Vaccination contre les papillomavirus

En France, la vaccination contre les papillomavirus concerne les personnes dont le risque de cancer liés aux HPV est élevé :

  • les femmes,
  • les personnes immunodéprimées dont les PvVIH,
  • les HSH.

Prévention des lésions cancéreuses et précancéreuses du col de l’utérus

Jusqu'à la mise à disposition du vaccin, la seule prévention contre le cancer du col utérin lié au HPV était secondaire : prélèvement au niveau du col par frottis cervico-vaginal (FCV) pour le dépistage des lésions précancéreuses.
Actuellement, la prévention comporte deux volets : la vaccination (prévention primaire) prévient l'infection à HPV, responsable de lésions précancéreuses ; le FCV (prévention secondaire) dépiste ces lésions et permet de les traiter donc d'éviter leur cancérisation.

La vaccination des jeunes filles

La vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus humain a été mise en place en France en 2007. En 2013, les nouvelles recommandations vaccinales abaissent de 14 à 11 ans l'âge de cette vaccination.

Deux vaccins anti-HPV sont disponibles :

  • Un vaccin bivalent contre les HPV-16 et 18 (responsables de 70 % des cancers du col),
  • Un vaccin tétravalent contre les HPV-6, 11 (responsables de 90 % des condylomes), 16 et 18.

L'efficacité de la vaccination sur la prévalence des infections à HPV, l'incidence des condylomes et des lésions précancéreuses est démontrée par plusieurs études réalisées dans différents pays avec un recul qui va maintenant jusqu'à 7 ans.
Le cancer du col de l'utérus survient 20 ans après l'infection à HPV en moyenne ; la démonstration de la prévention de ce type de cancer devra donc attendre que les études populationnelles aient un suivi d'une durée équivalente. La vaccination anti-HPV devrait entraîner au cours des années à venir une diminution sensible de l'incidence du cancer du col.

La couverture vaccinale des jeunes filles françaises est non seulement faible mais en diminution (Couverture vaccinale, InVS, 01/02/2016).
Fin décembre 2014 :

  • 17,6 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une dose de vaccin contre 26,3 % en 2010
  • 17,2 % des jeunes filles de 16 ans avaient reçu les trois doses de vaccin contre 28,3 % en 2010

Cette faible couverture vaccinale ne permet pas de bénéficier de l'efficacité constatée dans d'autres pays qui ont une couverture de plus de 80 %. Pour observer un réel bénéfice en termes de santé publique, il faut qu'au moins les deux tiers de la population cible soient vaccinés.

Le dépistage par frottis

Le dépistage par frottis du col utérin permet de rechercher des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus, chez toutes les femmes entre 25 et 65 ans qu'elles aient été vaccinées ou non.

Le frottis est un examen simple et efficace qui permet de diagnostiquer les lésions précancéreuses afin de les traiter avant une éventuelle transformation en cancer. Il est remboursé à 65 %.

La Haute Autorité de santé recommande de réaliser un frottis cervical tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans, après deux frottis consécutifs sans anomalie à un an d'intervalle.

Prévention des cancers liés aux HPV chez les personnes immunodéprimées

Chez les personnes immunodéprimées, donc chez les personnes vivant avec le VIH (PvVIH), la moindre réactivité du système immunitaire rend l’immunogénicité et l’efficacité des vaccins moins bonnes. Ces personnes font donc l’objet de recommandations vaccinales particulières.

Dans son avis de décembre 2014, le HCSP recommande pour la prévention des cancers liés aux papillomavirus chez les personnes immunodéprimées :

  • la vaccination HPV des adolescents, filles et garçons,
  • associée au dépistage régulier des lésions ano-génitales précancéreuses.

Prévention des cancers liés aux HPV chez les HSH

Dans son avis sur la vaccination des garçons contre le papillomavirus de février 2016, l’ HCSP souligne que

  • les HSH [Homme ayant des relations sexuelles avec des hommes] sont exposés à un risque 20 fois plus élevé de cancer anal que les hommes hétérosexuels ;
  • ils ne bénéficient pas de l’immunité croisée que confère aux hommes hétérosexuels la vaccination des filles.

Même si la vaccination universelle des garçons n’est pas pertinente d’un point de vue de santé publique, la protection des jeunes homosexuels est justifiée.

Mais, pour être efficace, cette vaccination doit avoir lieu très précocement après le début de la vie sexuelle, tant que le nombre de partenaires sexuels est faible.

Le HCSP recommande donc :

  • que la vaccination contre le HPV soit proposée aux HSH jusqu’à l’âge de 26 ans, dans les Cegidd et les centres de vaccination ;
  • que des campagnes ciblées relaient cette information.
Pour aller plus loin