CRIPS ÎLE-DE-FRANCE

“Le porno c’est #paslaref”, une nouvelle campagne de la Région Île-de-France en partenariat avec le Crips

La proportion de mineurs ayant accès aux contenus pornographiques est de plus en plus importante. Son accès facilité sur les plateformes n’est pas sans risques, c’est pourquoi, il est essentiel de sensibiliser les jeunes face aux impacts de la consommation de ce type de contenus..

La consommation de pornographie chez les jeunes en quelques chiffres

 

27%
de mineurs consomment régulièrement de la pornographie
46%
des mineurs ont déjà consulté des contenus pornographiques
53%
des jeunes expliquent cette consommation par l’envie d’apprendre
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Loi versus réalité 

On le sait, les contenus pornographiques sont accessibles en un clic et si la loi française interdit la diffusion de contenus pornographiques auprès des mineurs, la réalité est toute autre. Il est extrêmement facile de consulter ce type de contenus puisqu’il suffit de déclarer que l’on est majeur. C’est pourquoi, au début de l’année 2022, l’Arcom (l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a saisi la justice et a demandé le blocage de cinq sites pornographiques afin que la loi soit respectée. 

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Quelles conséquences chez les jeunes ?

L’exposition précoce et répétée à des images pornographiques peut affecter l’estime de soi des jeunes et en particulier des jeunes femmes. Si les jeunes interrogés ont conscience qu’il s’agit de cinéma, ils n’ont pas toujours le recul nécessaire par rapport à l’idéal de corps véhiculé par la pornographie.

Les images véhiculées par la pornographie peuvent contribuer à la banalisation des actes de violence sexuelle. Les films pornographiques mettent en scène dans la majorité des cas des femmes qui se soumettent aux désirs de leur(s) partenaire(s) masculin(s). Ces images, si elles sont prises comme références, conditionnent de futurs rapports sexuels violents et exacerbent les valeurs de la virilité. 

La majorité des films pornographiques se dispensent de messages de prévention : très peu d’échanges entre les partenaires précèdent l’acte sexuel concernant le mode de contraception ou d’éventuelles limites fixées par l’un des protagonistes.

“Le porno c’est #paslaref” : une campagne pour déconstruire les clichés

Le confinement du printemps 2020 s’est accompagné d’une explosion de la consommation de contenus pornographiques par les plus jeunes. Si celle-ci préexistait à la crise du Covid-19, le premier confinement en a fait un enjeu de société en exacerbant le phénomène. Face à ce constat, la Région Île-de-France et son partenaire, le think tank Vers Le Haut, ont lancé une étude en juin 2020 avec l’institut Opinion Way* afin de mesurer l’ampleur de l’impact de la pornographie chez les jeunes Franciliens.

* Entre le 26 juin et le 7 juillet 2020, 250 jeunes âgés de 15 à 17 ans représentatifs de la population francilienne ont été interrogés à partir d’un questionnaire accessible à partir de 22 blogs et forums

La pornographie comme source d’apprentissage ?

Selon l’étude, 53% des jeunes expliquent leur consommation par l’envie d’apprendre. 

Face à ce constat, il est apparu nécessaire d’impliquer les parents et les équipes éducatives, de prendre en main le sujet et accompagner les jeunes. Lancée en juin 2022, la campagne a pour objectif d’amener les jeunes à prendre conscience de la représentation biaisée que donne la pornographie des rapports sexuels et à déconstruire les images auxquelles ils ont pu ou seront confrontés.

Il s’agit également de sensibiliser les parents aux attentes des jeunes en matière d’éducation sexuelle.

Le compte Instagram à ne pas manquer : @pas_la_ref

La campagne comprend un plan digital avec la création d’un compte Instagram à destination des jeunes, dédié à des contenus de sensibilisation aux principaux risques associés à une consommation pornographique répétée.

Avec plus de 2 300 abonnés, le compte instagram @pas_la_ref propose des messages accessibles et constructifs sur la pornographie. Les contenus ont pour objectif de rappeler la loi, de prévenir des dangers et de sensibiliser les adolescents, les parents et les équipes éducatives à la consommation de contenus pornographiques. 

Cette campagne va se déployer tout au long de l’année scolaire 2022-2023, de manière à toucher aussi bien les parents que leurs enfants. Elle se déclinera en affichage de proximité et les lycéens d’Île-de-France se verront proposer  des badges et des affiches au sein de leurs établissements.

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Les partenaires de cette campagne

Aller plus loin : aborder la consommation de contenus pornographiques grâce aux actions et aux outils du Crips

Le Crips Île-de-France, partenaire de cette campagne au côté de la Région, est engagé quotidiennement sur les questions d’éducation à la sexualité auprès des jeunes mais aussi auprès des professionnels de santé. Depuis plusieurs années, nous accompagnons ces publics dans l’adoption de stratégies de prévention favorables à leur santé.

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“Pornographie chez les jeunes : comprendre et accompagner”,

Cette formation d’une durée de trois jours et à destination des professionnels de santé a pour objectif de : 

  • Comprendre les enjeux sociétaux de l’impact de la pornographie sur le jeune, sa sexualité et ses rapports sociétaux
  • Identifier ses représentations en matière de pornographie et de santé sexuelle.
  • Comprendre l’évolution et la transformation des pratiques sexuelles par la pornographie. Comprendre l’impact de la pornographie sur la santé sexuelle.
  • Identifier des leviers pour permettre une réflexion chez le jeune autour de la pornographie.
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Paroles d’ados, vie affective et sexuelle. 

Cette action vise à accompagner les jeunes dans l’adoption de stratégies de prévention favorables à leur santé en évoquant des thématiques clés autour de la sexualité comme le consentement, les discriminations liées à la sexualité et au genre, les moyens de contraception et de protection. 

Cette animation permet de poser les bases sur la sexualité et toutes les nuances qui s’en dégagent. 

 

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Le parcours bodypositive, pour déconstruire les normes du corps. 

Ce parcours peut être utilisé auprès des jeunes et auprès des structures travaillant avec ce public afin de déconstruire l’image du corps “parfait” que peut renvoyer le porno. En effet, nous avons observé à travers nos actions sur le terrain, la nécessité de créer un parcours pour déconstruire les normes associées à la beauté, car les discours normatifs ont un impact négatif sur la santé mentale et physique des jeunes. Il était donc important d’avoir un contre-discours face à cet enjeu de santé publique.

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