Agir contre le stress chez les enfants et les adolescents

Le stress touche de plus en plus de jeunes et d'adolescents, et est un signe important de souffrance psychologique à prendre très au sérieux. La prévention est un élément positif essentiel.

Mal-être, stress, "burn-out"...autant de termes largement connus couvrant une souffrance psychologique très répandue. Le stress est en effet l'un des fléaux les plus décrits par la médecine générale. Il touche l'ensemble des couches de la population, tout âge, tout métier, toute situation familiale confondus. Les enfants et les adolescents n'en sont pas épargnés, au contraire. Selon une consultation nationale effectuée pour le compte de l'Unicef en septembre 2014, plus d'un tiers des 6-18 ans vivent des symptômes laissant suspecter des problèmes d'ordre psychologique. Ils sont très souvent diagnostiqués au travers de conséquences physiologiques marquées comme l'angoisse ou la colère, comme la tristesse, la peur d'entreprendre et le repli sur soi.

Ces attitudes s'expliquent scientifiquement par la conjonction d'une forte sécrétion de deux hormones fondamentales pour l'équilibre physiologique de l'organisme : l'adrénaline et le cortisol. La première est responsable de la mise en mouvement, elle impulse l'énergie nécessaire à l'action. La seconde calme en temps normal, mais si elle est sécrétée en excès, elle devient "l'hormone du stress". Et quand le stress agit, quand des éléments extérieurs embrouillent les métabolismes physiologiques, les effets apparaissent : trop d'adrénaline provoquera la peur, l'angoisse et l'hyper-vigilance, tandis qu'un surplus de cortisol entraînera la tristesse, l'insécurité et l'inhibition.

Des conséquences multiples

Pourquoi les enfants et adolescents sont-ils plus sensibles au stress ? On connaît la chaîne du stress, du parent angoissé pour de multiples raisons qui communique son mal-être à l'enfant. L'inverse est aussi vérifié. Toute manifestation extérieure aura des conséquences, qu'elle vienne de la sphère familiale, de l'école, du travail. Chacun manifestera sa réactivité. L'enfant ou l'adolescent sera plus captif à cet environnement qui est toujours difficile à cerner.Dans ce constat général, le fait que de plus en plus de jeunes et adolescents manifestent des troubles importants de stress est également une interrogation. Là encore, une multitude de facteurs intervient. Certains sont majeurs et vécus dans la petite enfance, mais beaucoup sont dépendants des modes de vie, des exigences voulues ou souhaitées, des performances attendues ou imposées. On parle du stress du quotidien, des enjeux de la réussite, des effets du comparatif à l'autre. Les conséquences sont multiples et jouer sur le comportement ou les émotions. Elles peuvent aussi être pathologiques et entraîner des troubles du sommeil, des modifications immunitaires ou encore la dépression.

Une attitude positive

La prévention est au coeur de la prise en compte du stress. Elle rime avec écoute, attention et bienveillance. Le jeu, l'organisation du quotidien sont aussi indispensables que le regard attentif et le repérage de difficultés possibles. Le câlin comme la psychologie positive, c'est-à-dire l'usage de l'affirmatif au lieu de la négation - "tu vas bientôt y arriver" plutôt que "tu n'y arrives pas encore" - sont autant d'accompagnements bénéfiques pour le jeune. Il en est de même pour l'usage du compliment. Il existe aussi d'autres méthodes qui sont plus adaptées à la gestion du stress comme la sophrologie ou la méditation. De nombreux documents existent et apportent des éléments adaptés à toutes les situations, comme l'école par exemple.

Pour conclure, deux mots-clés sont à retenir pour prévenir les méfaits du stress chez les jeunes : l'écoute bienveillante et le dialogue.