La sérophobie peut entraîner des comportements à risque nuisibles à la santé des PvVIH

Afin de se protéger d'éventuels attitudes stigmatisantes et traitements discriminatoires, les PvVIH peuvent vouloir adopter des comportements réflexes de secret et d'isolement, menaçant ainsi leur santé physique et psychique.

Conserver le secret sur sa séropositivité par crainte d'être stigmatisé.e et/ou discriminé.e

Les répondant.e.s à la 5e enquête sur les discriminations à l'encontre des personnes vivant avec le VIH (2012) expriment une "conscience aigüe du risque de discrimination ou de rejet lorsque la séropositivité est révélée".

De même, 72,8% des Francilien.ne.s interrogé.e.s dans le cadre de l'étude Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010, situation en 2010 et 18 ans d'évolution (2011) ont répondu qu'ils.elles étaient "tout à fait ou plutôt d'accord" avec l'opinion proposée "Pour éviter les discriminations, un.e séropositif.ve a raison de garder son diagnostic secret"

Cette crainte d'être stigmatisé.e lorsque l'on est séropositif.ve est partagée par une part importante de la population francilienne.

Le secret peut nuire à la santé physique et mentale des PvVIH

Ce réflexe de protection qu'est le maintien du secret aux proches, à l'entourage, aux collègues, aux partenaires séronégatif.ve.s peut générer des comportements qui mettent en péril la santé des PvVIH et favorisent la propagation du virus :

  • auto-exclusion conduisant à l'isolement social,
  • recours tardif aux soins,
  • moindre adhérence aux traitements (dissimulation du statut aux soignants, de la prise de médicament...),
  • renoncement à la sexualité ou adoption de comportements sexuels à risque par peur d'être rejeté.e.

La stigmatisation et les discriminations en milieu médical entravent l'accès à la santé des PvVIH

Dans la "5e enquête sur les discriminations à l'encontre des personnes vivant avec le VIH" (2012), les déclarations d'attitudes stigmatisantes et discriminantes envers les personnes séropositives pointent principalement le corps médical (médecins généralistes, spécialistes, chirurgien.ne.s, infirmier.ère.s, laboratoires, pharmacies).

A titre d'exemples :

  • des répondant.e.s ont rapporté le fait que certains médecins considèrent la vie sexuelle et reproductive des personnes séropositives comme enterrée,
  • des situations de non-respect de la confidentialité ou du secret médical ont été constatées.