Le consentement à l'adolescence

Certaines relations amoureuses d'adolescents sont des situations d'affrontement. Cette réalité, peu connue, implique une prise en charge réelle des acteurs de la santé et de l'entourage. En parler pour mieux prévenir, une nécessité pour des adolescents en quête d'amour.

Un apprentissage relationnel

La violence exercée dans un couple est le signe d'un acte de domination. Il vise à exercer un contrôle, plus ou moins absolu, pour dominer la vie de l'autre. Cet acte n'est pas forcément repérable dans un premier temps. Alors, quand il s'agit d'un couple d'adolescents qui découvre l'intimité, mais aussi la place que l'amour prend dans la construction de la vie, il est nécessaire d'être particulièrement attentif. L'amour est d'abord un apprentissage relationnel qui nécessite respect et attention de l'un et de l'autre.

L'entrée dans la sexualité

La violence décrite dans les couples d'adolescents apparaît souvent à des moments bien identifiés. L'entrée dans la sexualité en est un avec, comme préalable,le consentement partagé.

Selon le Baromètre santé 2016, si une grande majorité des jeunes expriment leur accord au moment de leur premier rapport, 10,7% des femmes disent avoir cédé aux attentes de leur partenaire contre 6,9% des hommes. Chez les 15-17 ans, 8% des jeunes filles ont déjà été confrontées à des rapports forcés ou à des tentatives de rapports imposés contre 1% des garçons. Cette violence sexuelle est factuelle. Elle aura des conséquences en termes de santé et de construction psychologique.

Une prévention à renforcer

Certaines études publiées par Santé publique France permettent d'entrevoir l'installation d'un environnement violent chez ces couples qui sont jeunes, donc fragiles. Il y a clairement un certain nombre d'idées reçues, comme par exemple le rapport à la jalousie. L'adolescent victime de violence semble être détaché de la jalousie.Ce serait "normal". La réalité est autre car la jalousie est un terrain pouvant favoriser des formes de violences diverses. Il semble que la limite soit étroite entre mal-être et suspicion, entre "non-dits" et violence verbale. C'est pourquoi il est essentiel de parler et non de garder pour soi des ressentiments.

Le repérage de la violence, toujours difficile, fait partie de la prévention. La violence est un cycle qui se répète. Les violences dans les couples d'adolescents ont des effets délétères pour la santé des jeunes avec des symptômes précis : anxiété, insomnie, stress, baisse de l'estime de soi, isolement, difficultés scolaires, dépression, idées suicidaires...un faisceau d'indices à prendre très au sérieux.

A cet effet, Santé publique France a lancé une campagne, en 2018, intitulée "Ok pas Ok" sur la question du consentement à destination des adolescents. Elle se compose d'une série de podcasts dans lesquels cinq jeunes témoignent de leur expérience. L'objectif étant de permettre aux adolescents de mieux comprendre les enjeux liés au consentement et de prendre de bonnes décisions.