CRIPS ÎLE-DE-FRANCE

Le dépistage du VIH

Le dépistage un l'un des piliers pour mettre fin à l'épidémie de VIH/sida : quels en sont les enjeux individuel et collectif de la politique de dépistage ? Quelles sont les méthodes de dépistage disponibles aujourd'hui ? Comment promouvoir le dépistage auprès des populations prioritaires ?

Le constat d'un retard au dépistage

En France, la politique de promotion du dépistage au VIH subit deux écueils :

  •  un retard au dépistage dû aux occasions manquées

 Lorsqu’un test de dépistage du VIH n’est pas proposé à une personne en contact avec une structure de soins, en présence ou non d’un facteur de risque ou d’un signe évocateur d’une infection possible, on parle d’« occasion manquée ». Concrètement, les délais entre infection et dépistage restent trop longs : deux ans chez les HSH, trois ans chez les femmes et quatre chez les hommes hétérosexuels. Le résultat : 26 % des contaminations sont découvertes à un stade tardif en France et pour 51% des découvertes de séropositivité, cela concernait des personnes déclarant qu’il s’agissait de leur premier test.

  •  le maintien d’une épidémie non diagnostiquée

 Près de 25 000 personnes ne connaissent pas leur séropositivité en France, dont une grande partie vit en Île-de-France. Les personnes non diagnostiquées sont aujourd’hui à l’origine de la majorité des contaminations en France.

Un objectif : banaliser le dépistage

Dans un rapport intitulé « Réévaluation de la stratégie de dépistage de l’infection à VIH en France », la Haute Autorité de Santé (HAS) indiquait que « la priorité doit être accordée au dépistage de l’infection à VIH au sein des populations clés ».

Concrètement, la HAS recommande un « renforcement de la fréquence du dépistage dans ces populations :

  • tous les 3 mois chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ;
  • tous les ans chez les usagers de drogues injectables ;
  • tous les ans chez les personnes originaires de zones de forte prévalence de l’infection à VIH, notamment d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes. »

La HAS maintient également sa recommandation d’un dépistage au cours de la vie pour la population générale : « afin de permettre le diagnostic des personnes qui ignorent leur séropositivité et de réduire l’épidémie cachée, la proposition d’un test de dépistage de l’infection à VIH au moins une fois au cours de la vie entre 15 et 70 ans doit être maintenue et représente une approche complémentaire au dépistage au sein des populations clés. »

Ce faisant, afin de réduire le nombre de personnes non diagnostiquées et de réduire le délai entre infection et découverte de séropositivité :

  • le dépistage doit aller chercher les personnes qui ne se sont jamais fait dépister (quelle que soit la raison de cette absence de dépistage : sous-estimation de leur exposition, accessibilité des structures de dépistage, peur, etc.)
  • le dépistage doit être utilisé de façon plus régulière par les populations clés sur la base des recommandations de la Haute Autorité de Santé.

Des outils de dépistage variés

Aujourd’hui, l’accessibilité au test de dépistage du VIH est réelle au regard du nombre de dispositifs existants. Concrètement, plusieurs solutions existent pour faire un test de dépistage du VIH : en laboratoire d’analyse (avec ou sans prescription médicale), en Cegidd pour réaliser un test gratuit, via un autotest ou via un test rapide (TROD) dans le cadre d’actions associatives de dépistage.

  • Le dépistage rapide ou TROD

    Le TROD, qu'est-ce que c'est ?

    Le test rapide d’orientation diagnostique ou TROD permet, avec un simple prélèvement par piqûre au doigt, d'obtenir un résultat en quelques minutes. Réalisé à l'aide d'un kit de réactifs, le TROD ne nécessite pas l'emploi d'un équipement de laboratoire et se conserve à température ambiante. D'utilisation facile dans des lieux variés hors du dispositif médical, il participe à l'élargissement de l'offre de dépistage préconisé par les recommandations étatiques.
     

    Comment le TROD fonctionne-t-il ?

    Après piqûre du doigt désinfecté, une goutte de sang est prélevée à l'aide d'une pipette. Ce sang est ensuite mis au contact de réactifs. Les résultats sont lisibles dans un délai variable selon les techniques, 30 minutes au plus.
     

    Quand réaliser un TROD suite à une exposition au VIH ?

    Il faut compter un délai de douze semaines (trois mois) pour réaliser un TROD suite à une situation exposant au VIH.
     

    Faut-il avoir une prescription médicale ?

    Non, aucune prescription médicale n’est nécessaire.
     

    Qui peut réaliser un TROD ?

    L'absence de prélèvement veineux, la facilité d'exécution, la lecture simple du résultat permettent que les tests rapides soient réalisés par des personnes autres que des professionnels de santé, volontaires d'association par exemple, à condition que ces personnes appartiennent à une structure habilitée et soient formées non seulement à la technique, mais aussi au cadre de confidentialité, au counselling individuel et à l'orientation et l'accompagnement vers les services médicaux en cas de résultat positif ou incertain. Ce cadre (convention d'habilitation, formation et modalités d'utilisation des tests) est précisé dans un arrêté du Journal officiel de 1er aout 2016. 
     

