CRIPS ÎLE-DE-FRANCE

Service sanitaire au Crips : mieux comprendre l'accompagnement individuel

Deux étudiants en médecine nous livrent leurs parcours et leurs expérience du service sanitaire au Crips.
Engagé dans la formation et l'accompagnement des professionnels de santé, le Crips est persuadé des apports bénéfiques de ce dispositif, qui permet aux jeunes de comprendre la place de la prévention en santé et de mener des actions auprès des publics.

Le service sanitaire, premier pas dans le monde de la prévention

L'accompagnement individuel des étudiants vu par Alexia Théodosiou, chargée de projet au Crips 

"J'ai pu accompagner Charlotte et Gabriel, deux étudiants en médecine, dans le cadre de leur service sanitaire et plus concrètement dans la réalisation de leurs actions auprès des jeunes. Nous avons convenu ensemble des différents temps et besoins en termes d’accompagnement et de formation. Je leur ai proposé trois temps de sensibilisation sur la vie affective et sexuelle, sur la posture en animation et sur la création de celle-ci. Ils ont également pu aller sur le terrain et observer des animations de deux heures, menées par nos animateurs sur l'éducation à la sexualité.

Ce dispositif permet de mettre un premier pas dans le monde de la prévention. L’objectif étant également de pouvoir leur apporter des outils pour leur future pratique professionnelle. Certains étudiants reviennent vers le Crips pour un stage, un service civique ou pendant une année de césure afin de s'impliquer dans un projet de santé."

    Deux étudiants nous livrent leurs parcours

    Présentation des deux étudiants  

    • Charlotte : 20 ans, en 4e année de médecine à la Sorbonne. Charlotte n'a pas encore choisi sa spécialité mais pense se diriger vers une spécialité médicale (et non chirurgicale) pour le moment.
    • Gabriel : 20 ans, en 4e année de médecine à la Sorbonne.

    Quelle est votre définition du service sanitaire  ? 

    Charlotte 

    SESA, ça veut dire service sanitaire. C'est une mission de prévention que la faculté donne aux étudiants, futurs professionnels de santé. Elle consiste en des journées de prévention sur le thème de notre choix. Le but est de nous faire comprendre l'importance du préventif dans le soin qui ne peut pas (et ne doit pas !) être uniquement curatif (l'aspect que l'on voit toujours en stage à l'hôpital, par exemple). Et en comprenant nous-mêmes l'importance de la prévention, on en fait au passage !

    Gabriel 

    Le service sanitaire est un dispositif qui engage les étudiants des professions de santé à participer à des actions de prévention primaire sur tous les thèmes possibles (la drogue, la sexualité, la santé mentale, la nutrition…), et dans n’importe quel milieu (rue, écoles, collèges ou lycées, prisons…)

    Quelle représentation aviez-vous des actions de prévention en santé ? 

    Charlotte 

    Avant le SESA, j'avais entendu parler de prévention sans plus comprendre l'importance de ce domaine-là dans la santé. Le SESA m'a fait changer de point de vue.

    Au début, je voyais ce SESA comme quelque chose de très chronophage et de plutôt pénible, une espèce de formalité à faire valider par la faculté pour passer en 4e année de médecine. Je n'en avais entendu parler que comme ça. Mais j'ai vite compris que ça pouvait être génial de s'impliquer dans cette mission, et qu'il fallait se détacher de cette réputation qu'a le service sanitaire (en général mal vécu par les étudiants en médecine). Avec Gabriel on a décidé de s'intéresser et de s'investir vraiment dans ce projet, et je crois qu'on ne le regrette pas ! 

    Je pense que je comprends bien mieux, maintenant, la place de la prévention dans le soin et la santé. Non seulement il vaut mieux prévenir que guérir, mais surtout, parfois, on ne peut que prévenir ! On ne peut pas guérir de tout... Alors donner à chacun les informations pour choisir sa santé, c'est primordial. Beaucoup de gens ignorent l'impact que peuvent avoir certaines conduites sur leur santé. Il faut "juste" en parler !

    Gabriel

    Je ne connaissais pas le SESA avant qu’on commence à nous en parler à la fac en 2e année. On nous a proposé de choisir, dans une liste d’associations avec lesquelles la fac a un partenariat, de monter un projet personnel. Avec une amie, on s’est assez rapidement dit que ça serait hyper intéressant de réaliser notre propre projet sur un sujet qui nous parle et sur lequel on a l’impression de pouvoir vraiment apporter quelque chose à notre public.

