Réponses pour elles : questions de santé sexuelle

Un outil pour renforcer la prévention en direction des femmes originaires d’Afrique subsaharienne

"Réponses pour elles"

L’objectif ? Accroître l’autonomie, les capacités et le pouvoir d’agir des femmes originaires d’Afrique subsaharienne en renforçant les comportements favorables à la santé sexuelle, les connaissances en matière de droits et la capacité d’agir grâce à l’identification de lieux et de personnes ressources.

Voir l'outil (3.1Mo)

Le nombre de découvertes de séropositivité chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger ne baisse pas

Après plusieurs années de stabilité, nous avons pu constater une baisse de 6% du nombre total de découvertes de séropositivité entre 2017 et 2018. Globalement, de 2013 à 2018, le nombre de découvertes de séropositivité a diminué de façon significative chez les personnes nées en France, aussi bien chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) que chez les hommes et femmes contaminés par rapports hétérosexuels. La diminution concerne également les hommes hétérosexuels nés à l’étranger. Mais sur la même période, le nombre de découvertes de séropositivité est resté stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger.

Il est donc nécessaire de faire un focus en matière de prévention en santé sexuelle en direction des femmes nées à l’étranger, notamment d’Afrique sub-saharienne.

Le nécessaire renforcement de l’accès au dépistage et à la PrEP pour les femmes originaires d’Afrique sub-saharienne

Selon le Baromètre de Santé publique France, 9 répondants sur 10 estiment que toute personne devrait être testée pour le VIH au moins une fois dans sa vie. En pratique, plus de la moitié des hommes et près d’un tiers des femmes n’ont jamais réalisé de test. Si l’on regarde plus en détails les choses, la réalité est très préoccupante pour les populations clés sur lesquelles un focus fort est fait sur le dépistage : 20% des personnes nées en Afrique subsaharienne et 20% des HSH n’ont jamais été testés pour le VIH au cours de la vie.

Il y a donc une nécessité de travailler sur la demande de dépistage de la part des femmes nées d’Afrique sub-saharienne.

Aujourd’hui, les personnes utilisatrices de la PrEP sont pour 98% d’entre elles HSH. Seuls 7,5% sont nés à l’étranger (chiffres ANSM)

Il y a donc une nécessité à travailler pour implémenter la PrEP au sein d’autres publics exposées comme les femmes nées d’Afrique sub-saharienne.

L’impact de la précarité sur la vulnérabilité au VIH 

Selon l'enquête Parcours, les personnes originaires d'Afrique subsaharienne vivant avec le VIH ont été, pour beaucoup, infectées après leur arrivée en France (entre 35 et 49 %).

  • Les violences sexuelles subies en France sont 4 fois plus fréquentes chez les femmes qui ont contracté le VIH après la migration.
  • L’insécurité administrative vis-à-vis du séjour (pas de titre de séjour établi ou de très courte durée), l’instabilité du logement (avoir à changer souvent de logement) et la situation d’hébergement par des proches, exposent aux violences sexuelles de façon directe (quel que soit le type de relations) et indirecte (lorsque la précarité s’accompagne de relations multiples, occasionnelles, parfois transactionnelles.

Il est donc nécessaire de travailler plus largement la question des droits et l’accès aux droits et aux soins pour les femmes nées en Afrique subsaharienne dans une approche globale mêlant santé sexuelle et accès aux droits.

Santé sexuelle des femmes d'origine subsaharienne : quels enjeux ? Interview de Rose NGUEKENG, conseillère en santé sexuelle et droits humains à l'association IKAMBERE.

Composition de l’outil 

L’outil est constitué de :

  • 8 cartes postales sur le thème des droits et de la santé sexuelle des femmes qui mettent en avant un message illustré par une saynète, précisé par des messages complémentaires au verso.
  • 1 carte postale rassemblant des informations sur les structures ressources
  • 1 présentoir

Les cartes ont été conçues pour tenir compte des codes culturels du public visé (la perception du corps, de la sexualité, des rapports de genre), du niveau de connaissance, de lecture et de leurs pratiques.

Télécharger les cartes postales (3.1Mo)

Sophie Rigot, chargée de projets au Crips, présente l'outil.

L’accompagnement des structures 

Le totem est conçu comme un support d’échange avec les pairs. Le passage de relai de l’outil est pris en charge par le Crips ou par Ikambere et par les associations formées par l’une de ces structures. Le totem n’est jamais diffusé sans formation préalable des partenaires intervenants.

A l’issue des actions de sensibilisation d’Ikambere et du Crips, et en fonction des stocks, « Réponses pour elles, questions de santé sexuelle » est distribué dans de petites trousses de toilette. Les trousses, qui appartiennent à l’univers de l’intime et de la santé, contiennent donc les cartes mais aussi des produits ou échantillons gratuits en lien avec la santé sexuelle (préservatifs masculins / externes, préservatifs féminins / internes, gel, serviettes hygiéniques…).