Vaccination HPV
le programme québécois évalué

Une étude de l’INSPQ évalue à court terme le programme de vaccination des filles contre le HPV et montre que le vaccin est efficace.

Le programme de vaccination contre le papillomavirus humain ou HPV a été mis en place au Québec en 2008. Il concerne les filles de 9 à 17 ans.
Le vaccin utilisé est un vaccin quadrivalent contre deux génotypes oncogènes, les HPV-16 et 18, responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus, et contre deux génotypes non oncogènes, les HPV-6 et 11, responsables de 90 % des condylomes ou verrues génitales.

Le délai moyen entre l'infection par un HPV à haut risque et la survenue d'un cancer du col est de 20 à 30 ans. L’impact de la vaccination contre le HPV sur l’incidence du cancer du col de l’utérus ne pourra pas être observé avant plusieurs années. Mais la mesure périodique de la prévalence des infections génitales à papillomavirus est reconnue comme un moyen d’évaluer l’impact à court terme du programme de vaccination.

Prévalence des HPV de génotypes 6, 11, 16 et 18 chez les jeunes filles

L’étude PIXEL sur la santé sexuelle a été menée en 2013 et 2014 auprès de plus de 3 500 jeunes adultes de 17 à 29 ans. Elle combinait un recueil

  • de données par questionnaire,
  • de prélèvements biologiques à des fins de détection de certaines IST (Infection sexuellement transmissible) :
    >> vaginaux chez les femmes,
    >> oraux chez les femmes et les hommes.

L’analyse des données consacrées au HPV montre que :
Parmi les jeunes femmes, sont vaccinées contre le HPV :

  • 19,1 % des 23-29 ans,
  • 65,7 % des 20-22 ans,
  • 83,5 % des 17-19 ans.

Le taux de prévalence de HPV de génotype 6, 11, 16 et 18 pour les jeunes filles de 17 à 19 ans est de :

  • 8,2 % chez les non vaccinées,
  • 0,3 % chez les vaccinées.

Le nombre de partenaires sexuels est l’un des principaux déterminants du risque d’infection par le HPV. Mais, chez les jeunes femmes vaccinées de 17 à 19 ans, dont la grande majorité n’étaient pas actives sexuellement avant la vaccination, les génotypes vaccinaux sont devenus très rares quel que soit le nombre de partenaires sexuels qu’elles ont eu.

Une immunité croisée qui protège en partie les garçons

La prévalence des infections orales par le HPV est beaucoup moins élevée que celle des infections génitales.
Chez les 17-29 ans, cette prévalence est doublée chez les hommes :

  • 1,4 % chez les femmes,
  • 2,9 % chez les hommes.

Mais, si l’on restreint l’analyse au groupe des 17-19 ans, la prévalence de l’infection orale à HPV chez les hommes est la même que chez les femmes. Etant donné que seules les filles sont vaccinées, ces chiffres "soutiennent l’hypothèse du phénomène d’immunité de groupe".
D’autres études, en particulier australiennes, ont montré que la vaccination des jeunes filles contre le HPV protège en partie les garçons.

Etant donné que la prévalence des HPV est directement corrélée à celle des cancers du col de l’utérus, les résultats de l’étude PIXEL sont très encourageants.

Mais ils ont été obtenus avec une couverture vaccinale des 17-19 ans de plus de 83 %. Pour rappel, en 2014, seules 17,2 % des jeunes Françaises de 16 ans avaient reçu une vaccination complète (trois doses).

Inciter à la vaccination contre le HPV afin de protéger les jeunes filles des cancers associés aux papillomavirus est donc un enjeu important de la prévention.