Le 1er décembre, Journée mondiale du sida : la prévention où en est-on ?

En 1988, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a choisi le 1er décembre comme Journée mondiale de lutte contre le sida. Si la lutte contre le VIH/sida doit se mener chaque jour, en cette date particulière, plus que jamais nous devons toutes et tous être mobilisés. Une occasion pour le Crips Île-de-France de revenir sur des points essentiels de la prévention au VIH.

De l'importance de la prévention diversifiée

La prévention a notablement évolué ces dernières années à tel point que la notion de « prévention diversifiée » s’est imposée aujourd’hui. Nous disposons en effet de plusieurs outils efficaces qui permettent de se protéger et de protéger les autres du VIH. Cette prévention diversifiée permet de s’adapter à ses envies et à une pluralité de situations. Ainsi chaque outil voire plusieurs en même temps, peuvent être adoptés. Quels sont-ils ?

Le dépistage du VIH

Le dépistage du VIH est un élément essentiel. En effet, se faire dépister régulièrement pour connaître son statut sérologique permet d’adapter sa prévention. À titre individuel, il permet l’accès aux soins et au traitement antirétroviral, c’est-à-dire à une meilleure qualité de vie. Au niveau collectif, il limite la propagation de l’épidémie par l’action des traitements sur la transmission du VIH.

On peut se dépister :

-En laboratoire (N.B : une nouvelle offre de dépistage du VIH sans frais et sans ordonnance est disponible à Paris et dans les Alpes Maritimes jusqu’au 30 juin 2020 dans tous les laboratoires d'analyses médicales https://www.paris.fr/pages/vih-test-ensemble-mettons-fin-a-l-epidemie-du-vih-6955) ;

-Dans un CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) ;

-Via un dépistage rapide ou TROD, permettant d’obtenir un résultat rapide et fiable en 30 minutes maximum. Anonyme et confidentiel, il se réalise dans un CeGIDD ou dans une association ;

-Via un autotest. Disponible en pharmacie, il permet de réaliser chez soi un test rapide d’orientation diagnostique de l’infection du VIH.

Il est recommandé de faire dépister : 

-> Tous les trois mois chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ;

-> Tous les ans chez les usagers de dro­gues injectables ;

-> Tous les ans chez les personnes origi­naires de zones de forte prévalence de l’infection à VIH, notamment d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes. »

Les préservatifs

Le préservatif reste le moyen le plus facile d’accès pour se protéger du VIH et des autres IST.

Le préservatif externe (dit masculin), existe en différentes formes et tailles, ou encore matières. Certains sont remboursés par la Sécurité sociale. Pour plus de sensations, de confort et de sécurité, il est recommandé d'utiliser du gel lubrifiant à base d’eau ou de silicone (et non à base d’huile qui altère le latex) avec le préservatif.

Le préservatif interne (dit féminin) formé d’une gaine souple et large en polyuréthane, contient un anneau souple à chaque extrémité et s’introduit dans le vagin ou l’anus pour en tapisser les parois. Ils peuvent être insérés plusieurs heures avant l’acte sexuel si besoin.

La PrEP (prophylaxie pré-exposition)

Il s’agit d’un traitement antirétroviral à commencer avant l’exposition au VIH et destiné aux personnes séronégatives fortement exposées au VIH. Remboursée à 100% par la Sécurité sociale, elle est prescrite dans les services hospitaliers en charge du VIH et dans les centres de dépistage (CeGIDD). Elle nécessite un suivi régulier en consultation (tous les 3 mois) et des bilans biologiques pour surveiller la tolérance au traitement. La PrEP ne protège pas des autres infections transmissibles (IST). Un dépistage régulier de celles-ci est donc également nécessaire.

Le TPE ( Traitement Post-Exposition)

On le nomme aussi « Traitement d’urgence » et peut être proposé en cas d’exposition au VIH. La prise d’un traitement antirétroviral - une combinaison de trois molécules antirétrovirales ou trithérapie -, dans les heures qui suivent une prise de risque (maximum 48H) et en le poursuivant pendant un mois, empêche une personne séronégative d’être contaminée. Gratuit, le TPE est disponible dans tous les services d’urgences des hôpitaux.

La réduction des risques chez les consommateurs de produits psychoactifs

En cas d’utilisation de produits psychoactifs, il convient d’utiliser du matériel d’injection stérile ainsi que tous les autres outils de prévention du VIH.

Le traitement comme outil de prévention

Une personne séropositive sous traitement et en charge virale indétectable ne transmet pas le virus du sida. En effet, les médicaments antirétroviraux rendent le virus indétectable dans le sang et les liquides sexuels des personnes touchées. Le virus devient de fait intransmissible. C’est résumé dans la formule « I=I » ou « Indétectable = Intransmissible ».