Le Crips Ile-de-France dénonce l’utilisation détournée du protoxyde d’azote chez les jeunes

Jean Spiri, président du Crips Île-de-France, s'exprime sur cette consommation à hauts risques qui prend de l'ampleur auprès des jeunes.

L’usage détourné des cartouches de protoxyde d’azote a radicalement augmenté chez les jeunes depuis quelques mois. Il n’est pas rare d’en voir les déchets joncher les rues jusque devant les établissements scolaires. Si cet usage ne prend de l’ampleur en France que depuis quelques années, au Royaume-Unis cela fait près de 15 ans qu’il est connu, si bien qu’il est devenu la deuxième drogue la plus consommée par les jeunes, après le cannabis.

Les effets du « proto » sont fugaces mais les risques eux sont très importants, d’autant plus que les prises peuvent en être répétées du fait de l’effet très court et du prix dérisoire d’une cartouche (moins de 50 centimes). Ils vont de la brûlure par le froid, aux nausées, vertiges et vomissements pour des faibles doses, jusqu’à l’atteinte de la moelle épinière, l’apparition de troubles psychiques ou l’asphyxie pour les consommations plus importantes ou répétées.

Nous ne connaissons à ce jour pas exactement l’ampleur de ce nouveau type de consommation chez les mineurs, mais l’augmentation de sa visibilité dans l’espace public nous interpelle. La légalité de l’achat par des mineurs est extrêmement préoccupante, tant pour les effets néfastes sur la santé des jeunes que pour les habitudes de consommation de psychotropes que le produit crée. Nous tenons à en alerter le ministère des Solidarités et de la Santé et sommes à disposition des parlementaires pour travailler une proposition de loi encadrant les usages de ce produit.

S’il nous semble essentiel que le protoxyde d’azote ne soit plus accessible aux mineurs, l’Etat doit également s’engager à soutenir et renforcer les dispositifs de prévention, afin que chaque lycéen ait accès à des séances permettant le développement des compétences psychosociales nécessaires à la lutte contre les addictions. Le Crips Ile-de-France, avec en 2019 plus de 500 actions de prévention des conduites addictives et des consommations de drogue en milieu scolaire, s’engage dans ce sens.