Symptômes et évolution : l'histoire naturelle de l'infection à HPV

Dans la grande majorité des cas le papillomavirus est éliminé spontanément par le système immunitaire en quelques mois. Quand il persiste dans l'organisme, il peut devenir responsable, selon le type de virus en cause, de lésions bénignes (condylomes) ou de lésions cancéreuses.

L'infection à HPV inactive ou latente

Le virus est présent au niveau des muqueuses ou de la peau sans symptôme ou lésion visible. Le HPV peut rester "dormant" ou "quiescent" des mois, voire des années, sans développer d'anomalie. Les virus dormants ne se multiplient pas ; l'infection n'est donc pas contagieuse.

Dans la grande majorité des cas, l'immunité induite en réaction à l'infection par le HPV permet de se débarrasser spontanément du virus. Le temps nécessaire à la disparition du HPV est appelé temps de clairance. A un an, le HPV est éliminé trois fois sur quatre. Plus ce temps de clairance augmente, plus le risque que l'infection persiste s'accroît. Or ce temps est plus long chez les femmes porteuses des HPV cancérigènes 16 et 18.

D'autre part, les personnes immunodéprimées éliminent moins facilement le papillomavirus, ce qui explique la sensibilité des personnes vivant avec le VIH aux cancers dus aux HPV (cancer du col de l'utérus chez la femme, cancer de l'anus chez l'homme).

L'infection à HPV persistante et active

L'infection à HPV devient persistante et active lorsque la personne ne développe pas l'immunité nécessaire pour éliminer le virus. Une femme de plus de 30 ans sur dix est concernée.

La persistance du HPV au niveau des muqueuses entraîne des anomalies cellulaires, en particulier dans une zone vulnérable du col utérin, appelée la zone de transformation. Les cellules infectées par le HPV subissent des modifications morphologiques, détectées à l'occasion de prélèvement par frottis.

Ces cellules se regroupent pour former des lésions qui peuvent être reconnues lors d'un examen visuel du col au microscope (colposcopie). Ces lésions apparaissent sous forme de taches que l'on peut biopsier. Ces taches sont appelées dysplasie ou CIN (Cervical intraepithelial neoplasia). Selon le degré de sévérité des modifications cellulaires, on parle de CIN de grade 1, 2 ou 3. Les CIN sont des lésions précancéreuses, associées aux HPV à haut risque, 16 et 18 principalement, qui peuvent devenir cancéreuses.

Certains facteurs favorisent la survenue de cancers comme la multiplication des partenaires sexuels, le tabagisme ou l'état de l'immunité.

Le délai moyen entre l'infection par un HPV à haut risque et la survenue d'un cancer du col est de 20 à 30 ans.

Histoire naturelle de l'infection HPV et du cancer du col de l'utérus

© Crips Ile-de-France, 2015

Les verrues génitales ou condylomes acuminés ou crêtes de coq

Induites par des HPV à bas risque (HPV 6 et 11 dans 90 % des cas), ces verrues sont bénignes et ne cancérisent pas. Elles peuvent se situer sur la vulve chez la femme, sur le pénis et le scrotum chez l'homme, sur le périnée et autour de l'anus dans les deux sexes. Les condylomes peuvent parfois apparaître sur les cuisses ou dans la bouche, sur les gencives.

Le plus souvent, il s'agit d'une maladie indolore dont la découverte est fortuite (lors de la toilette, par un/une partenaire...).

La coexistence de condylomes et de dysplasies est possible. La survenue de verrues génitales est donc considérée comme un signe d'alerte et donne lieu à un suivi médical régulier.