Les chiffres de l'épidémie de VIH en Ile-de-France

Depuis la fin des années 80, l'Ile-de-France est la région de l’hexagone la plus touchée par le VIH/sida. A côté des données déclarées fournies par le système de surveillance épidémiologiques, une récente étude Inserm-InVS livre des estimations qui apportent un éclairage supplémentaire.

Les données déclarées
Découvertes de séropositivité VIH et cas de sida d'après la surveillance

Découvertes de séropositivité VIH

© Crips Ile-de-France, août 2016

Après une baisse régulière du nombre de découvertes de séropositivité VIH depuis 2003, l’année 2013 est marquée par une légère hausse des chiffres.

  • 2013 en 2007
  • 1854 en 2011
  • 1832 en 2012
  • 1898 en 2013

Les deux départements les plus concernés sont Paris, qui concentre 41 % des découvertes de séropositivité franciliennes en 2013, et la Seine-Saint-Denis (15 %).

Source : base de données VIH de Santé publique France (consultée au 11 août 2016)

Modes de contamination
> Un tiers (623) des personnes qui ont découvert leur séropositivité VIH en 2013 sont des femmes, dont

  • la moitié (313) est originaire d’Afrique subsaharienne,
  • les deux tiers (498) ont été contaminées par voie hétérosexuelle.

> Parmi les hommes (1275) qui ont découvert leur séropositivité VIH en 2013, deux sur cinq (515) ont été contaminés par voie homosexuelle.

> Chez les femmes comme chez les hommes, le mode de contamination reste inconnu dans près d’un cas sur trois.

Age à la découverte de la séropositivité
> Femmes ou hommes, les personnes avaient majoritairement entre 20 et 49 ans (80 % des cas).

> La part relative des découvertes après 50 ans augmente dans les deux sexes :

  • en 2003, elle était de 11 %,
  • en 2013, elle est de 16 %.

Stade clinique
> Un peu plus de 6 % des personnes découvrent leur séropositivité au stade très précoce de la primo-infection.

> Près de la moitié d’entre elles (46 %), la découvre lors de la phase asymptomatique.

> Mais elles sont encore 8 % à la découvrir au stade sida.

Déclarations des cas de sida

Conséquence d’une bonne prise en charge médicale et d’un accès généralisé au traitement antirétroviral lorsque le diagnostic d’infection à VIH est posé suffisamment tôt, le nombre de déclaration de cas de sida diminue régulièrement en Ile-de-France.

  • 369 en 2007
  • 316 en 2011
  • 291 en 2012
  • 256 en 2013

Les données estimées
Les spécificités franciliennes d'après la cartographie régionale de l’épidémie

© Inserm-InVS, juillet 2016

S’appuyant sur le système de surveillance du VIH, une étude récente a permis grâce à une modélisation statistique d’estimer des données nationales et régionales et de construire pour la première fois une cartographie de l’épidémie de VIH en France.
Soutenue par l’ANRS, cette étude a été réalisée par l’Inserm et l’InVS. Ses résultats ont été présentés le 19 juillet 2016 lors de la 21e Conférence internationale sur le sida à Durban.

En Ile-de-France, 3000 nouvelles infections à VIH ont été diagnostiquées en 2013, c’est-à-dire 4 pour 10.000 habitants.

© Inserm-InVS, juillet 2016

Le temps médian entre l’infection et son diagnostic en Ile-de-France est compris entre 3 ans et 3 ans et demi.

Ce retard au diagnostic se traduit par l’existence et le maintien d’une "épidémie cachée", c’est-à-dire d’un nombre de personnes ignorant leur séropositivité.

Sur les 24.800 personnes qui composent l'épidémie cachée en France, 10.300, soit 42 %, vivent en Ile-de-France, c'est-à-dire 9 pour 10.000 habitants.

Cette étude permet également de préciser quelles sont les populations les plus affectées par le VIH dans chaque région française.

En Ile-de-France, l’épidémie est concentrée

  • chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH),
  • chez les personnes hétérosexuelles, femmes et hommes, nées en Afrique subsaharienne.

La production d’estimations au niveau local permet de suivre la progression de l’épidémie, donc d’adapter les réponses aux besoins spécifiques régionaux ainsi qu'aux populations les plus touchées par le VIH.
Elle permet aussi d’évaluer par la suite l’impact de ces réponses sur l’épidémie.