements de substitution (méthadone ou buprénorphine) peuvent être détournés et consommés comme n'importe quel produit et non sous la forme prévue (injecté ou sniffé plutôt qu'ingéré).
  • Retard dans les dispositifs et les pratiques : la couverture territoriale reste insuffisante pour ce qui est des structures de prise en charge ou de la mise à disposition du matériel de réduction des risques. De plus le matériel a peu évolué contrairement aux pratiques des usagers: les stéribox diffusés n'ont pas changé depuis 1998.
  • Opinion du grand public : Pour certains la réduction des risques est synonyme de laxisme et parfois d'incitation à la consommation. Le cas des salles de consommation à moindre risque reflète bien le débat.

Entre 40 et 60 % des usagers de drogues qui fréquentent les dispositifs de RdR sont infectés par le VHC