    Je crois que j’ai appris beaucoup grâce à ce service sanitaire. La préparation des interventions m’a fait approfondir mes propres connaissances et surtout les interventions devant les élèves étaient hyper enrichissantes, car elles m’ont permis de comprendre comment aborder un sujet tabou avec des gens que je ne connais pas, comment m’adapter au public, à son âge, à ses connaissances, à l’ambiance du groupe, pour réussir à faire participer les élèves et pour que les interventions soient le plus stimulantes possible. J’ai trouvé ce premier contact avec le monde de la prévention très enrichissant, j’ai réalisé que le simple fait d’être informé peut avoir un impact majeur sur la santé et je pense que je saurai m’exprimer avec plus d’assurance sur ces sujets délicats avec mes futurs patients.

    Comment le Crips vous a t'il aidé à construire votre projet ? 

    Charlotte

    J'avais entendu parler du Crips Île-de-France, je connaissais le logo, mais pas davantage. On a envoyé une sorte de lettre de motivation qui expliquait notre projet à l'association, qui nous a répondu très rapidement. On a été mis en relation avec l'équipe qui s'occupe d'accompagner les étudiants dans leur projet de service sanitaire.

    On voulait parler d'éducation sexuelle. Ils nous ont permis d'affiner notre projet, de l'améliorer, de savoir comment s'adresser à des jeunes lycéens sur ce sujet délicat, quelles étaient les informations pertinentes à donner pour qu'on ne finisse pas par leur faire un cours de virologie.

    On a été écouté et accompagné. On avait vraiment besoin de conseils, on partait de rien ! On était à la fois très libre (c'était notre projet et on avait nos petites idées et nos envies), et à la fois très bien orienté (on a bénéficié de formations, de plein de supports, d'affiches, de jeux, d'astuces pour briser la glace, etc.). Merci encore au Crips ! Sans eux, je ne sais pas comment nous aurions fait pour monter un aussi beau projet. 

    Gabriel 

    Je n’avais jamais entendu parler du Crips avant mon service sanitaire. On a cherché sur Internet les associations qui faisaient de la prévention sur la sexualité en Île-de-France, et on a contacté le Crips qui nous a accueillis à bras ouverts. Après quelques échanges par mail, on a rapidement rencontré l’équipe du Crips avec qui on a discuté des modalités de notre projet. On a eu des séances d’échange et de formation sur les thèmes qui nous intéressaient et sur la manière de les aborder devant les élèves, et on a pu assister à des interventions réalisées par des professionnels. On a été très bien encadré, les personnes du Crips étaient toujours disponibles pour nous aider à construire notre projet. On nous a donné de nombreux conseils et proposé plein d’idées, tout en nous laissant toujours une grande liberté dans la manière dont se sont déroulées nos animations.

    Je ne sais pas si c’est réalisable, mais une idée d’amélioration serait peut-être d’avoir un professionnel du Crips qui accompagne et aide à animer pendant les premières interventions, pour que la transition d’observateur à animateur se fasse un peu plus progressivement, car les premières interventions sont très intimidantes. Je pense que le SESA est une occasion en or pour apprendre à faire de la prévention et je crois qu’on devrait encourager les étudiants à monter leur propre projet avec des associations, parce qu’en s’impliquant davantage on apprend bien plus !

    De la théorie à la pratique : comment parler sexualité et prévention avec les jeunes ? 

    Charlotte

    On voulait s'adresser à des lycéens, donc il fallait entrer en contact avec un établissement qui nous permettrait cela. On a eu du mal à trouver le lycée, mais on est finalement parvenu à rencontrer la responsable et l'infirmière scolaire d'un lycée parisien qui nous a accueillis avec plaisir, répondant à une demande importante des étudiants à ce sujet.

    Moi, j'avais un peu la pression d'arriver dans des classes où les élèves demandaient à bénéficier de ce genre d'intervention, mais ça s'est très bien passé. On a été très bien accueilli dans la plupart des groupes qui étaient dynamiques et demandeurs. Et même lorsqu'ils étaient plus silencieux, je suis sûre qu'ils écoutaient attentivement les échanges. C'est toujours difficile de s'adapter à un groupe, à leurs connaissances sur ce sujet sensible. On a compris que la clé pour qu'ils ne s'ennuient pas, c'est qu'ils parlent des sujets qui les intéressent eux ; alors on les a encouragés à prendre la parole. On la leur donnait, en tout cas, le plus possible. 

