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Le protoxyde d'azote

Le protoxyde d’azote est un gaz dont l’usage est de plus en plus détourné à des fins récréatives. Censée déclencher des fous rires, la consommation de protoxyde d’azote peut s’accompagner de séquelles neurologiques, psychologiques et cardiaques parfois graves, en particulier chez les consommateurs réguliers.

Le protoxyde d’azote et son usage récréatif

Le protoxyde d’azote (N2O), également appelé “gaz hilarant” ou “proto”, est un gaz couramment utilisé en médecine pour ses effets anesthésiants. C’est un gaz incolore et très froid, qui est aussi utilisé comme gaz à propulser dans les bombes de chantilly, par exemple. 

Depuis quelques années, le protoxyde d’azote est détourné à des fins récréatives. En France, le protoxyde d’azote est très facile d’accès puisqu’il s’achète légalement, sous forme de cartouches métalliques et de bonbonnes sur Internet ou dans les supermarchés. 

Dans le cadre de son usage récréatif, le protoxyde d’azote est souvent conditionné dans de petites cartouches métalliques. Des tubes métalliques, aussi appelés “crackers”, permettent d’ouvrir les capsules et de libérer le gaz. La pratique des consommateurs consiste à transférer le gaz de la cartouche métallique dans un ballon de baudruche, afin de l’inhaler. 

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Le protoxyde d’azote : un phénomène en pleine expansion

Depuis 2017, les cartouches de protoxyde d’azote ont fait leur apparition sur les trottoirs. La facilité d’accès au produit, son utilisation simple et son coût peu élevé ont contribué à sa large diffusion, en particulier chez les jeunes et en milieu festif. Face à la dangerosité du phénomène, une loi visant à lutter contre l’usage détourné du protoxyde d’azote a été adoptée le 25 mai 2021. Cette loi punit d’une amende de 15 000 euros « le fait de provoquer un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs »

22 ans
C'est l'âge moyen de la consommation de protoxyde d'azote
13,4%
de mineurs dans les cas graves d'addiction au protoxyde d'azote.

Source : Rapport d'expertise - Bilan d'addictovigilance protoxyde d'azote, ANSM, 2020.

Les effets du protoxyde d'azote

Les effets du protoxyde d’azote sont quasiment instantanés et disparaissent généralement au bout de 2 à 3 minutes. L’intensité de ces effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme et la quantité de produit inhalée.

Les principaux effets incluent :

  • une euphorie comparable à une ivresse,
  • des rires incontrôlables (qui expliquent le nom de “gaz hilarant”),
  • des distorsions visuelles et auditives
  • une sensation de dissociation,
  • une désinhibition,
  • un état de “flottement”.

Les contacts clés

  • ​​​​En cas d’urgence : prévenir les secours (15 ou 112)
  • En cas d’addiction : contacter le centre d'addictovigilance de sa région. 
  • En cas de questions : contacter Drogues Info Service au  0 800 23 13 13 (7j/7 - appel anonyme et gratuit). 
  • En cas d’envie de parler à un professionnel, avec ou sans ses proches : il est possible de prendre rendez-vous et se faire conseiller lors d’une Consultation Jeunes Consommateurs.

L’addiction au protoxyde d’azote

Bien que le protoxyde d’azote soit populaire dans les milieux festifs et que sa consommation se fasse souvent en groupe, beaucoup de consommateurs finissent par prendre du protoxyde d’azote seuls et tombent dans l’addiction. Chez certains, la consommation peut monter jusqu’à plusieurs centaines de capsules par jour

Un grand nombre de consommateurs ne se méfie pas, car le protoxyde d’azote a pour réputation de ne pas entraîner de dépendance. De plus, comme il s’achète en supermarché, beaucoup ne considèrent pas le gaz comme une drogue, ce qui minimise la dangerosité de sa consommation. Enfin, la disparition rapide des effets après la prise contribue à donner au gaz un côté “inoffensif” et favorise plusieurs prises.

Les risques à chaque prise de protoxyde d’azote

À chaque prise, la consommation de protoxyde d’azote peut avoir des effets extrêmement nocifs pour la santé. Ces effets disparaissent généralement une quinzaine de minutes après l’inhalation, mais peuvent persister quelques heures voire quelques jours en fonction de la dose consommée. Ils incluent : 

  • des nausées et des vomissements,
  • des maux de tête allant jusqu’aux vertiges,
  • des crampes abdominales et de la diarrhée,
  • des acouphènes (bruits parasites en l’absence de bruit extérieur),
  • une somnolence

À chaque utilisation, le protoxyde d’azote peut aussi entraîner des effets mortels : 

  • Un risque de brûlure par le froid. Le protoxyde d’azote, lorsqu’il est libéré, a une température extrêmement faible. L’inhalation directe du gaz à partir des cartouches est à éviter absolument car elle peut provoquer de graves gelures du nez, des lèvres et des cordes vocales. 
  • Un manque d’oxygène. Les cartouches sont souvent très concentrées et des inhalations répétées peuvent conduire à la mort par asphyxie. 
  • Une perte des réflexes de la toux et de la déglutition, pouvant entraîner un vomissement vers les poumons ou un autre accident de fausse route. 

Les dangers liés à la consommation régulière de protoxyde d’azote

Un usage régulier du protoxyde d’azote peut entraîner :

  • des troubles de l’humeur de type paranoïaque
  • des hallucinations visuelles,
  • des troubles psychologiques,
  • des troubles cardiovasculaires, comme des troubles du rythme cardiaque ou une baisse de la tension artérielle
  • des séquelles neurologiques graves, avec des atteintes du système nerveux et de la moelle épinière pouvant entraîner des paralysies et des défaillances de la motricité.

Les troubles neurologiques causés par le protoxyde d’azote ont pour la première fois été observés chez le personnel de bloc opératoire, après des années de carrière exposées au produit. Aujourd’hui, les mêmes troubles sont observés chez des consommateurs réguliers depuis quelques mois, ce qui témoigne de la dangerosité du produit.

Certaines atteintes du système nerveux ne sont pas définitives. L’arrêt de la consommation de protoxyde d’azote, couplée à une cure de vitamine B12 pour reconstruire la myéline des nerfs, permet de retrouver certaines capacités, notamment physiques. Cependant, certaines séquelles restent souvent à vie

 

Des formations pour approfondir le sujet

Le Crips Île-de-France accompagne les professionnels de santé sur ces thématiques grâce à des formations adaptées. 
À découvrir : 

  • Les milieux festifs : cette formation apporte aux professionnels les connaissances de base et les compétences nécessaires pour intervenir efficacement dans les différents milieux festifs.
  • Les consommations de drogues chez les adolescents: prévenir et agir : cette formation propose aux professionnels de développer des savoir-faire leur permettant d'aborder avec les adolescents les questions de consommations de drogues.
  • Les nouveaux produits de synthèse : cette formation propose aux professionnels un socle de connaissances sur les nouveaux produits de synthèse (NPS), leurs filières, leurs effets, leurs risques.

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