Éducation à la sexualité
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Crée le 6 octobre 2025, modifié le 6 octobre 2025
Le traitement post-exposition (TPE) au VIH est un traitement qui, pris dans les heures qui suivent une prise de risque, réduit de façon très importante le risque de contamination par le virus.
Rupture ou oubli du préservatif ou de la PrEP : avec un/une partenaire dont on ignore le statut sérologique ou dont on connaît la séropositivité,
Partage ou réutilisation de seringue : lors d’une consommation de drogue,
Exposition au sang ou à un liquide biologique : dans le cadre professionnel (piqûre accidentelle…) ou plus rarement privé,
Lorsque l’évaluation du risque montre que la personne a probablement été exposée. Le TPE « doit être limité aux situations où le risque VIH est identifié « .
« Le délai idéal pour la prise d’un traitement post-exposition est celui qui est le plus proche de l’instant de l’exposition au risque. C’est une course contre la montre. » (C. Piketty)
Depuis la mise à disposition du TPE en France, les circulaires successives ont toujours donné les mêmes recommandations en ce qui concerne le délai de prescription d’un TPE après un risque.
« Elle [la prophylaxie] doit être débutée le plus rapidement possible, au mieux dans les 4 heures qui suivent l’exposition, au plus tard jusqu’à 48 heures. » (Circulaire du 13 mars 2008, p. 14)
Le rapport 2017 sur la prise en charge des personnes vivant avec le VIH donne les mêmes consignes :
« Le TPE sera d’autant plus efficace que le délai d’initiation sera court. Il faut s’efforcer de raccourcir au maximum ce délai et l’idéal est de débuter le traitement dans les quatre premières heures qui suivent l’exposition. Il peut être initié au plus tard jusqu’à 48 heures après l’exposition. » (Rapport Yeni)
Le TPE est une urgence et, comme tel, les personnes qui ont un accident d’exposition doivent donc s’adresser aux Services d’accueil et d’urgence des hôpitaux ouverts 24 heures sur 24 (SAU 24/24) qui ont la responsabilité de le prescrire.
En cas de prise de risque sexuelle, il est recommandé de venir aux urgences avec sa/son partenaire. Un test rapide peut être réalisé. En cas de test négatif pour les deux partenaires, un TPE n’est pas utile.
Si la séropositivité au VIH de l’un des partenaires est connue, le mieux est de se munir des derniers bilans médicaux et ordonnances, documents qui peuvent aider à la décision et à la prescription.
Le TPE bloque la multiplication du virus et empêche sa dissémination donc la contamination. Plus ce blocage intervient tôt, plus la chance d’éviter la contamination est grande.
En effet, pendant les heures qui suivent une contamination par le VIH, le virus infecte les cellules cibles présentes dans les muqueuses (lymphocytes T CD4+, macrophages, cellules dendritiques…). Ces cellules migrent vers les ganglions lymphatiques les plus proches. De là, le VIH se dissémine très vite à l’ensemble des ganglions qui constitueront un important réservoir de virus, mais aussi à d’autres organes riches en cellules immunitaires comme la rate, le thymus et surtout l’intestin.
Le TPE associe trois médicaments antirétroviraux, deux inhibiteurs nucléotidiques de la transcriptase inverse et un inhibiteur de protéase.
Pour la bonne efficacité du TPE, il est important de prendre complètement les médicaments, jusqu’au bout des quatre semaines, en respectant les horaires spécifiés par le médecin.
Les effets indésirables sont assez fréquents, surtout les premiers jours : nausées, ballonnements, maux de ventre, diarrhée, fatigue, maux de tête…
Certaines personnes décident d’arrêter le traitement en cours de route parce qu’elles ne supportent pas ces effets secondaires. Dans ce cas de figure, il ne faut pas hésiter à revoir le médecin qui peut modifier l’ordonnance et changer les molécules prescrites.
Le TPE est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Les consultations médicales et les examens sanguins sont remboursés à hauteur de 65-70 %.
Un premier test de dépistage du VIH est réalisé un mois après la fin du TPE. S’il est négatif, un dernier test est réalisé trois mois après la fin du TPE, afin de pouvoir affirmer définitivement la séronégativité.
En effet, si la contamination a lieu, la prise d’antirétroviraux perturbe le développement naturel de l’infection à VIH. C’est pourquoi il faut attendre aussi longtemps après la prise de risque pour être certain de ne pas avoir été contaminé.
Avoir accès à un traitement d’urgence n’est bénéfique que si les personnes y ont recours en cas de besoin donc si elles connaissent son existence.
Le pourcentage de Franciliens connaissant le TPE augmente, en particulier chez les jeunes, montre l’Enquête KAPB 2010.
Mais cette connaissance est encore très insuffisante.
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est l’un des enjeux de la prévention.
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