Le virus et le système immunitaire

Le VIH est le seul agent pathogène connu à ce jour qui s'attaque directement au système immunitaire, c'est-à-dire au système de défense de l'organisme. Sa cible principale est un globule blanc, le lymphocyte T CD4 ou T4, qui joue un rôle central dans la réponse immune.

Dans ce cadre, comprendre le fonctionnement du système immunitaire est utile.

Les lymphocytes différencient le « soi » du « non-soi ».

Le système immunitaire est constitué d'un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui différencie le « soi » du « non-soi ». Ce qui est reconnu comme non-soi est détruit. C'est le cas pour les agents pathogènes : virus, bactéries, parasites.

On appelle réponse immunitaire ou immune l'activation des mécanismes du système immunitaire face à la reconnaissance de « non-soi ».

Il comprend trois grands types de cellules

  • les phagocytes qui détruisent les éléments étrangers et les cellules infectées : macrophages, monocytes, cellules dendritiques
  • les granulocytes, globules blancs non spécifiques d'un agent pathogène
  • les lymphocytes, globules blancs spécifiques d'un agent pathogène, qui jouent un rôle majeur dans la réponse immunitaire

On distingue deux sortes de lymphocytes

  • les lymphocytes B
  • les lymphocytes T

Ceux-ci sont eux-mêmes divisés en deux familles, selon qu'ils portent à leur surface la molécule CD4 ou la molécule CD8

  • les lymphocytes T CD4
  • les lymphocytes T CD8

Les lymphocytes T CD4 reconnaissent l'intrus et appellent en renfort les autres lymphocytes. Ils donnent l'ordre

  • aux lymphocytes T CD8 d'aller tuer les cellules infectées par l'intrus
  • aux lymphocytes B de produire des anticorps, ou immunoglobulines, pour neutraliser les intrus

Tous les lymphocytes portent sur leur membrane des récepteurs qui leur permettent de reconnaître un intrus. Un lymphocyte ne possède qu'un seul type de récepteur lui permettant de reconnaître un seul intrus.

Une personne possède plus de cent milliards de lymphocytes différents dont l'ensemble constitue son répertoire immunitaire.

Ces lymphocytes se trouvent dans les organes lymphoïdes primaires (moelle osseuse et thymus) et secondaires (ganglions, rate, tissu lymphoïde associé aux muqueuses). On les trouve aussi dans le sang et, en moindre quantité, dans le sperme ou les sécrétions vaginales.

Le VIH cible différentes cellules du système immunitaire

Le VIH cible les cellules du système immunitaire qui présentent à leur surface la molécule CD4, porte d'entrée du virus.

  • Dans les muqueuses : les cellules dites de Langherans, localisées à la surface des muqueuses, qui sont les premières infectées lors d'une contamination par voie sexuelle
  • Dans le sang : les lymphocytes T CD4 et les monocytes qui, une fois infectés, véhiculent le VIH à d'autres parties de l'organisme, notamment le cerveau
  • Dans les ganglions et la rate : principalement les lymphocytes T CD4
  • Dans la moelle osseuse et le thymus : les cellules précurseurs des lymphocytes T CD4 et d'autres cellules immunitaires
  • Un peu partout dans le corps : les macrophages et les cellules dendritiques

Le VIH se multiplie essentiellement dans les lymphocytes T CD4. Mais il pénètre dans un ensemble de cellules qui constitue un réservoir de virus. Lors de la contamination, le VIH essaime en 24 heures à l'ensemble du tissu lymphoïde. Il s'intègre immédiatement dans le génome de cellules hôtes capables de rester au repos. Le virus est gardé à l'abri des défenses immunitaires tout en conservant ses capacités réplicatives. A tout moment il peut se réveiller, se multiplier et envahir l'organisme. Ainsi, le VIH se conduit comme un véritable « cheval de Troie » du système immunitaire.

Le VIH pénètre dans un ensemble de cellules qui constitue un réservoir de virus. Ce réservoir se constitue très rapidement.

C'est l'une des raisons pour lesquelles il est à l'heure actuelle recommandé de traiter l'infection à VIH le plus tôt possible, dès le dépistage et le diagnostic.

Le nombre des lymphocytes T CD4 est fonction de la quantité de virus

En l'absence de traitement antirétroviral qui bloque la multiplication du VIH, de nouveaux virus sont constamment fabriqués.
Il en résulte une augmentation de la quantité de virus (charge virale) dans le corps.

Plus la quantité de virus est importante, plus le nombre des lymphocytes T CD4 diminue par la conjonction de trois processus

  • lorsque le VIH se multiplie dans les lymphocytes T CD4, ceux-ci sont détruits
  • les lymphocytes T CD4 reçoivent des signaux aberrants qui leur donnent l'ordre d'arrêter de se multiplier ou de se suicider (apoptose)
  • les organes qui fabriquent les lymphocytes T CD4, envahis par le VIH, sont progressivement détruits et cessent de fabriquer de nouveaux lymphocytes T CD4 : la destruction des T4 devient supérieure à la capacité de production

Crips Ile-de-France ©, juin 2014

Lorsque le taux de lymphocytes T CD4 dans le sang circulant baisse au-dessous d'un certain seuil, l'organisme est de plus en mal protégé (immunodépression). Même des agents pathogènes qui, normalement, sont inoffensifs ou contrôlés par le système immunitaire vont pouvoir se multiplier et déclencher des pathologies que l'on appelle les maladies « opportunistes » car elles « profitent » de la baisse des défenses immunitaires pour se déclarer.

Pour aller plus loin

Des dépliants d'information

Qu'est-ce que le système immunitaire ?

Exposition immunologie, virologie et VIH, dépliant n° 3 / F. Barré-Sinoussi, M. Kazatchkine, Crips Ile-de-France. - 2007. - 4 p.

A télécharger sur le site du Crips (pdf, 36Ko)

Quelles sont les cibles du VIH ?

Exposition immunologie, virologie et VIH, dépliant n° 5 / F. Barré-Sinoussi, M. Kazatchkine, Crips Ile-de-France. - 2007. - 4 p.

A télécharger sur le site du Crips (pdf, 35Ko)

Comment agit le système immunitaire face au VIH ?

Exposition immunologie, virologie et VIH, dépliant n° 6 / F. Barré-Sinoussi, M. Kazatchkine, Crips Ile-de-France. - 2007. - 4 p.

A télécharger sur le site du Crips (pdf, 31Ko)