Focus sur la vaccination

Malgré l'efficacité prouvée des vaccins, la population française reste méfiante. Etat des lieux.

En 1796, les prémices de la vaccination apparaissent grâce à Edward Jenner qui démontre le principe d’atténuation des germes par passage d’une espèce animale à une autre. Il constate en effet que des personnes étant exposées à des virus présents chez les animaux, ne contractent jamais la maladie liée à ces virus. L'observation portait à l’époque sur la variole.

En 1879, Louis Pasteur crée, contrairement à Jenner, un vaccin atténué. Ainsi, si ses patients étaient exposés à des virus provoquant des maladies bénignes, non mortelles leur système immunitaire pouvait se préparer à une rencontre avec le vrai virus.

Les virus sont constitués de trois grands éléments. Un génome, qui correspond à son identité, une capside, sorte de boîte qui protège le génome, et une enveloppe qui est un manteau qui certains virus possèdent. Les virus n’ayant pas d’enveloppe sont plus fragiles que les autres. Enfin, tous les virus possèdent, sur leurs surfaces, des marqueurs : les antigènes.

Or ces antigènes sont utiles au système immunitaire pour identifier les virus. Les agents du système immunitaire ciblent les antigènes et attaquent le virus. C’est la réaction immunitaire.

Et c’est pourquoi la vaccination est si efficace. En injectant un virus rendu inoffensif, le système immunitaire identifie le virus, enregistre son « identité » et prépare sa réaction. Lorsque ce dernier sera face au « vrai » virus, la défense sera alors plus rapide et plus efficiente.

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), la vaccination permet de sauver 2 à 3 millions de vies par an. Se faire vacciner est aujourd’hui sans conteste le moyen le plus efficace pour lutter contre des maladies infectieuses graves, difficiles à traiter, et à risques de complications.

Malgré l’efficacité prouvée des vaccins la population française reste méfiante. Toutefois, il convient de rappeler que la vaccination est aujourd’hui très bien tolérée et que les cas d’effets secondaires graves restent rares.

L'exemple des vaccins anti-HPV

Parmi tous les vaccins, les vaccinations contre les Human Papillomavirus (HPV) illustrent, malgré elles, les doutes ressentis par la population.

Les papillomavirus sont à l’origine de près de 2 900 cancers du col de l’utérus, de 35 000 lésions précancéreuses du col utérin et de 100 000 verrues génitales par an. Ainsi, ils sont un véritable problème de santé publique.

La couverture vaccinale en France est seulement de 19,1 % tandis que d’autres pays européens ont une couverture supérieure à 80%. Par exemple, les Royaume-Uni, sont à 86% ; la Suède à 80% et le Portugal à 87%.

Les différents HPV n’ont pas tous le même niveau de dangerosité et il convient de prendre la mesure des risques afférents à leurs numéros de classification. Dans 70% des cas, les HPV 16 et 18 sont retrouvés dans les cancers du col utérin. Tandis que dans 90% des cas, les HPV 6 et 11 sont à l’origine des verrues génitales.

Le comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale, avec 10 ans de recul et plus de 270 millions de doses distribuées, considère "la vaccination anti-HPV comme extrêmement sûre."

Voilà plus de deux siècles que la vaccination existe et a fait ses preuves, alors protégeons-nous, et protégeons les autres.