Journée internationale des femmes et des filles de sciences

Portrait d'Esther Duflo, prix Nobel d'économie en 2019.

A l'occasion de la journée internationale des femmes et des filles de sciences, il nous paraît important, au Crips Île-de-France, de valoriser les parcours de femmes et de lutter contre les stéréotypes de genre qui participent à leur autocensure et nuisent au développement des sciences. Parce qu'à l'heure actuelle, moins de 30% des chercheurs sont des femmes, nous avons choisi, pour célébrer cette journée, de participer à la visibilisation des femmes au travers du portrait de l'une d'entre elles : Esther Duflo.

En 2019, Esther Duflo est la "plus jeune" et la deuxième femme à recevoir le prix Nobel d'économie pour ses travaux remarquables sur la lutte contre la pauvreté. La première chaire internationale de "Savoirs contre pauvreté" au Collège de France s'attaque aux préjugés sur la pauvreté grâce à une approche scientifique associant des observations sur le terrain, des collectes de vraies données et des conclusions nous permettant d'identifier les "pièges de pauvreté". Concrètement, Esther Duflo nous propose une réflexion sur les leviers à enclencher pour lutter contre la pauvreté efficacement dans le cadre d'une intervention importante et limitée dans le temps.

En 2018, déjà, Esther Duflo intervient au Social Club dans le cadre du festival Solidays et remarque un parallèle intéressant entre la lutte contre le VIH/sida et la lutte contre la pauvreté. Il n'existe pas une solution miracle pour l'objectif 1, "Eradiquer la pauvreté", comme pour l'objectif 3, "Bonne Santé et Bien-être", des Objectifs du Développement Durable de l'ONU, mais une multitude d'actions politiques, sociales et médicales possibles pour atteindre les objectifs d'ici 2030, si l'on se donne les moyens de les réaliser.

Une sous-représentation des femmes dans les carrières scientifiques

Esther Duflo est économiste et, comme l'ont démontré plusieurs études, les femmes sont largement sous-représentées dans la profession.

Une piste d'explication de cette sous-représentation des femmes dans l'économie, et plus largement dans les milieux scientifiques, vient des stéréotypes de genre que véhicule la société au travers de nombreux supports, dont des supports à vocation éducative. Le Centre Hubertine Auclert a publié, en 2015, un rapport sur l'égalité femmes/hommes dans les manuels scolaires. En 2015, 96,6% des personnages exerçant des métiers scientifiques dans les manuels de CP étaient des hommes.

L'impact de la représentation genrée dans les manuels à vocation éducative n'est pourtant pas le seul facteur qui expliquerait l'écart entre les femmes et les hommes dans les milieux scientifiques. En effet, les femmes sont surreprésentées dans les parcours d'études supérieures, et la parité est quasiment atteinte en doctorant. Pourtant, la tendance s'inverse sur les postes de professeurs des universités.

Comme l'évoque Esther Duflo, pour la lutte contre la pauvreté il existe de nombreux leviers d'actions afin de faire évoluer la condition des êtres humains. L'égalité femmes/hommes ne fait pas exception. Nous devons nous donner les moyens de lutter contre les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge, tout en faisant évoluer la situation des femmes déjà présentes sur le marché du travail afin de leur assurer une réelle égalité des chances.

Pour aller plus loin :