    Dans quel cadre les TROD sont-ils proposés ?

    Les opérations de dépistage rapide "hors les murs" (dans des locaux associatifs ou des dispositifs mobiles), organisées par les associations et les CeGIDD, s'adressent en règle générale à des populations où l'incidence est élevée et justifie une incitation à un dépistage régulièrement répété (HSH, personnes originaires de zones de forte prévalence de l’infection à VIH, notamment d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes ), ou à des populations dans lesquelles existent des freins au dépistage (difficultés d'accès aux soins, barrières culturelles ou religieuses...). La plupart des CeGIDD peuvent proposer des tests rapides au cas par cas.

    Un mineur peut-il faire un TROD ?

    Selon l’ ()arrêté du 1er aout 2016, un TROD VIH « peut être pratiqué chez une personne mineure à la condition que le (s) titulaire (s) de l'autorité parentale en soi (en) t inform (é) s et y ai (en) t consenti au préalable en vertu de l'article 371-1 du code civil ». Des dérogations à la consultation obligatoire du ou des titulaires de l'autorité parentale sont prévues et listées dans l’arrêté.

    Faut-il être à jeun ?

    Non et aucune autre condition n’est requise.

     

  • L’autotest

    L’autotest, qu’est-ce que c’est ?

    Depuis 2015, il est possible acheter un autotest du dépistage du VIH. Concrètement il est possible via un autopiqueur, une goutte de sang et une dosette de diluant d’effectuer soi-même un test de dépistage du virus du sida.

    Comment faire un autotest ?

    Trois autotests VIH sont actuellement proposés à la vente sur le marché français.

    Vidéos de présentation par type de test :

    Autotest VIH®, laboratoire Mylan

    Exacto®, laboratoire Biosynex,

    Autotest VIH INSTI®, laboratoires BioLytical


    Quand réaliser un autotest suite à une exposition au VIH ?

    Il faut compter un délai de douze semaines (trois mois) pour réaliser un autotest suite à une situation exposant au VIH.

     
    Comment y avoir accès ?

    L'autotest de dépistage du VIH est vendu sans ordonnance dans les pharmacies et via internet, sur les sites des pharmacies autorisées pour la vente en ligne de médicaments. Le prix d'un autotest est de 25 à 30 euros. Il n'est pas remboursé par la Sécurité sociale. Il peut également être donné par certaines associations de lutte contre le VIH/sida lors d’opérations d’aller-vers.

     

    Faut-il avoir une prescription médicale ?

    Non, aucune prescription médicale n’est nécessaire. L’autotest est payant mais peut être acheté librement en pharmacies. Certaines associations de lutte contre le VIH peuvent également en donner gratuitement.

     

    Quel soutien pour une personne réalisant un autotest ?

    Commodité, rapidité, discrétion sont des déterminants mis en avant par les répondants à des enquêtes d'acceptabilité de l'autotest. Mais ces aspects ont aussi leur revers : les personnes sont seules, sans soutien, face à l’autotest et à son résultat. Certaines personnes dont l’autotest se révèle positif pourraient ne pas effectuer la démarche de confirmation du diagnostic et d’entrée dans la filière de soins.

    Il est donc fondamental d'insister sur l'aide disponible ainsi que sur l'importance d'accéder le plus tôt possible à un traitement en cas de test positif.

    Ainsi, les écoutants de Sida Info Service sont spécialement formés à l'accompagnement des personnes dans l'utilisation d'un autotest de dépistage du VIH.

    Qu'il s'agisse

    • d'aide pour réaliser ou interpréter un autotest,
    • de soutien et d'orientation,
    • d'information sur l'infection à VIH,

    Sida Info Service (SIS) offre une assistance téléphonique au 0 800 840 800 (appel confidentiel, anonyme et gratuit).

    Les personnes peuvent aussi s'adresser à un médecin, à un centre de dépistage ou à une association de lutte contre le VIH/sida.

    Une personne mineure peut-elle faire un autotest ?

    Oui, une personne mineure peut acheter et faire un autotest sans l'accord de ses parents. Il est recommandé aux professionnels qui délivrent l'autotest d'adapter l'information à la maturité de l'adolescent et de lui proposer une orientation vers des structures compétentes (centre de dépistage, associations...).

    Faut-il être à jeun ?

    Non mais d’autres recommandations peuvent être faites : s'installer au calme, dans un endroit bénéficiant d'une bonne luminosité ; vérifier que l'autotest est estampillé CE et que sa date de péremption n'est pas dépassée ; lire attentivement et jusqu'au bout la notice avant de commencer.

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