    En général, on partait d'un support (petit jeu, Info/Intox, mise en situation...) pour les faire réagir. Puis, on les laissait assez libres. Certains groupes commençaient à débattre et on reprenait la main de temps en temps pour répondre à leurs questions, leur poser nous aussi des questions... À la fin ils pouvaient venir chercher, s'ils le voulaient, des préservatifs, du lubrifiant et des flyers fournis par le Crips.

    Je me rappelle que certains sont venus nous remercier à la fin, c'était chouette de savoir qu'on avait été utile, au moins à quelques-uns ! Puis, d'autres venaient avec leurs questions plus personnelles et on prenait le temps d'en parler. C'était vraiment de bons moments d'échanges. 

    Gabriel 

    On a choisi de faire de la prévention sur le thème de la sexualité. On s’est dit que ça intéresse à peu près tout le monde, qu’à cet âge où on découvre son corps et les premières relations, certains lycéens ont besoin d’en parler et qu’on aurait des messages intéressants à leur faire passer. Le lycée qui nous a accueillis nous a laissés assez libres. On a vu toutes les classes en demi-groupes, on a pu accrocher des affiches de prévention dans les couloirs, créer un stand où tout le monde pouvait venir nous voir pendant la pause déj, et créer un petit flyer avec des adresses et des sites utiles pour les lycéens.

    On intervenait toujours à deux devant les classes. On a utilisé des supports du Crips comme le « modérateur de forum » et « Info/Intox » (en libre accès dans les supports d’animation) ou encore un nuage de mots autour du thème « vie affective et sexuelle ».

    C’est vraiment pas facile de réussir à faire réagir les élèves, surtout avec un sujet aussi tabou. Selon les ambiances de classe, l’âge des élèves, leur niveau d’information, mais aussi notre expérience, les animations étaient très différentes. Il suffisait généralement de quelques minutes pour lancer la discussion, mais on a parfois dû passer l’heure entière à essayer de capter leur attention. De grands moments de solitude… À la fin des animations, on laissait en libre-service des flyers, des petits livrets d’information sur plein de thèmes et des préservatifs externes et internes qui avaient un grand succès !

    Je crois que les élèves étaient vraiment contents dans l’ensemble, on a eu de bons retours. La principale critique qu’on a eue, c’est que certains élèves savaient déjà la plupart des choses qu’on a dites. Mais il me semble que c’est compliqué, en seulement une heure, de toucher à des sujets qui intéressent chacun dans une classe où tout le monde n’est pas informé pareil. Je pense que le meilleur moyen d’éviter ça, c’est de réussir à tout prix à les faire débattre entre eux, pour qu’ils amènent la discussion aux sujets qui les intéressent, mais c’est pas toujours facile !

    L'accompagnement individuel prend fin par la mise en place d'actions de prévention sur le terrain

    Deux heures d'animation sur l'éducation à la sexualité dans les lycées

    Après avoir été accompagné et outillé par notre équipe, Charlotte et Gabriel ont pu mettre en oeuvre ce qu'ils avaient appris et réaliser leurs projets en allant sur le terrain en animant des séances d'éducation à la sexualité dans un lycée, dans des classes de seconde, première et terminale. 

    À la fin de leurs séances, ils ont fait suivre un questionnaire de satisfaction auprès des lycées pour avoir un retour concernant l'animation qu'ils avaient effectuée, mais aussi sur l'importance d'avoir des cours d'éducation à la sexualité au cours de leurs cursus scolaire. Au total, 145 réponses ont été récoltées.  

    Qu'en ont pensé les lycéens ? Coup d'oeil sur les résultats.  

    87,6 %
    des lycéens ont jugé utile l'animation sur l'éducation à la sexualité
    62,1 %
    des lycéens affirment que le format de deux heures est trop court pour parler sexualité
    87 %
    des lycéens estiment avoir appris des choses lors de l'animation
    crips_isabelle_gremy
    Comment on se sent pendant les première fois ?
    crips_isabelle_gremy

    Comment on se sent pendant les première fois ?

    J'aurais aimé parler des premières fois (toutes: caresses, sexe...etc), et de comment on se sent pendant les premières fois (confiance en soi, explication de l'orgasme)

    Paroles d'Ados : prévention des consommations de drogues
    Prendre des "vrais" messages pour parler sexualité
    Paroles d'Ados : prévention des consommations de drogues

    Prendre des "vrais" messages pour parler sexualité

    Je trouve que l'idée de prendre des "vrais" messages postés par des personnes sur des forums est super, car on peut se retrouver dedans et le vocabulaire employé est plus simple à comprendre que si c'était un cours normal avec des termes plus techniques. Merci pour votre séance qui m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur un thème pas forcément ouvert à la discussion et auquel je ne m'étais pas du tout intéressée jusqu'à votre intervention !

