Facteurs et vecteurs de discriminations : les fausses croyances sur le VIH/sida

En 1996, l'arrivée des traitements ARV sur le marché allonge considérablement l'espérance de vie des PvVIH et fait basculer l'infection à VIH dans la chronicité. Néanmoins, la moindre visibilité de l'infection peut, en parallèle, contribuer à amoindrir les connaissances et à nourrir les fausses croyances sur le VIH/sida.

Quelques études permettent de faire le point sur les connaissances et fausses croyances des Français, spécifiquement des Francilien.ne.s.

Des connaissances stables sur les modes de transmission, le préservatif et les traitements antirétroviraux

En population générale francilienne, les connaissances sur les modes de transmission du VIH/sida sont stables

Selon l'étude "Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010 : situation en 2010 et 18 ans d'évolution", 99,4% des répondant.e.s francilien.ne.s savent que le VIH/sida peut se transmettre lors de rapports sexuels sans préservatif ou par usage de drogue par voie injectable.

L'efficacité du préservatif et l'existence de traitements antirétroviraux sont majoritairement bien connues

L'étude observe une stabilité des connaissances sur et croyances en l'efficacité du préservatif et des traitements antirétroviaux.

  • 94% des répondant.e.s pensent que le préservatif reste le moyen le plus efficace pour se protéger du VIH/sida.
  • 71,3% ont entendu parler des traitements antirétroviraux et ces derniers connaissent bien les propriétés des traitements.

Corrélation entre le niveau de diplômes et le niveau de connaissances

Cette même étude constate que, plus le niveau de diplômes des Francilien.ne.s est élevé, plus les modes de transmission du VIH/sida sont connus.
Elle remarque, par exemple, que, depuis 2001, plus le niveau de diplôme est élevé, moins les répondant-e-s ont tendance à croire que le VIH/sida peut se transmettre par une piqûre de moustique.

De fausses croyances sur les modes de transmission persistent

Selon l'étude "Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010 : situation en 2010 et 18 ans d'évolution", en 2010, 40,9% des  répondant.e.s francilien.ne.s pensaient que le sida pouvait se transmettre plus ou aussi facilement que la grippe (donnée néanmoins stable).

En milieu de soins, un manque d'information et de formation des professionnel.le.s de santé

A l'annonce d'une séropositivité, des praticien.ne.s avouent craindre un risque de transmission aux autres patient.e.s.
Cet aveu des personnels soignants révèle ainsi le manque d'information et de formation spécifiques à la prise en charge des patient.e.s séropositifs.ves et à la non-discrimination.

Les jeunes s'estiment bien informé.e.s mais conservent de fausses croyances

Dans les années 80, la "Génération sida", confrontée à la proximité de la maladie, s'était trouvée dans l'urgence de s'informer sur les modes de transmission, les moyens de se protéger et l'avancée des recherches (par des campagnes de prévention, des supports ou réunions d'information). Elle a fait place à une génération qui, n'ayant pas connu le sida mais bénéficiant d'informations dans une approche globale de la sexualité, se dit bien informée sur le VIH/sida tout en formulant de fausses croyances sur les modes de contamination du VIH/sida.

Selon l'étude "Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010 : situation en 2010 et 18 ans d'évolution", pour la première fois, les jeunes, âgés entre 18 et 30 ans en 2010 sont les moins informés des répondants.

  • Ils sont moins nombreux que leurs aînés à considérer le préservatif comme efficace.
  • Ils connaissent également moins que leurs aînés l'existence des traitements antirétroviraux.
  • Ils connaissent moins bien les modes de transmission de la maladie.
    Par exemple, les 18-30 ans sont les plus nombreux parmi les répondants (25,4%) à penser que le VIH/sida peut se transmettre par une piqûre de moustique.

Le sondage sur "Les jeunes et la prévention contre le VIH/sida : suivi barométrique de l'Ifop pour Sidaction" (*), réalisé en février 2016, fournit des indications plus récentes.

  • 82% s’estiment très bien à assez bien informé.e.s sur le VIH/sida
  • 96% croient en l’efficacité du préservatif masculin
  • 94 % en celle du préservatif féminin

Mais, parallèlement à ce niveau élevé d'information, certaines données soulèvent des questions quant au niveau de connaissances liées aux modes de contamination, aux lieux de dépistage et aux traitements.

  • 51 % assimilent le VIH à un virus
  • 58 % pensent être bien infomés.e.s sur les lieux de dépistage
  • 47 % s’estiment au point sur le traitement d’urgence

Par ailleurs, de fausses croyances perdurent au sein de cette tranche d'âge :

  • 30% estiment qu'ils.elles ont moins de risque que les autres d’être contaminé.e par le VIH
  • 24% citent d’emblée deux modes de transmission du VIH
  • 22% pensent qu'il existe des traitements pour guérir du sida
  • 20% croient que le sida peut se transmettre en embrassant une autre personne
  • 15% en s'asseyant sur un siège de toilettes publiques.
  • seuls 9% savent que le sida est un stade avancé de l’infection par le VIH

(*) Sondage Ifop, mené auprès d’un échantillon de 1001 personnes âgées de 15 à 24 ans, du 5 au 12 février 2016.