AIDS 2018 : résumé de la journée du 27 juillet

Le compte-rendu de Michel Bourrelly, personnalité engagée contre le VIH/sida, sur la cinquième journée de conférence AIDS 2018.

Table ronde : « Quelles stratégies vers l’atteinte du premier 90 ? »

Session du Président Clinton

Rendez-vous en 2020 à San Francisco !

Dernier jour à Amsterdam, dernier jour de conférence AIDS 2018.

Quels messages retenir de ce vendredi 27 juillet ?

En cette matinée très ensoleillée, une session a été consacrée aux études qui mesurent les différents moyens d’attirer et maintenir dans le soin les personnes vivant avec le VIH. Il apparait bien sûr que la décentralisation, l’accueil communautaire sont autant d’éléments qui permettent aux personnes séropositives d’accéder à de meilleurs soins et donc de bien vivre avec une charge virale indétectable et ainsi de ne risquer aucune transmission. Mais comme le disait lors de la journée précédente David Malebranche de Morehouse School of Médecine, « si dans ton restaurant tu perds des clients, ce n’est pas à eux que tu dois t’en prendre mais à toi, ton menu, ton accueil ». Nous devons agir pour des lieux d’accueil, de soins, d’accompagnement les plus adaptés aux personnes, à leurs besoins, à leur mode de vie.

Le Président Clinton, dans une session spéciale, s’est exprimé avec beaucoup d’émotions sur l’évidente nécessité de continuer cette lutte, notre lutte contre le sida, et a répété de nombreuses fois qu’il n’y avait pas de place pour un Brexit dans la lutte contre le sida. Une bonne façon de rappeler que les états doivent rester solidaires car « le sida n’est pas fini ».

Les quatre points clés de la conférence

Il est très difficile de résumer plus de 5 jours intenses d’échanges, de rencontres, de projets, mais en quelques mots, comme toutes les dernières conférences que nous avons pu vivre, quelques enseignements sont à inscrire dans le marbre :

  • Le traitement, quand il est équilibré et qu’il entraine une charge virale indétectable, entraine une intransmissibilité du virus. C’est ce slogan « U=U » ou « I=I » (indétectable = intransmissible) qui a été le plus vu, le plus répété, qui est le plus utile pour la vie des personnes, mais aussi pour lutter contre la sérophobie.
  • Pour reprendre les mots de Barbara Lee, membre du congrès des USA (Démocrate), « dans le monde entier, si vous n’avez pas la bonne couleur, pas assez de dollars sur votre compte ou le mauvais code postal, vous ne serez pas traité bien par les autres ». Ces mots rappellent l’importance de la lutte pour l’accès aux meilleurs traitements, aux meilleurs accueils des personnes.
  • Toutes les lois qui limitent les libertés des personnes en fonction de leur mode de vie, de leur genre, de leurs statuts sérologiques, de leur orientation sexuelle, nous ramènent inexorablement et inlassablement aux pires moments de la lutte contre le sida, quand il n’y avait ni traitement, ni divers moyens de prévention. Les fonds octroyés pour la lutte contre le sida sont inefficaces si les lois vont à l’encontre de ces libertés.
  • La PrEP bien sûr, et un accès immédiat aux traitements pour celles et ceux qui découvrent leur séropositivité sont aussi des éléments déterminants pour renverser définitivement la courbe des contaminations.

Rendez-vous en 2020... à San Francisco !

Alors, d’ici San Francisco 2020, faisons exploser les murs, construisons d'immenses ponts, pour nous rassembler, pour être plus forts, pour aller plus vite et pour pouvoir un jour dire définitivement adieu à ce virus maudit qui a détruit tant de vies depuis le début des années 80.