VHB/VHC : un numéro du BEH consacré aux hépatites chroniques

La France est un pays de faible endémicité pour les hépatites virales chroniques B et C. Leur prévalence est inférieure à 1 % en population générale. Mais ces prévalences sont élevées dans des populations exposées au risque

Celle du VHB voisine les 7 % chez les migrants originaires de pays endémiques en situation de précarité et celle du VHC est de 44 % chez les usagers de drogues. Ces pathologies chroniques posent un problème de santé publique du fait de leur risque d'évolution vers la cirrhose et/ou le carcinome hépatocellulaire (CHC). Une étude de 2001 a estimé à 1 500 le nombre de décès annuels dus au VHB et 3 600 celui des décès dus au VHC.
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie un numéro spécial sur les hépatites virales chroniques B et C, maladies infectieuses à déclaration non obligatoire en France.

Augmentation de la prévalence hospitalière du VHB
Un premier article rend compte d'un travail ayant pour objectif d'estimer la prévalence, la morbidité et la mortalité associées aux hépatites chroniques B et C chez les patients hospitalisés en France et leur évolution entre 2004 et 2011.
Entre ces deux dates, on constate une augmentation de 36 % du nombre de patients hospitalisés avec une hépatite B chronique et une diminution de 16 % du nombre de patients hospitalisés avec une hépatite C chronique. La prévalence hospitalière annuelle de l'hépatite B chronique passe ainsi de 0,09 % en 2004 (7 499 patients) à 0,11 % en 2011 (10 187 patients) et celle de l'hépatite C chronique de 0,45 % en 2004 (37 205 patients) à 0,33 % en 2011 (31 179 patients).
De 2004 à 2011, 4 965 patients avec une hépatite chronique B et 21 164 patients avec une hépatite chronique C sont décédés à l'hôpital ou en hospitalisation à domicile (HAD). Ce qui représente une mortalité globale de 9,1 % pour l'hépatite chronique B et 13,1 % pour l'hépatite chronique C.

Vaccination de l'entourage des porteurs de VHB
Le second article est consacré à la prise en charge de l'hépatite B chronique en France entre 2008 et 2011, l'Institut de veille sanitaire (InVS) ayant mis en place un système national de surveillance des patients nouvellement pris en charge dans les services d'hépatologie. L'étude montre que plus de la moitié de ces patients sont pris en charge dans les deux ans qui suivent le diagnostic. Mais cette prise en charge, précoce chez les personnes nées dans une zone d'endémie élevée pour le VHB, reste tardive chez les personnes nées en France métropolitaine.
Les auteurs soulignent "un besoin d'information sur l'hépatite B". Ils pointent l'importance d'un dépistage précoce, afin de permettre une prise en charge rapide des personnes et un suivi régulier de la progression de la maladie. Ils rappellent que la vaccination anti-VHB doit être systématiquement proposée à l'entourage non infecté des personnes porteuses d'une hépatite chronique B.

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