CRIPS ÎLE-DE-FRANCE

Adolescence et sexualité

La sexualité à l'adolescence est une question cruciale qui bouleverse à la fois les adolescents et les adultes qui les entourent, car elle révèle le passage de l'enfance à l'âge adulte. Elle revêt des dimensions à la fois physiologiques, psychologiques et relationnelles.
D'un point de vue sanitaire, elle peut être source de bien-être mais également de risques.
Pour toutes ces raisons elle est délicate à aborder : ce dossier propose un point sur la question.

Une question complexe et multidimensionnelle

Après une période de latence, la sexualité s'éveille à l’adolescence. Elle est souvent difficile à appréhender par les adultes, car elle les renvoie à leur propre sexualité d'une part, et relève à la fois de la sphère intime et sociale d'autre part.

De plus, la sexualité est complexe et revêt différentes dimensions :

  • Biologique (changements du corps liés à la puberté).
  • Psychologique.
  • Relationnelle et sociale (impact de la famille, de l'éducation, du milieu socioculturel, des normes sociales, des médias, du groupe de pairs).

Toutes ces dimensions sont à prendre en considération lorsque l'on veut aborder la sexualité avec les jeunes.

Prévention ou éducation sexuelle : quelle différence ?

L'information sexuelle auprès des jeunes s'est développée avec l'arrivée du VIH/sida et le besoin de prévenir les risques liés à cette infection, alors mortelle. L'approche était centrée sur la connaissance des risques (les modes de transmission du VIH, des IST ; les grossesses non désirées) et les moyens de s'en protéger (promotion de l'usage du préservatif et des moyens de contraception).

Une approche globale s'est développée, ces dernières années, se basant sur les principes d'éducation pour la santé et la notion de santé sexuelle.

Santé sexuelle : « état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en rapport avec la sexualité » (définition de l'OMS).

Au lieu de focaliser sur les risques, cette approche est positive. Elle permet de travailler sur les dimensions affectives de la sexualité, les compétences relationnelles, l'estime de soi et les questions de genre (l'orientation sexuelle, le respect dans les relations et l'égalité des sexes), pour donner à chaque individu les moyens de vivre une sexualité épanouie et responsable.

Schéma de l'éducation à la sexualité

L’éducation à la sexualité en milieu scolaire repose sur une approche globale positive et bienveillante basée sur trois piliers :
- biologique : connaissance du corps, reproduction, IST, contraception,
- psychoaffectif : estime de soi, relations aux autres, orientation et identité sexuelles,
- social : rôles sexués, stéréotypes, développement de l’esprit critique, consentement.

Circulaire du 13 septembre 2018 sur l'éducation à la sexualité.

Schéma de l'éducation à la sexualité

Santé sexuelle des jeunes

En France, l’âge médian du premier rapport sexuel s’est stabilisé au cours de cette dernière décennie : 17, 6 ans pour les filles ; 17 ans pour les garçons. Ces premiers rapports sexuels sont protégés dans la majorité des cas avec une utilisation du préservatif de l’ordre de 85 %. Une femme sur trois déclare avoir utilisé un moyen de contraception (pilule) au moment de ce premier rapport sexuel.

Les premiers rapports sexuels sont avant tout hétérosexuels. Seuls 1 % des femmes et 3,2 % des hommes déclarent s’être initiés avec un partenaire de même sexe. (Baromètre santé 2016, Santé publique France

  • La contraception

    Ce sont 91,2 % des femmes de 15 à 29 ans qui déclarent utiliser un moyen de contraception (6,7 % déclarent n’en utiliser aucun).
    La pilule est le moyen le plus utilisé : 44 % chez les femmes de 15 à 19 ans. À partir de 25 ans, d’autres méthodes prennent le relais, notamment le DIU.
    Le préservatif masculin comme contraceptif est surtout utilisé chez les moins de 20 ans (29,6 %) (Baromètre Santé, 2016, Santé publique France).

    En savoir plus : décryptage contraception

  • Les grossesses non prévues

    Ce sont 12,0 % des Franciliennes de 15 à 49 ans concernées par la contraception qui déclaraient (en 2016) avoir eu une grossesse non prévue au cours des cinq dernières années.
    On identifie six facteurs de risque de grossesse non prévue en Île- de- France : un jeune âge (20-29 ans), le fait d’avoir au moins un enfant, avoir renoncé à des soins pour motif financier au cours des douze derniers mois, ne pas disposer d’une couverture maladie complémentaire, avoir déjà eu des rapports sexuels avec des femmes et avoir eu plus de trois partenaires sexuels masculins.
    La majorité des Franciliennes utilisaient une méthode contraceptive le mois précédant une grossesse non prévue. ORS Ile-de-France, 2019,
    Grossesses non-prévues en Ile-de-France

  • Interruption volontaire de grossesse

    En 2017, un peu plus de 52 000 IVG ont été enregistrées pour les femmes résidant en Île-de-France, soit 17,4 IVG pour 1 000 femmes en âge de procréer 15-49 ans). Ce chiffre place la région au 2e rang en Métropole. Des disparités infrarégionales persistent encore avec un taux à 13 ‰ pour les Yvelinoises et à 22 ‰ pour les résidentes de la Seine-Saint-Denis.

