Le Fonds mondial contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme : la société civile au cœur des décisions

La conférence AIDS 2020 qui se tient du 5 au 10 juillet 2020 est l’occasion de se pencher sur différents enjeux et dispositifs de lutte contre le sida à l’international comme par exemple le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

Qu'est-ce que le Fonds mondial ?

Créé en 2002 à l’initiative du G7, le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme est un dispositif international destiné à lutter contre ces trois pandémies, venant compléter des financements domestiques, bilatéraux et multilatéraux. Son action est fondée sur la réalisation de l’ODD n°3 de l’ONU (« santé et bien-être pour tous »). 

32 millions de vies sauvées depuis 18 ans

Grâce au Fonds mondial, ce sont 18,9 millions de personnes vivant avec le VIH qui sont sous traitement antirétroviral. 719 000 mères séropositives ont reçu un traitement permettant de prévenir la transmission « mère – enfant ». 5,3 millions de personnes ont été testées et traitées pour une tuberculose. 131 millions de moustiquaires ont été distribuées afin de protéger les familles du paludisme. Depuis sa création il y a 18 ans, ce sont 32 millions de vies qui ont été sauvées.

Une action sur le long terme de renforcement des systèmes de santé

Au-delà d’une fonction de mobilisation des ressources autour de la prévention, du dépistage et de l’accès aux traitements, le Fonds mondial agit également sur du long terme avec un axe prioritaire sur le renforcement des systèmes pérennes de santé et ouverts à toutes et tous. Concrètement, cela passe par des financements destinés à l’amélioration des systèmes de surveillance, outils de diagnostic et chaînes d’achat et d’approvisionnement, la formation des professionnels de santé, la promotion des ripostes communautaires, le développement d’une offre de services plus intégrée. Cet axe a cela d’essentiel qu’il permet, comme l’écrit le Fonds mondial « d’aboutir plus rapidement à la couverture sanitaire universelle » et aider « les pays à se préparer aux nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire mondiale ». Une phrase qui prend tout son sens au regard de la situation actuelle liée au Covid-19.

Les acteurs communautaires au cœur des décisions

A l’inverse des pratiques de l’aide au développement basées sur une aide apportée aux seuls gouvernements avec un risque de détournement et corruption, le Fonds mondial propose une approche privilégiant le multilatéralisme, l’implication de la société civile et des partenaires communautaires, la responsabilisation des états récipiendaires associée à des mécanismes d’évaluation et de contrôle indépendants.

L’allocation de ressources met au cœur des décisions d’attribution les partenaires communautaires. Ainsi, dans chaque pays, le Fonds mondial dialogue avec l’instance de coordination nationale (où siège l’État, la société civile et des donateurs du Fonds). Cette instance élabore la stratégie nationale et donne son avis sur chaque projet. Sur cette base, les ressources sont allouées. Ce circuit permet de garantir que l’allocation des ressources est basée sur les besoins réels des personnes notamment des personnes les plus exposées comme le sont les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes), les personnes transgenres, les usagers de drogues injectables, les travailleurs et travailleuses du sexe, les personnes incarcérées.

Des ressources mobilisables en hausse

Visuel Accélérons le mouvement slogan du Global Fund

Tous les trois ans, une conférence de reconstitution des ressources, rassemblant tous les donateurs, est organisée pour décider des ressources dont disposera le Fonds mondial sur période de trois ans. La dernière conférence s’est tenue à Lyon en octobre 2019 avec un objectif ambitieux fixé par le Fonds mondial d’obtention de 14 milliards de dollars US, soit une hausse de 15% par rapport aux 12,2 milliards de dollars mobilisés pour le cinquième cycle (période 2017-2019).

Une action de mobilisation originale : la Boucle du Ruban rouge

Logo la Boucle du Ruban Rouge

Via « la Boucle du Ruban rouge », le Crips Île-de-France, avec plus d’une vingtaine de partenaires, au premier rang desquels AIDES, s’est fortement mobilisé pour sensibiliser aux enjeux actuels de la lutte contre le VIH/sida et demander à la France de retrouver son rôle de leader en augmentant sa participation au Fonds mondial. Ce sont ainsi plus de trente villes qui ont été traversées par la Boucle du ruban rouge, avec, à la clé, actions d’information, de communication et de mobilisation. Au final, grâce à la mobilisation de toutes et tous, la promesse a été tenue, la France a fortement augmenté sa dotation et les 14 milliards de dollars US ont été obtenus !

« Rien pour nous sans nous »
Mettre les personnes concernées au cœur de sa stratégie et des décisions est, au-delà d’être légitime, efficace.