Éducation à la sexualité
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Crée le 6 octobre 2025, modifié le 6 octobre 2025
Face à l’apparition de l’épidémie du VIH/sida et son impact sur les consommateurs de drogues injectables, l’approche « tout répressif » prônée par la loi de 1970 s’est révélée inadaptée pour répondre aux défis sanitaires et sociaux. Une autre approche s’est développée : la réduction des risques.
C’est une politique de santé publique qui peut être définie comme l’ensemble des mesures visant à réduire les problèmes sociosanitaires liés à la consommation de drogues. Une politique de santé publique extrêmement efficace, puisqu’elle a permis que la part des usagers de drogues injectables dans les nouvelles infections à VIH tombe à moins de 2 %, depuis quelques années.
Si l’on résume les principes fondant la politique de RdR, on peut dire que c’est avant tout :
De ces principes découle un certain nombre de dispositifs spécifiques aux produits ou aux pratiques de consommation. Parmi les principaux, citons :
Dans le développement des dispositifs de RdR, une étape importante a été le vote de la loi de santé en 2016, dans le sens où elle a signé sa reconnaissance légale. La RdR quittait le chapitre consacré aux dispositifs de lutte contre le VIH/sida pour devenir un chapitre du Code de la santé publique consacré à la « lutte contre les toxicomanies ».
La RdR est ainsi devenue une réponse tout aussi légitime à l’usage récréatif de drogues que la prohibition ou les soins obligatoires. Concrètement, de nombreux dispositifs ont été prévus dans la loi de 2016 : le dépistage rapide (TROD) pour les hépatites ; l’analyse de produits ; la prévention des overdoses via la naloxone ; la mise en place de la RdR en prison ; l’expérimentation de salles de consommations à moindre risque (SCMR).
Aujourd’hui, force est de constater que certaines mesures pourtant inscrites dans la loi ne sont pas appliquées, ou que certains dispositifs prévus dans la loi n’ont pas trouvé concrétisation à hauteur des défis. Prenons certains exemples mis en exergue par les acteurs de terrain :
La réduction des risques liés aux usages de drogues est un sujet très sensible, et nous savons que les décisions politiques sont plus liées à l’opinion publique. Il est donc primordial d’informer nos concitoyens sur la politique de RdR et vulgariser les résultats des études prouvant son efficacité. C’est aussi l’opinion publique qui favorisera les évolutions politiques. Nous continuerons donc à communiquer largement sur les preuves de son efficacité et les différents dispositifs existants ou expérimentaux.
Le nombre de salles de consommation à moindre risque est toujours aussi faible : deux seulement sur le territoire français contre une quinzaine en Suisse.
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