L'adolescence au coeur des addictions

Une étape importante

On considère à juste titre que la période de l’adolescence est une étape importante d’apprentissage. C’est dans ce temps, plus ou moins long, que se forgent les principes de socialisation, d’intégration, les diverses acceptations et les prises de distance vis-à-vis des parents et, plus généralement, du monde des adultes. L’adolescence est donc une phase sensible. C’est un moment fragile pour le jeune qui est plus vulnérable et potentiellement une cible pour toutes démarches plus ou moins agressives. C’est aussi le moment où l’initiation à la consommation de substances psychoactives (autorisées comme l’alcool et le tabac ou illégales comme le cannabis) s’installe. Il y a un point de vigilance à avoir car l’adolescence est une période charnière pour le bon développement du cerveau.  

Depuis des années, la recherche a permis d’établir que le cerveau d’un adolescent est particulièrement sensible à l’environnement au sens général du terme. Cette sensibilité, déjà présente dès la vie intra utérine, est active durant toute cette période de maturation cérébrale. On peut comprendre alors que toute confrontation à des produits qui ont des effets neurotoxiques altère le fonctionnement du cerveau. La science a démontré que les principaux désordres touchent particulièrement les zones permettant la prise de décision, le jugement, la planification…

Des effets reconnus

Les effets neurotoxiques sont sérieux et chez l’adolescent, ils sont plus marqués que chez l’adulte.

Concernant l’alcool par exemple, les effets d’une consommation importante, même ponctuelle, peuvent avoir des conséquences fonctionnelles et morphologiques. Ils affectent la mémoire. À noter que les filles ayant une consommation massive d’alcool ont un risque plus élevé, à âge égal, que les garçons. Enfin, une consommation répétée à l’adolescence favorise la dépendance.

Même signe de dépendance s’agissant de la consommation du tabac. Produit très addictif, il interfère sur l’humeur. Il a aussi été démontré que la nicotine pouvait augmenter les états dépressifs liés à la phase d’adolescence.

Quant au cannabis, son usage entraîne des perturbations cognitives, physiologiques et comportementales souvent identiques aux autres produits. Il a également un effet plus intense sur la déconcentration et la non-motivation, provoquant un déficit d’investissement scolaire ou/et social. 

Une addiction dépend de la combinaison de plusieurs facteurs (les facteurs de risque et les facteurs de protection) selon le contexte de « vie » de l’adolescent. Les principaux étant la vulnérabilité génétique, les évènements de vie stressants ou encore la qualité de l’environnement familial. On comprend alors qu’un cercle familial et amical à l’écoute, avec des relations apaisées, permet le développement des facteurs de protection. Enfin, le risque de conduite addictive d’un adolescent est 2 à 3 fois supérieur si les parents sont eux-mêmes consommateurs. 

La prévention prend alors toute sa place. Les actions centrées sur les stratégies individuelles ou collectives permettent de développer les compétences psychosociales des jeunes pour résister à la pression des pairs, renforcer l’estime de soi, etc. Il est important qu’elles s’inscrivent dans une approche positive indispensable à la promotion de la santé comme le stipule la Charte d’Ottawa.

Enfin, une utilisation optimale de toutes les techniques de prévention implique la sensibilisation et la formation des adultes en charge de ces mêmes jeunes.