    Une atmosphère d'écoute

    Une atmosphère d'écoute

    Franchement, j'ai vraiment aimé le principe parce que même si ça ne nous a rien appris de nouveau, c'est toujours agréable de sentir une possibilité d'échanger dans une vraie atmosphère d'écoute. Dans mon groupe, on était assez peu à participer, ce qui a un peu gâché le potentiel de l'heure je pense. Mais en tout cas merci vraiment pour votre bienveillance et votre motivation, ça faisait vraiment plaisir :) bon courage à vous aussi pour la suite !

    crips_personnage_atelier_paloma
    Aborder la notion de plaisir, d'orgasme
    crips_personnage_atelier_paloma

    Aborder la notion de plaisir, d'orgasme

    C'était cool mais je trouve que l'on n'a pas assez abordé la notion de plaisir, d'orgasme, les différentes manières d'avoir du plaisir, etc.

    crips_anne_gosselin
    Avoir plus de cours d'éducation à la sexualité
    crips_anne_gosselin

    Avoir plus de cours d'éducation à la sexualité

    J'ai trouvé ça génial, d'autant plus qu'on ne parle pas forcément en dehors du cercle amical. Je pense qu'on devrait avoir plus de cours sur l'éducation à la sexualité. Moi et deux autres amis allons nous faire dépister ensemble par curiosité :)
    Merci beaucoup !!!

    crips_personnage_ado5
    En savoir plus sur l'hygiène intime
    crips_personnage_ado5

    En savoir plus sur l'hygiène intime

    Ce serait intéressant si vous parliez de choses utiles pour nous, genre l'hygiène (nettoyage et avant l'acte) et des choses genre sur les bonnes ou mauvaise choses à faire (genre on a zéro cours sur ça dans toute notre vie et même si c'est très gênant, ce sera quand même mieux que de devoir l'apprendre par nous-même).

    crips_personnage_ado4
    Discuter de sexualité avec des jeunes adultes
    crips_personnage_ado4

    Discuter de sexualité avec des jeunes adultes

    J'ai beaucoup aimé le fait de pouvoir discuter de sexualité avec des jeunes adultes (je me suis sentie plus à l'aise que si nous en avions parlé avec des professeurs par exemple). La sexualité est un sujet très vaste finalement et on peut discuter de plein de choses, c'est chouette. J'ai juste trouvé que l'heure de discussion n'était pas suffisante mais c'est déjà bien. Merci beaucoup en tout cas, j'ai personnellement beaucoup aimé et j'ai hâte d'en ré-avoir. Aussi le fait que vous soyez en étude de médecine m'a rassurée parce qu'on se sent plu

    crips_perso_ado6
    Mieux connaître les IST
    crips_perso_ado6

    Mieux connaître les IST

    J’ai beaucoup aimé, j’avais déjà eu le droit à des interventions sur l’éducation à la sexualité mais j’ai quand même pu apprendre des choses, notamment sur les IST et les NOMBREUX moyens d’en attraper ! J’aime bien l’idée de lire des questions posées par des gens sur des blogs, ça rend les choses plus réelles !

    crips_personnage_atelier_ordinateur
    Oser parler d'orientation sexuelle, de genre
    crips_personnage_atelier_ordinateur

    Oser parler d'orientation sexuelle, de genre

    Peut-être passer moins de temps sur certains sujets et plus sur d'autres... Par exemple les MST sont intéressantes et importantes à évoquer pour des lycéens mais on a passé toute l'heure dessus, on aurait pu également parler d'autres choses comme de l'orientation sexuelle, les questions de genre vs sexe, les LGBTQIA+ en général... Aussi peut être avoir plus de temps pour ce genre de cours mais je ne sais pas qui contrôle ça. Voilà sinon c'était super intéressant et bonne ambiance !

    crips_personnage_atelier_fatima
    Consentement en milieu festif
    crips_personnage_atelier_fatima

    Consentement en milieu festif

    Je pense qu’on aurait pu plus aborder les sujets du type consentement et se protéger en soirée mais sinon c’était extrêmement bien , nous étions à l’aise et j’ai beaucoup aimé.

    À lire aussi

    • crips_catalogue_animation_2022
      Catalogue d’animations 2022-2023 : êtes-vous déjà inscrit ?
    • crips_virus_vih_multiples
      Variole du Singe : ce qu’il faut savoir
    • crips_illustration_campagne_pas_la_ref
      “Le porno c’est #paslaref”, une nouvelle campagne de la Région Île-de-France en partenariat avec le Crips