Les jeunes et le VIH/sida : "Du chemin à faire"

Connaissances et méconnaissances

Les faits sont têtus : 23% des jeunes de 15 à 24 ans affirment, dans un sondage réalisé par l’institut Ifop-Bilendi pour l’association Sidaction, avoir un manque d’information sur le VIH/sida. Ce chiffre en hausse de 12 points par rapport à 2009 illustre, à lui seul, la difficulté pour les acteurs concernés de faire passer les messages adaptés d’une part, et d’autre part de contrecarrer certaines idées bien implantées. Ce pourcentage, identique d’ailleurs pour les personnes de 50 ans et plus, s’explique par plusieurs croisements relevés par l’étude.

Le premier axe est le non-accès à l’information. 2I% des jeunes interrogés (plus 8 points par rapport à 2009) indiquent n’avoir pas reçu d’enseignement spécifique sur le VIH durant leur scolarité au collège et au lycée. 73%, chiffre en hausse de 10 points par rapport à 2018, précisent que l’Éducation nationale n’en « ferait pas suffisamment » en matière d’information sur ce thème. À noter, et c’est plus encourageant, que 57% des sondés précisent que les associations de lutte contre le sida communiquent « convenablement ».

Le second axe est non seulement la prégnance de certaines opinions, mais leurs variations. L’étude relève ainsi que pour 28% des jeunes, le VIH peut être transmis en ayant des rapports sexuels protégés avec une personne séropositive. 23% considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida. Ils étaient 13%, dix années auparavant. Autre idée exprimée : 14% de ces jeunes pensent que la pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission du virus. Il apparaît enfin que 31% des jeunes interrogés considèrent avoir moins de risques de contamination que les autres. Ce chiffre, en hausse de 9 points par rapport à 2009, est à mettre en corollaire à celui de 8% des jeunes de moins de 25 ans admettant avoir été exposés au moins une fois à un risque lié au virus. Ils étaient 14% en 2018. Enfin, si 94% des jeunes indiquent que le préservatif est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida (moins 4 points depuis 4 ans), la moitié des 15-17 ans déclarent ne pas en avoir utilisé car « ils n’en avaient pas à disposition ».

Une évidence transparaît à la lecture de cette étude : le manque d’informations provoque et renforce les craintes. Florence Thune, directrice générale de Sidaction, estime que la communication doit être mieux adaptée et qu’elle ne doit pas uniquement reposer sur les associations. Elle explique : « Il faut des informations plus personnalisées et contextualisées. Notre discours doit être renouvelé en mettant, par exemple, davantage en valeur les innovations liées au dépistage et à la prévention ».

Néanmoins, des éclaircies apparaissent. Globalement les idées reçues, en hausse constante les trois dernières années, semblent marquer le pas. L’image du préservatif apparaît positive. Le besoin d’information est réel.

« Le VIH ne doit pas être oublié et invisible dans la sphère publique » ponctue Florence Thune.

Il reste donc du chemin à faire.