Les données du VIH en Île-de-France

En 2018, en Île-de-France, près de 2.500 personnes ont découvert leur séropositivité, soit 40% de l’ensemble des découvertes de séropositivité en France.

Une diminution du taux de découvertes de séropositivité au VIH

Nouvelle encourageante : le taux de découvertes de séropositivité au VIH a diminué de 15% entre 2013 à 2018. La baisse est constatée chez les hétérosexuels nés en France ou à l’étranger, et chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes nés en France. En revanche, ce taux augmente chez les HSH nés à l’étranger. Au niveau départemental, on note une forte baisse à Paris, en Essonne, dans le Val de Marne et une forte augmentation en Seine-et-Marne.

Que ce soit en région francilienne ou en France, le retard au dépistage demeure un problème majeur : 28% de l’ensemble des découvertes de séropositivité le sont à un stade tardif.

Des dispositifs de prévention et de dépistage à améliorer

Alors, qu’est-ce qui pourrait être amélioré pour permettre de mettre le dépistage à hauteur mais aussi plus largement pour mieux répondre à la nécessaire meilleure appropriation des outils de prévention diversifiée ?

Quant au dépistage, plusieurs avancées seraient à même de renforcer l’accès des populations clés aux dispositifs :

-Autoriser la délivrance d’autotests par une diversité plus importantes de personnes comme les médecins généralistes ou les infirmières scolaires ;

-Autoriser le pharmacien de mettre l’autotest en avant – aujourd’hui, il faut le demander au comptoir, ce qui peut freiner certaines personnes ;

-Généraliser le dispositif « Labo sans ordo », dispositif donnant l’accès aux tests VIH sans frais, sans ordonnance et sans rendez-vous dans les laboratoires de biologie médicale, à Paris et dans les Alpes-Maritimes ;

-Mettre en place plus rapidement des avancées de dispositifs innovants tels que la notification aux partenaires, la téléconsultation, l’offre dématérialisée de dépistage du VIH par auto-prélèvements.

Egalement, la mise sous PrEP doit pouvoir être organisée de manière plus rapide, les consultations PrEP étant surchargées, notamment sur Paris. L’autorisation pour les généralistes d’initier une PrEP serait à même de fluidifier le circuit d’accès effectif à la PrEP pour les personnes demandeuses.

Le traitement post-exposition ou TPE doit être plus accessible : certes, il est gratuit et disponible dans toutes les urgences des hôpitaux mais le temps d’attente peut être dissuasif. Il conviendrait d’autoriser la dispensation du TPE en pharmacies, au moins dans les premiers jours, les pharmacies de garde étant un maillage de proximité très efficient.

Lutter contre les discriminations

La politique de prévention et de promotion du dépistage ne pourra trouver sa pleine et entière efficacité qu’à la condition d’une mise en place d’une politique forte de lutte contre les discriminations. Et il y a beaucoup de travail sur ce volet. A titre d’exemple : selon une enquête de AIDES de 2017, plus d’un parent sur cinq se sentiraient « mal à l’aise » si l’un des enseignants de leur enfant était séropositif (33% chez les moins de 35 ans). Ce sont 16% des répondants en activité qui se sentiraient « mal à l’aise » à l’idée d’avoir un collègue de travail séropositif (30% chez les 18-24 ans). 10% se disent gênés à l’idée de « fré­quenter le même cabinet médical qu’une personne séropositive » (15% chez les 18- 24 ans). Quelle est la première raison évoquée pour ces discriminations ? La peur de la contamination. Alors plus que jamais une politique forte d’information est indispensable.

Le message du « I=I » doit être promu : une personne séropositive sous traitement et en charge virale indétectable ne transmet pas le virus du sida. En effet, les médicaments antirétroviraux rendent le virus indétectable dans le sang et les liquides sexuels des personnes touchées, Le virus devient de fait intransmissible

Lutter contre les discriminations, c’est aussi permettre aux personnes vivant avec le VIH de vivre comme n’importe qui. Ainsi, il faut souligner l’annonce de la mise en place par la région Île-de-France d’un système régional complémentaire au dispositif AERAS qui prendra en charge les surprimes d’assurance. Une très belle avancée pour les personnes vivant avec le VIH.