    • 3 % des IVG ont été effectuées chez les mineures, un chiffre probablement sous-estimé en raison de l’anonymat possible dans ce groupe d’âge.
    • Diminution des IVG chez les jeunes femmes (< 24 ans).

    ORS Ile-de-France, Les interruptions volontaires de grossesses en Ile-de-France, 2019.

  • Infections sexuellement transmissibles

    Les IST les plus fréquente chez les jeunes sont les infections à Chlamydia et les infections aux Papillomavirus qui peuvent survenir des le début de la vie sexuelle. La syphilis, les infections à gonocoque, le lymphogranulome vénérien (LGV), les hépatites et le VIH/sida. 

    Ils sont depuis quelques années en recrudescence comme l'infection à Chlamydia : entre 2017 et 2019, le nombre de diagnostics d’infection à Chlamydia augmenté de 29%. Cette progression est plus marquée chez les femmes de 15 à 24 ans (+41%) et chez les hommes (+38%),notamment ceux de 15-29 ans (+45%). 
    Bulletin Santé Publique France

     


     

     

  • VIH/sida

    65 % des jeunes pensent être bien informé sur le VIH/sida mais 15 % pensent encore qu'on peux l'attraper en s'asseyant sur des toilettes publiques ou en embrassant une personne séropositive. Les idées reçues sur le VIH/sida sont persistantes malgré les années. 

    Pour en savoir plus sur les connaissances des jeunes sur le VIH/sida, la perception de l'usage du préservatif et de la prévention.
    Consulter le sondage de l'IFOP : Les jeunes, l’information et la prévention du sida.

Mener une action : des compétences et des techniques à maîtriser

Acquérir des informations sur son public cible et le sujet abordé est une première étape, mais ne suffit pas.
Pour mener à bien son action en éducation affective et sexuelle, l'animateur peut s'informer sur les programmes de prévention efficaces et se former pour maîtriser des compétences et des techniques d'animation.

  • S’informer

    Certains programmes ou types d'action peuvent s'avérer efficaces et pertinents, d'autres moins, voire contre-productifs.
    Pour en savoir plus sur les programmes scientifiquement validés :
    Synthèse d’interventions probantes relatives à la contraception et la vie affective et sexuelle chez les jeunes. :
    http://www.frapscentre.org/wp-content/uploads/2017/11/SIPRev-VAES-GLOBAL.pdf

  • Se former : pour améliorer ses connaissances

    Pour permettre aux professionnels des secteurs socio-sanitaire et éducatif de développer et/ou d'acquérir des compétences dans le domaine de la prévention, le Crips Île-de-France propose des stages de formation :

  • Animer

    Dans le cadre d'une animation de prévention, la seule transmission de savoirs ne suffit pas à susciter une réflexion autour des comportements de santé au sein d'un groupe. Une approche interactive est plus appropriée. Des techniques d'animation spécifiques permettent de mettre en place une pédagogie participative.
    Pour découvrir et choisir une technique d'animation adaptée, consulter le guide :

    En utilisant des outils :

    L'outil pédagogique ne constitue pas le cœur d'une animation, mais il est un support facilitateur qui permet de dynamiser un groupe et de susciter la participation de ses membres.
     

    • Lire l'article « Utiliser un outil lors d'une animation en éducation pour la santé » 
       
    • Animathèque

  • La Couveuse propose différents outils à utiliser
    Accompagnement pédagogique et documentaire
  • crips_guide_paroles_de_pros_vas
    Guide Paroles de pros - Vie affective et sexuelle
    Lien de téléchargement
    crips_guide_paroles_de_pros_vas

    Guide Paroles de pros - Vie affective et sexuelle

    Guide "Paroles de pros" : ce guide permet à tout professionnel de l'éducation de concevoir et animer des actions de prévention auprès des jeunes en milieu scolaire sur l'éducation à la sexualité. Guide 100% numérique et interactif. 

     

    Thématique: Éducation à la sexualité
    Date de publication: 2021